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    Marguerite de Bourgogne, la reine étranglée

    Lettre imaginaire de Marguerite de Bourgogne, reine de France, enfermée à Château-Gaillard en 1314 à sa fille Jeanne , future reine de Navarre et mère de Charles le Mauvais.
    Il fait froid ma douce enfant dans cet enclos de pierre qui garde la seine en ses méandres. Dans cette tour, dans ce cachot, aucun chant, aucune voix d’enfant, aucun bruit , que du noir et le bruit des lances. Le peu de lumière qui traverse la pièce est le seul souvenir qui me reste encore de la vie, de la joie des promenades à Maubuisson, de ses printemps et des merveilleux jours. Du visage qu’ils m’ont laissé, les méchants, il n’y a plus de cheveux, il n’y a que ces larmes qui coulent, semblables à tes pleurs d’enfants les jours où tu avais de la peine. Je suis seule, Jeanne est partie. Même Blanche n’est plus là, elle est en cave, seule. Avant le linceul drapé , noir, sombre et humide , ils m’auront tout enlevé, plus de regard scintillant, plus de jeux, plus d’amour, plus de chants. Notre belle vie, de filles fleurs de la Bourgogne, me semble si loin, j’avais vingt ans et me semble en avoir Cent. Ce qui reste de Philippe, gentil amour, se balance dans un sac à Pontoise. Pourquoi  ? quand tu seras reine, tu comprendras. Ces méchants te diront tant et tant d’ignominies, alors souviens toi : Au royaume de France, Reine sans enfant mâle est maudite et forcer le destin est sorcellerie. Tous m’avaient promis , jurés , attestés que l’appel  à la nature noble d’un chevalier n’était que peu de choses et que reine doit faire ce qu’elle se doit de faire, ne pas déshonorer son rang mais, bien au contraire, réparer le destin afin que ce roi ne soit pas le dernier : tu n’auras pas de frère. Ces même menteurs là , nieront dans mon procès secret, mais finiront dans la seine. Il fait froid dans ma tête aussi ma chère Jeanne quand je sais que je ne te reverrai plus. Protèges toi et n’oublies pas ton héritage et ceux qui aujourd’hui me poignardent et m’étranglent ; toi ou ton fils viendront un jour réparer cet outrage et ce crime.



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    Chronique de l’affaire de la Tour de Nesles :
    Chronique_de_Guillaume_de_Nangis/Règne_de_Philippe_IV_le_Bel_(1285-1314) [317]
    La tour de Nesles et Le Louvre

                                        Et de Navarre la reine
                                        Prise comme garce et méchine
                                        Et en prison emprisonnée
                                       A Gaillard où elle fut menée
                                      Dont le royaume était troublé.
                                               (Geoffroi de Paris)

                                    
    Por Dieu, oez moi, sire roi
                                    Qui est qui parle contre moi ?
                                    Je dis que je suis prude fame
                                    Sans nul crisme et sans nul diffame.
                                                (Jean de Troyes)

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