• Les Parisiens dans l'exode de 1940 au musée de la libération.

    Une exposition consacrée à l'exode des Parisiens en juin 1940 s'ouvre à Paris dans un musée de la libération rénové, situé maintenant dans un des pavillons de Ledoux à Denfert-Rochereau. Épisode mal connu, c'est l'occasion de revenir sur la chronologie de ces instants tragiques de l'histoire et sur ses acteurs....

    Les Parisiens dans l'exode de 1940 au musée de la libération.

    L'exode de Juin 1940, ce sont 8 millions de personnes sur les routes, dont 2 millions de parisiens, 90.000 enfants sont perdus en un mois et demi. Alors que le pays était en "Drôle de Guerre" passive depuis le 3 Septembre 1939, l'attaque allemande du 10 Mai 1940 perce le front allié autour de Sedan, dans les Ardennes, prétendument infranchissable pour l'état-major. Ensuite, les défaites s’enchaînent face à la supériorité mécanique allemande. Cette déroute militaire est l'une des clés de la compréhension de l'accession au pouvoir de Philippe Pétain.

    Avancée allemande en Juin 1940
    Avancée allemande en Juin 1940
    L'état major allié en Juin 1940
    L'état major allié en Juin 1940
    Dés lors, tout va aller très vite, des millions de civils se retrouvent sur les routes, dans un chaos indescriptible, parmi eux, plus des deux tiers de la population parisienne, fuyant l'avancée allemande. La panique s’accélère avec le mitraillage des avions allemands. L'exposition montre de nombreux exemples de scènes de panique.

    Les gares sont prises d'assaut
    Les gares sont prises d'assaut
    Les embouteillages sur les nationales
    Les embouteillages sur les nationales
    Bien que peu d'archives écrites soient disponibles, l'exposition présente de nombreuses pièces : affiches, films (actualités mais aussi jeux interdits de René Clément) ,  dessins d'enfants,  photos etc. et insiste justement sur le fait que ces archives sont trompeuses et ne donnent qu'une faible idée de la panique. Souvent, personne n'était sur place pour recueillir les informations et les souvenirs ont été  remplacés par ceux de l'occupation, qui ont duré beaucoup plus longtemps, 4 ans, contre les quelques jours que dura l'exode.

    Albums de disparus
    Albums de disparus
    Pourquoi cette panique ? pourquoi cette exode massive quand on sait que cela ne ferait qu'aggraver la situation ?
    D'abord, beaucoup se souvenait de la guerre de 14-18, des bombardements, les exactions, les tranchées et ne  souhaitaient pas tomber entre les mains allemandes. Paris est bombardé le  3 Juin, donnant le signal du départ (il y avait déjà 6 millions de personnes sur les routes). On voit dans une salle une affiche expliquant le fonctionnement des masques à gaz.

    Mais c'est surtout le départ du gouvernement le 10 juin, qui affole davantage en laissant une population incertaine sur son sort. Le 14 Juin, les allemands entrent dans Paris. Le 16 Juin, Philippe Pétain est nommé (par la chambre de 1936 !) et  le 17 Juin, il demande l'armistice, qui est signé le 22.
    2 millions de Parisiens quittent la capitale entre le 10 et le 14, hébergés par de la famille en province, voire des amis, dans leur résidence secondaire pour les plus chanceux, même à l’hôtel pour certains. L’ambiguïté des responsables publics est  mise en évidence par l'affiche où le préfet Jean Moulin appelle les populations à rester sur place.

    Appel au calme du préfet Jean Moulin à Chartres
    Appel au calme du préfet Jean Moulin à Chartres
    La plupart des parisiens rentreront chez eux après l'armistice, ignorant tout des nouvelles conditions de vie qui vont s'imposer et se dégrader rapidement pendant de longues années. Mais ceci est une autre histoire.

    L'exposition  sait capter l'intérêt du visiteur par le déroulement tragique et minuté des opérations et montrer l'incurie des autorités de la IIIe république, en situation difficile et constamment divisés sur la conduite à mener.

    Remaniement ministériel du 5 Juin 1940
    Remaniement ministériel du 5 Juin. Le général de Gaulle entre au gouvernement qui démissionne le 16 Juin

    Du 27 février au 30 août au musée de la libération de Paris/Jean Moulin/Général Leclerc
     4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy, 75014 Paris