Le Musée des Arts Décoratifs à Paris nous présente la première rétrospective Jean-Paul Goude : Goudemalion. Directeur artistique, scénographe, dessinateur, l’artiste transforme la réalité par des codes vestimentaires, des montages photos, des publicités et restera probablement à la postérité pour sa création du défilé de 1989.
D’ailleurs, la locomotive, monstrueuse, trône dans l’exposition avec une des fameuses poupées automates géantes. Les images de cette parade, pourtant très réussie, assez exceptionnelle même, ne sont malheureusement qu’à peine visibles au ras du sol. C’est très dommage, car le plaisir de cette exposition se trouve justement dans les images qui reviennent de cette année là. Que vous soyez ou pas sensibles à ce créateur, elles vous donneront peut-être l’occasion de vous souvenir. Pour certains, comme le Goudemalion, ce furent les années du Palace, des paillettes, de Grace Jones. Pour d’autres, les années de bien d’autres choses, très différentes, retour sur une année mythique, c’est l’heure où les souvenirs se ramènent…
Exposition “Goudemalion” aux Arts Décoratifs
Libellés : Expositions 0 commentairesExposition "La France en relief" au Grand Palais
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Pour sa première sortie, la toute récente Maison de l’Histoire de France nous présente une série de 16 maquettes au 1/600e de villes fortifiées à partir de 1668. Ma première remarque concernera ce titre surprenant : même si on se promène sur une amusante et gigantesque carte d’état major sur 650 m2 de toute l’étendue du pays, il ne s’agit pas d’une France en relief, ni d’un google maps, ni d’une France miniature comme j’ai pu le lire ici ou là.
Si les organisateurs ont bien choisi leur thème, le décor : la superbe nef du Grand Palais, les pièces qui sont époustouflantes de réalisme et de précision, ils ont eu à mon sens un problème sur le titre, plus géographique qu’historique, ce qui explique qu’ils aient cru bon d’ajouter : “de Louis XIV à Napoléon III” à la présentation, alors qu’il n’y a aucune commune mesure entre ces deux personnages sur ce sujet précis. Non, le vrai titre “historique” aurait pu être : “La France protégée et fortifiée”, car c’est bien de cela dont il s’agit. Vous le comprendrez dans le choix des pièces…
« Charming Paris » : Quand la Cité devient parc à thème
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Article de Benoît Duteurtre, paru dans le Monde diplomatique d’Aout 2011. Les ressources offertes par ce site ne peuvent exister sans le soutien financier de ses lecteurs, qui s’abonnent au journal ou qui l’achètent en kiosques. http://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/DUTEURTRE/20872
A la boulangerie du quartier, la plupart des touristes s’expriment en « globish ». Sitôt entrés dans la boutique, ils bredouillent quelques mots d’anglais pour commander leur sandwich. Plus loquaces, certains Américains se lancent dans de longues phrases, avec toute l’assurance de représentants de la culture dominante. Quand je me trouve dans la file d’attente, j’ose parfois leur signaler qu’en France on utilise généralement le français - la politesse consistant à demander : « Parlez-vous anglais ? » Certains me regardent, l’air ahuri, et je comprends leur étonnement. Car tout semble fait aux alentours pour leur éviter semblables préoccupations. Les cafés déguisés en bistrots typiques affichent sur des ardoises les prix de leurs appetizers et de leur French merlot. Quant aux autobus qui passent toutes les cinq minutes, pour déplacer les visiteurs d’un monument à l’autre, ils ont également opté pour l’affichage en anglais. Bref, le voyageur venu découvrir la double destination « Paris-Eurodisney » peut avoir l’impression d’évoluer, à deux pas de Notre-Dame, dans une annexe du parc de loisirs mondialisé.
Je dois faire attention à ne pas trop me plaindre. Mes interlocuteurs, alors, auraient beau jeu de me rappeler que le fait d’habiter l’île de la Cité constitue un privilège dont il faut accepter les inconvénients. Je préfère donc m’amuser à distinguer les comportements des touristes italiens, allemands, espagnols, qui conservent malgré tout quelques traits culturels caractéristiques. Mais j’observe aussi que la transformation du centre de Paris s’accélère. Dans toutes les cités historiques d’Europe (Prague, Venise, Rome...), on reconnaîtra bientôt la même zone d’activités, vouée le jour au défilé des visiteurs, tandis que les habitations, soumises à la hausse du marché immobilier, sont progressivement rachetées par quelques résidents fortunés…
Je vous écris de Paris : portrait d’une ville en toutes lettres par François Escaig
Libellés : Histoire de Paris, Littérature 0 commentairesBeaucoup de paradoxes, mais un pouvoir d’attraction intact, quelle que soit la période. Un an de travail aux archives, à Beaubourg ou à la BNF pour livrer un catalogue épistolier d’une richesse et d’une authenticité inouïe. On y retrouve des personnages célèbres, beaucoup d’écrivains : Mme de Sévigné, Rimbaud, Sand, Stendhal, Hugo, Flaubert, Dostoïevski, Colette, Miller, Hemingway et quelques personnages historiques : Mozart, Bonaparte, Robespierre, Franklin, De Gaulle etc. mais aussi beaucoup d’inconnus. La première lettre est de Pétrarque en 1333 et la dernière de Minghini en 2009. Chacun fera, bien sûr, son propre choix au fil de ces correspondances, en ce qui me concerne, j’ai trouvé certaines lettres particulièrement émouvantes et surprenantes. En guise d’exemple, voici mes préférences, en quelques lignes, pour des lettres qui font généralement une à deux pages :
Carte monumentale des environs de Paris au début du XXe
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Ce type de carte, très commun au début du XXe siècle au sujet de Paris, l’est beaucoup moins concernant les villes aux alentours. Celle qui est représentée ici rassemble les principaux sites prestigieux dans un style monumental. Elle provient de l’ouvrage “Paris vu en quatre jours” d’
A. Leconte, 38 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie Paris (IVe) 1948.
La carte monumentale de Paris contenue dans ce livre se trouve ici.
