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    Ateliers d’artistes à Paris





    L’atelier d’artiste occupe une place à part dans l’espace parisien, celle d'une élévation admirée qui marque le promeneur par son originalité. Assez peu comprise, elle est peu expliquée car complexe et souvent maquillée par la mutation de son objet initial : celui du cadre de travail d’un peintre, d’un graveur, d’un sculpteur, construction devenue avec le temps un lieu de vie bourgeois aux exigences différentes. De plus, Paris conserve la mémoire de ces ateliers par les noms des artistes qui les ont fréquentés, mais assez discrètement. Combien de plaques commémoratives ornent les ateliers de ces artistes prestigieux qui les occupèrent quand Paris était le centre du monde artistique ? Très peu finalement. Ils méritent bien cet hommage didactique.
    75015_Sq. Vergennes MALLET-STEVENS_-®D.BOUREAU - PARIGRAMME

    Pourtant, l’architecture parisienne doit énormément, depuis une centaine d'années, à ces enfants terribles, avides d’espace, de lumière, d’exposition solaire et de commodités variées. Le mouvement moderne y trouve ses racines, son souffle et avant la première guerre mondiale déjà, beaucoup de choses étaient dites dont l'écho esthétique nous parvient encore aujourd'hui. Ce sont bien dans ces nécessités, couplées aux innovations techniques, que les architectes trouveront l'inspiration du renouveau dans la construction. L'exemple qui vient immédiatement à l'esprit est celui des frères Lurçat, Jean le peintre et André l'architecte. La grande verrière, l’aménagement souple et géométrique de l’espace sur plusieurs étages, l’absence de décoration dans le béton, la poutrelle métallique et l’emprise du fonctionnel, donneront le ton pour au moins un siècle et sont encore largement copiés, même si les ratés ne sont pas rares. Les bâtisseurs de villas d'artistes ont aussi su profiter d'une liberté nouvelle dans la législation, beaucoup moins stricte qu'au XIXe siècle, tant dans les formes que dans les matériaux, pour donner libre court à leurs audaces.




    Cité des Fusains 22 rue Tourlaque 75018 _-®D BOUREAU - PARIGRAMMEPour l'artiste arrive à Paris avec ses quelques économies, c'est un petit hôtel crasseux de Montmartre ou de Montparnasse qui l'attend, à quelques pas de son premier atelier minable en fond de cours d’une cité d’artistes fauchés. Il dîne avec ses compères dans les cantines du quartier où se tissent les relations avec des marchands de tableaux de circonstance qui lui permettront peut-être un jour de payer ses loyers d'avance. Ce jour-là, il envisagera d'aménager dans une de ces belles villas d'artistes à trois travées avec duplex, douche et téléphone, il aura de vrais modèles recrutées au marché Vavin ou dans les bars de nuits, au lieu des photographies à petit prix dont il se servait jusque-là. Enfin, si la gloire frappe un jour à sa porte et s'il lit son nom dans les revues, il pourra enfin acquérir une vraie maison d'artiste avec son immense baie vitrée orientée au nord et des espaces conçus par un architecte de renom. Là, au milieu d'un chantier d'outils, s'étalera son travail. Il y eu beaucoup d'appelés et peu d'élus, mais pour le promeneur obstiné, il reste de nombreux témoignages de ces parcours dans Paris.





    75015 Musee Bourdelle_-®D BOUREAU - PARIGRAMMECertains ateliers sont devenus musées : celui de Bourdelle, d’Auguste Renoir, de Marie Vassilief, de Gustave Moreau, de Jean-Jacques Henner, de Delacroix, d'Ary Scheffer, de Suzanne Valadon, de Zadkine, de Brancusi. De la rue, on peut voir ceux de Braque, Léger, Picasso, Bouguereau, Laurens, Tamara de Lempicka, Kisling, Foujita et j’en oublie, comme à la villa Seurat ou dans « la riche », comme disait Soutine avec son accent. Il en va de même des prestigieuses villas d'artistes construites spécifiquement pour accueillir une clientèle d'artistes reconnus comme celle d’Arvidson, rue Campagne première ou la villa Roux-Spitz, avenue de la Cité Universitaire.

    75014 31 bis ,rue Campagne première ANDRE ARVIDSON -®D BOUREAU - PARIGRAMMEJean-Claude Delorme et Anne-Marie Dubois nous racontent cette histoire à partir du début du XIXe siècle, car on ne sait pas grand-chose des ateliers du Moyen Age, et jusqu’à aujourd’hui, en passant par les années glorieuses de la nouvelle Athènes et du début du Xxe siècle ; des premiers pas du Louvre avec son éclairage zénithal installé par Vivant Denon aux immeuble-villas modernes. Aujourd’hui, il ne s’en construit plus guère, sauf dans les fonds de cours, et encore… les artistes s’installent où ils peuvent, occupent des immeubles délaissés ou promis à la destruction, souvenez-vous de l’étonnante histoire de la Tour 13, l’an passé. Les imposantes verrières n’ont plus la faveur des promoteurs mais inspirent toujours par leur prestige, ainsi le prouvent la construction de la ZAC Citroën ou l'immeuble-villa de la rue Gandon. Dépassant le cadre strictement esthétique, c'est cette pérennité qui étonne, cette immense influence qui saute aux yeux.

    D.L

    http://www.parigramme.com/livre-ateliers-dartistes-a-paris-387.htm


    75014 216 bd Raspail_BRUNO ELKOUKEN 1932 -®D BOUREAU - PARIGRAMME
     
     

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