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    Visages de Paris 1900


    Les années 1900 sont à la mode. Sans doute en raison de la grande exposition qui ouvre ses portes le 2 Avril dans ce Petit Palais qui fut, avec son grand-frère, une des grandes attractions de l’exposition, cette année-là. Ces 100 visages parlent des Parisiens à la conquête de leur espace, qui concoctent un évènement international mémorable, reçoivent les jeux olympiques, construisent des hôtels, des gares modernes qui sont encore sous nos yeux et d’un Métro dont on n’a pas fini de parler. Une ville surpeuplée s’est transformée après quarante ans de travaux considérables, où tout va plus vite grâce à de nouveaux moyens de transport encore dans l’enfance…

    Visages de Paris 1900

    L'exposition universelle de 1900En 1900, Paris hérite de 80.000 chevaux pour le transport en calèche, en tramway hippomobile ou avec les omnibus de la Compagnie Générale qui compte près de 800 voitures ! Peu de photos nous cachent cette évidence et masquent sa conséquence : ville bruyante, odorante et encombrée. Mais ce n’est pas tout : à la liste des gares que nous utilisons encore aujourd’hui s’ajoutent celles qui sillonnent la ville comme la gare de Bercy, celle de Sceaux (Denfert) sans compter la petite ceinture alors toujours en activité. À cela, s’additionnent 3 nouvelles gares créées pour l’occasion : la Gare d’Orsay, celle des Invalides et la Gare de Lyon. La ville compte près de 2.700.000 habitants ! Soit davantage que de nos jours et les organisateurs attendent 50.000.000 de visiteurs pour la Grande Exposition et les Jeux Olympiques.

    C’est précisément ce qui justifie le percement du Métropolitain (Porte de Vincennes - Porte Maillot) et la création d’un parking à vélos de 1000 m2 aux Champs Elysées et à la gare d’Orsay : ces deux nouveaux moyens de transport connaîtront un très grand succès. Une photo de l’album montre la « rue de l’avenir » : un trottoir roulant de 3,5 kilomètres qui ceinture l’exposition ! Le jour de Pâques, il transporte 70.000 personnes en une journée, soit le double de tous les omnibus de la ville, une performance qui ne passe pas inaperçue. Six nouveaux ponts traversent la Seine dont le pont Alexandre III, prouesse technique d’une rive à l’autre. Ces ponts voient passer un nouveau transport fluvial de passagers depuis 1886 de Charenton à Auteuil  avec trois embarcadères sur le parcours !


    Le trottoir roulant de l’exposition de 1900


    Sur quelques clichés se profilent aussi deux nouveaux moyens de locomotion, encore rudimentaires, mais qui déclenchent des rêves immenses et l’engouement des populations : l’automobile et les aéronefs. En 1898, se tient dans le jardin des Tuileries le premier salon de l’automobile, la même année durant laquelle Louis Renault construit seul sa première voiture à Boulogne-Billancourt. Dans les airs, en 1901, un autre ingénieur bricoleur, Santos-Dumont réalise l’exploit de contourner la Tour Eiffel avec un dirigeable de son invention.

    Le public ne se lasse pas du génie avec lequel chercheurs, expérimentateurs en tout genre, repoussent les limites de la physique et du progrès technique. Sur une photo de Jacques Boyer, des touristes apprentis aéronautes posent dans le ballon captif Mercier lors de l’exposition : une attraction très convoitée, comme la grande lunette astronomique installée place de la Bastille ou les montagnes russes du Luna Park, porte Maillot.
    L’émerveillement se lit sur ces visages et à l’intérieur, l’idée que le progrès n’aurait pas de fin.

    Le ballon captif Mercier de 1900
    Le 14 novembre, l’Exposition universelle est terminée, le ballon captif s’échappe et s’envole au-dessus du bois de Vincennes pour rejoindre Epernay et atterrir à la frontière Belge. Après d’énormes difficultés pour ramener la nacelle à terre  et dégonfler complètement le ballon, l’équipage est recueilli par les gens du lieu et apprend qu’il se trouve dans un village qui se nomme La Besace. Méfiante à l’égard de cet engin peu ordinaire, la police locale procède à son inspection et, y trouvant six bouteilles de champagne, inflige au pilote une amende pour… importation illicite de champagne !

    Accident de train à Montparnasse en 1895Le 22 octobre 1895 à 8 h 45, le train de la ligne Granville-Paris quitte la Manche en direction de l'ancienne Gare Montparnasse. À bord, 131 passagers sont répartis dans douze wagons. Le conducteur, Guillaume-Marie Pellerin, ne manque pas d'expérience, mais il perd une dizaine de minutes sur l'horaire prévu. Lorsqu'il s'en aperçoit, il accélère pour rattraper son retard et le train à vapeur pénètre dans la gare à toute allure, beaucoup trop vite, à 40 km/h. Affolé, il active les freins, mais bien trop tard, défonce le dernier butoir, traverse le hall de la gare, fracasse le mur et termine sur la chaussée, dix mètres en contrebas, rue de Rennes. Le pire est évité, les wagons se sont décrochés avant la chute et il n'y a que cinq blessés. Marie-Augustine Aguilard, qui tenait un kiosque à journaux devant la gare a vu passer la locomotive au-dessus d'elle sans être touchée, mais un bloc de pierre s'est détaché de la façade sous le choc et l'a tuée sur le coup. L’émoi est considérable dans le quartier et les journalistes se pressent pour photographier l’évènement. Le Petit Journal raconte « tout le monde ici a cru son dernier moment arrivé et lorsque nous avons entendu ce bruit infernal, tous avons courbé la tête, croyant que la gare s'écroulait sur nous ». Pellerin sera condamné à deux mois d'emprisonnement et à 50 francs d'amende.

    Le XIXe siècle a été le grand siècle du progrès. Pour fêter les prodiges des arts, des sciences, de l'industrie et de l'agriculture, la France invita toutes les nations à participer à l'Exposition universelle qu'elle organisait à Paris. Toutes répondirent à cette invitation ; elles tenaient à comparer les progrès de leur industrie avec ceux des autres nations. L'Exposition de 1900 fut une merveille  Jeanne Bouvier.Mes mémoires, 1936.


    Les vedettes, les artistes, les cocottes, les ateliers d’art font de la « ville lumière » un grand spectacle, surtout pour ceux dont le travail harassant rend la révolution industrielle possible. L’Époque n’était assurément pas Belle pour tout le monde. Dans des logements sordides, dans la Zone des fortifs autour de Paris, beaucoup attendent leur tour et espèrent pouvoir, un jour, saisir le rêve à portée de main.

    D.L


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