• Exposition Helena Rubinstein au MAHJ

    Le MAHJ consacre une exposition à Helena Rubinstein (1872-1965). Plus de trois cents documents, objets, vêtements, photos, gravures, ouvrages, peintures, sculptures, tapisseries – et notamment des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis­ Marcoussis, Elie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa célèbre collection personnelle.  L'exposition retrace le parcours de ­celle que Jean ­Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté ».



    Née à Cracovie dans une modeste famille juive, Helena Rubinstein (1872-1965) a fondé un empire cosmétique mondial auquel elle a donné son nom. C'est une des seules entrepreneuses du XXe siècle à avoir connu une réussite aussi importante. Seule Elisabeth Arden (1878-1966) , sa concurrente, peut lui être comparée. Dans leurs domaines, la beauté, elles tirent à la fois leur fortune et un outil de liberté pour leurs semblables.

    Helena Rubinstein dans son usine de Long Island, vers 1950
    Helena Rubinstein dans son usine de Long Island, vers 1950

    Helena Rubinstein ne se contente pas d’ouvrir des instituts dans le monde entier. Elle démocratise l’usage des soins de beauté, promeut le maquillage qui jusqu’alors était tabou dans les pays anglo-saxons, accompagne la libération du corps, permise par les vêtements sans corset de Paul Poiret (1879-1844) et de Coco Chanel (1883-1971).. Œuvrant dix-huit heures par jour au bien-être, elle trouve le temps de se marier, d’avoir deux fils, puis de se remarier avec un homme de vingt-trois ans son cadet. Toujours soucieuse de la place des femmes dans la société, elle invente le métier d’esthéticienne, travaille avec ses sœurs et sa nièce, soutient les femmes artistes, écrivains, journalistes. Vers la fin de sa vie, elle crée une fondation qui distribue des bourses pour l’éducation et la culture :
    Ma fortune vient des femmes, explique-t-elle. Il est normal qu’elle leur revienne à elles et à leurs enfants

    Helena Rubinstein ouvre un salon à Paris en 1909, toujours avec succès. Elle fait construire à Saint-Cloud un laboratoire, remplacé par une usine au début des années 1930. L’industrialisation de la beauté, et donc sa démocratisation, peut commencer. Elle ouvre ensuite des instituts et des usines à New York puis dans le monde entier.Pionnière de la beauté, Helena Rubinstein invente des protections solaires et une crème hormonale contre le vieillissement ; met au point une méthode de massage faciaux et introduit le maquillage (tabou dans les pays anglo-saxons jusque dans les années 1920). Elle commercialise le mascara waterproof dont elle rachète la licence à une cantatrice viennoise et le lance en 1939 à New York au cours d’un ballet nautique. Dix ans plus tard, elle crée la première ligne de beauté pour hommes, puis un salon de beauté au masculin.

    Salon de test Héléna Rubinstein
    Salon de test Héléna Rubinstein

    Au début des années 1930, elle fait construire un immeuble boulevard Raspail, à Paris, par Bruno Elkouken (1893-1968), un architecte français. d’origine polonaise. Elle achète un hôtel particulier sur l’île Saint-Louis, le fait démolir puis reconstruire par l’architecte Louis Süe (1875-1968). Elle se réserve un appartement de cinquante pièces surmonté d’un vaste toit-terrasse. Elle fait appel à de nombreux artistes pour le décorer dans la tradition française, mélange les époques, met en valeur ses collections, invente un style éclectique et excessif qui n’appartient qu’à elle. Elle décore de la même façon ses appartements de New York, et celui de Londres. Ce qui passe souvent pour du mauvais goût est en fait celui d’une femme qui cultive l’excentricité et refuse de se cantonner aux limites habituelles.

    En 1928, l’hebdomadaire américain, le New Yorker publie un portrait d’Helena Rubinstein intitulé : "La Femme qui n’avait pas de pays" . Elle part pour les Etats-Unis en 1940, à la suite de la débâcle. Les allemands pillent son salon du Faubourg-Saint-Honoré, l’appartement du quai de Béthune (acquis en 1932), ainsi que le moulin de Combs-la-Ville (acheté en 1938). Helena fera tout reconstruire en 1947. Elle s'éteint le 1er avril 1965 à New York, à l’âge de quatre-vingt-treize ans. Sa fortune est évaluée à plus de 100 millions de dollars.

    Helena Rubinstein dans son appartement du 24, quai de Béthune, ile Saint-Louis
    Helena Rubinstein dans son
    appartement du 24, quai de
    Béthune, ile Saint-Louis

    20 mars – 25 août 2019 - Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme - Hôtel de Saint-Aignan, 71 Rue du Temple, 75003 Paris


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