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    Lorànt Deutsch nous raconte le mystère de la rue de Bièvre




    Il y a, rue de Bièvre, la rue qui suit l’antique cours de la rivière du même nom, une légende tenace qui varie en fonction de celui qui vous la raconte. Lorànt Deutsch n’y échappe pas. En voici une version : Au début de la dernière guerre, il y avait au numéro 1 bis un vieux bistrot mal famé et fréquenté essentiellement par les ivrognes assoupis et les miséreux. Un jour d’hiver, on trouva le patron du rade mort derrière son comptoir d’un vilain coup de couteau…

    Peu après, un vigneron de province apprend qu’il hérite du bistrot à l’enseigne du “père Hubert”. Valentin, c’est son nom, abandonne aussitôt ses vignes et débarque à Paris avec ses valises et sa femme Paulette. Déçus de trouver l’endroit si pitoyable, mais courageux, ils s’attèlent à transformer la réputation du lieu. Valentin n’est pas très causant et Paulette reste dans sa cuisine à remuer sa déception. Elle est plutôt jolie, voire coquette et se demande ce qu’elle fait là. 

    Un jour, dans le bistrot vide,  Valentin trouve Paulette attablée avec un gitan de passage qui lui tirait les tarots. Il est plutôt mince, ses gestes secs font tourner les cartes avec agilité et son regard noir au-dessus d’une barbe épaisse fascinent la bistrotière.  La jalousie s’installe dans le couple et Valentin expulse l’aventurier à l’aide de son gros berger allemand.

    En partant, l’individu marmonne quelques propos incompréhensibles, tout en agitant sèchement ses mains en direction de l’animal. Celui-ci mourra dans les jours qui suivirent après une méchante pelade. Peu de temps après, le gitan reparait. Valentin l’injurie fortement, puis empoigne un couteau, avant de se diriger vers lui. 
    À
    cet instant, le bohémien tend ses doigts vers lui, tout en prononçant ses sinistres invocations. Le pauvre Valentin sera pris de démangeaisons puis tombera peu à peu dans un sinistre état de dégradation physique rendant impossible l’éloignement de l’intrus qui revenait sans cesse faire ses tours de cartes à Paulette. Un jour, il mourût en pleine déchéance, sans qu’on puisse identifier sa maladie.

    Un beau matin, le bistrot resta fermé. Des passants avaient vu partir Paulette avec le gitan qui avait dirigé solennellement ses deux bras vers la maison avant de s‘éloigner. Nous sommes en 1943 et comme la maison menaçait de s’effondrer, les autorités allemandes envoient six ouvriers pour éviter le risque d’un écroulement vers la rue. Les infortunés sont,  peu après, pris d’une violente pelade et, finalement, un camion d’ouvriers polonais est réquisitionné pour raser rapidement la maison. Depuis plus personne n’a osé construire à cet endroit, envahi par les orties et les herbes folles.




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