L’illustre Mademoiselle Montansier et son théâtre
Libellés : Destinées 2 commentairesD'après l'histoire d'Eric Giraudon Directeur technique du Théâtre des Variétés (7 boulevard Montmartre), qui s'attache à reconstituer l'histoire de l'illustre théâtre.http://www.theatre-des-varietes.com/content/mademoiselle-montansier.html
Le 24 juin 1807, pour la première fois, les Parisiens franchissaient le seuil d'un nouveau théâtre, construit en cinq mois entre Paris et Montmartre. Sur le linteau du portique on pouvait lire comme aujourd'hui "Théâtre des Variétés" gravé dans la pierre.
Ce théâtre charmant qui devait avoir tant et tant de soirées de gloire était l'œuvre d'une femme extraordinaire, véritable fée du spectacle que d'aucuns dirent sorcière : Marguerite Brunet, la Montansier.
L'histoire de cette petite personne énergique, point belle mais pétrie de charmes, douée d'un sens extrême des affaires, véritable chef d'entreprise, couvre presque un siècle entier, puisque, née en 1730 à Bayonne, elle ne devait s'éteindre que le 13 juillet 1820, après avoir connu tant d'aventures... Une vie de roman, fourmillante d'amours et d'intrigues, comme les milliers de spectacles qui devaient être joués sur la scène de son théâtre. A quatorze ans la jeune Marguerite s'enfuit de la maison des Ursulines de Bordeaux où elle était en pension pour s' engager dans une troupe de comédiens et suivre en Amérique un beau et jeune acteur qui l'avait séduite. Quelques années plus tard elle devient la maîtresse de Burson, Intendant de la Martinique qui l'établit marchande de mode à Saint-Domingue ; mais bientôt, lassée d'exotisme, Paris la découvre accompagnée dans les rues de deux jeunes domestiques noirs.
Exposition Sorcières, Mythes et réalités au Musée de la Poste
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Les curieux ont rendez-vous au musée de la Poste avec la face cachée de l’humanité pendant des siècles : la sorcellerie. Cette exposition présente son histoire et nous explique sérieusement et quelquefois de manière ludique les principales évolutions de cette pratique. L’histoire est captivante, elle commence au Moyen Âge, une époque où la vérité n’est pas dans le réel, comme aujourd’hui, mais dans les mots : le Diable a mille noms : Belzebuth, Asmodée, Astaroth, Putiphar, Dagon, Groncade, Léviathan, Asmodée, des épouses Astarte, Belphegor, des légions… Chax, Baal, Barbatos, Mephistopheles, Lucifer, Moloch, Satan etc. etc. …
Histoire d’un monde où la nature est hostile et ne contient rien de vraiment bon, des forêts dangereuses remplies d’animaux menaçants, sous les nuits inquiétantes, la faim, la maladie et la mort rodent, chez les enfants, les femmes qui meurent en couches, les adultes dont la grosse majorité n’atteint pas trente ans. Un monde qui n’est à l’évidence pas le vrai, créé par un Dieu bon, généreux et tout puissant, mais de manière visible et évidente la possession du Diable par l’omniprésence du mal. Le moyen de le reconnaître est le seul antidote, le seul remède. Pour d’autres, il peut constituer un allié précieux pour de sombres projets et un moyen efficace de régler les petites affaires du jour. En sachant s’y prendre, il devient possible de faire intervenir les puissances maléfiques pour son propre compte, puisqu’elles n’ont de cesse que de le réclamer.
Le mystère de Jeanne d’Arc : Êtes-vous plutôt Colette Beaune ou Lorànt Deutsch ?
Libellés : Destinées, Histoire, Le métronome, Littérature, Musique, Peinture, Reconstitutions 0 commentairesLa thèse, dont il est question ici, est celle de l’origine paysanne de Jeanne d’Arc (défendue par Colette Beaune) ou de l’origine royale (défendue par Lorànt Deutsch). Le point concerne la facilité avec laquelle Jeanne, très jeune fille de laboureurs ne connaissant rien au métier des armes, ne sachant ni lire ni écrire, portant un habit d’homme, inspirée par saint Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite et vivant en territoire anglo-bourguignon aurait bénéficié d’une troupe en armes pour traverser le pays jusqu’à Vaucouleurs, puis incognito à Fierbois pour chercher l’épée rouillée de Charles Martel et enfin jusqu’à Chinon pour voir le Roi Charles VII et le convaincre de lui donner sa dernière armée et commander des “monstres” comme Gilles de Rais, Dunois, Lahire ou La Trémoille pour délivrer Orléans, dernier rempart du pauvre roi de Bourges (23 février au 8 mars 1429).








