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    Les cabinets de curiosités


    Les cabinets de curiosités sont les ancêtres des musées. Apparus à la Renaissance, ils rassemblaient des collections d’objets divers, hétéroclites et inédits consacrés au passé : médailles, antiquités, animaux empaillés, mappemondes, squelettes, fossiles, monstres et surtout œuvres d’art, ou supposées telles.

    Des catalogues illustrés en constituaient l’inventaire et fournissaient des informations précieuses aux passionnés de l’époque, souvent des amateurs de curiosités, quelquefois des savants. Le monde nouveau du XVIe siècle contribua largement à accroître la popularité de ces cabinets chez la nouvelle bourgeoisie dans le but de s’approprier une part de la diversité de la création divine en ce qu’elle a de fantastique, de mystérieux, de bizarre. Ces cabinets avaient pour vocation d’épancher la soif de savoir de l’homme de la Renaissance. Le désordre règne dans ce rassemblement étrange qui ressemble de prés à l’antre du magicien…




    Naturellement, la tentation d’y mettre de l’ordre verra le jour lorsque cette mode touchera la haute aristocratie, peu friande de capharnaüms et fraichement éprise de culture. Mazarin (1602-1661) fut par exemple un collectionneur hors normes et ne se contentait pas simplement de livres, mais donnera néanmoins naissance à la bibliothèque Mazarine. Les Papes furent les premiers souverains à mettre à la disposition de la culture et du public leurs collections d’art privées débutées sous Jules II (1503-1513). Le siècle d’or sera le XVIIe siècle qui, on le sait, est un siècle hollandais et donc naturellement, on retrouve les plus belles représentations chez les artistes du Nord de l’Europe.



    Mais c’est surtout la rationalité des lumières au XVIIIe siècle qui mettra un terme à ce théâtre du bizarre. La curiosité devient scientifique, on classe, on mesure, on explique, elle gagne en géométrie ce qu’elle perd en naturel. Pensez-y aujourd’hui lorsque vous visitez un musée ou une exposition, derrière la façade policée et dignement agencée, très organisée, il y a naturellement l’incongru et l’excentrique, car la création naît obligatoirement de la curiosité et du mystère. Cette émotion est perceptible lorsqu’on est confronté à un faux, à la copie, l’émotion perdue qui sépare l’original de la reproduction.

    L’ordre ne nait que du chaos, alors que le désordre, lui, est toujours croissant, la désagrégation permanente, là réside le mystère et certainement l’effort le plus difficile pour le “commissaire d’exposition”, j’ai toujours trouvé ce terme héroïque. L’effort le plus difficile aussi à réaliser pour le visiteur, on l’oublie souvent. Ne vous y trompez pas, le cabinet d’autrefois ou les musées d’aujourd’hui sont bel et bien des œuvres d’art et la culture un effort sur le bizarre.









    Liste des représentations :
    1 - Le cabinet d'Ole Worm - Modène - Anonyme (1655)

    2 – Frans Francken - A Collector's Cabinet (1625)
    3 – David Teniers - Erzherzog Leopold Wilhelm in seiner Galerie in Brüssel (1651)
    4 -  Frans Francken - Kunst und Raritätenkammer (1636)
    5 – Johann Zoffany - The Tribuna of the Uffizi (1772-78)
    6 – Teniers - L'Archiduc Guillaume dans sa galerie de peinture (1647)
    7 -  Willem Van Haecht Apelles – Schildert campaspe (1630)




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