• Paris Capitale de l'espionnage chez Christine Bonneton

    Jean-François Miniac  publie chez Christine Bonneton un guide original de balades parisiennes au fil des adresses historiques et des acteurs de l'espionnage à Paris. Les affaires célèbres résultantes de l'action secrète sont localisées portant l'éclairage sur l'histoire, mais aussi la géographie de nombreux protagonistes connus par la presse ou certains procès retentissants...

    Paris Capitale de l'espionnage chez Christine Bonneton

    Certains espions font maintenant partie des livres d'Histoire : c'est sur la Rive Gauche qu'opéraient le mystérieux Chevalier d'Eon, rue Saint Dominique, ou Casanova, comme la voyante Mlle Lenormand : rue de Tournon plus précisément, tandis que le gros Georges Cadoudal complotait contre Napoléon autour de l'Odéon.

    Tout aussi célèbres furent plus tard les acteurs l'affaire Dreyfus, affaire d'espionnage devenue drame national dont l'auteur nous propose de redécouvrir les nombreux rebondissements, entre la Bourse et l'île de la Cité. C'est à peu près à la même époque, à proximité du centre de Paris, qu'eut lieu l'affaire des fiches, dans le contexte politique remuant et anti-catholique de la IIIe république.

    Sur la Rive Droite, on peut suivre le parcours de la reine des espionnes : Mata Hari, entre la porte Dauphine et le métro Poissonnière : sa carrière se terminera dans les fossés de Vincennes. On suit également le parcours de la Mata-Hari de la Seconde guerre mondiale : Mathilde Bélard dite "la Chatte", ou encore celui de Madeleine Coraboeuf : la "comtesse de la Gestapo" sous l'occupation, dont le cœur balançait entre  l'avenue Foch et l’hôtel Lutetia. Les espionnes ont toujours une saveur particulière dans ce genre d'affaires.

    La grande réussite du livre tient au fait qu'il consacre une place importante aux affaires d'espionnages du XXe siècle et les épingle avec soin, démontrant ainsi la place stratégique que tient la capitale dans le concert mondial de l'action secrète. L'auteur fait la part belle aux parcours d'espions parisiens au service des Communistes, des Nazis, des Alliés, voire même de tous en même temps au cours de ce siècle aux convulsions multiples, une aubaine pour ces profils atypiques agissant dans l'ombre au profit de puissances mondiales en conflit : guerres mondiales, guerres de décolonisations, guerre froide ( Toukhachevksy, La Cagoule, l'Orchestre Rouge, l'affaire du rendez-vous de Calluire, Ben Barka, Farewell, Carlos etc...).

    L'affaire de la Cagoule, entre les deux guerres.
    L'affaire de la Cagoule, entre les deux guerres.

    Paris, capitale cosmopolite devint le terrain d'action inévitable de l'espionnage et du contre-espionnage. On peut remarquer dans cette histoire-géographie des événements que les espions préfèrent de loin les beaux quartiers de l'ouest aux quartiers populaires de l'est : en effet, bien que moins discrets, ils sont le gage d'un certain standing, attribut souvent indispensable à ces agents secrets, faits d'ombre et de lumière.

    D.L