• Artistes Pionnières dans le Paris des Années folles

    Les artistes femmes de la première moitié du XXeme siècle ont occupé un rôle primordial dans le développement des grands mouvements artistiques de cette période. Ces pionnières, comme Tamara de Lempicka, Sonia Delaunay, Marie Vassilief, Natalie Barney, Sylvia Beach, Tarsila do Amaral ou encore Chana Orloff sont les vedettes de cette exposition au musée du Luxembourg.

     

    Artistes Pionnières dans le Paris des Années folles Exposition au musée du Luxembourg
    Exposition au musée du Luxembourg

    Au cours des années folles, beaucoup d’entre elles séjournent à Paris, pendant quelques semaines ou quelques années. Elles profitent de l'atmosphère de liberté qui se répand depuis la fin de la guerre. Beaucoup d'entre elles viennent d'horizons très divers : beaucoup d'américaines, de russes, de latinos qui se rejoignent à Paris. L'exposition donne une voix et un visage à beaucoup d'artistes très peu connues.

     

    Les femmes artistes des années folles
    Les femmes artistes des années folles

    Pourquoi Paris ? avec Montparnasse, Montmartre, au Quartier latin , c’est la ville des Académies privées où les femmes sont bienvenues ; la ville des librairies d’avant-garde, des cafés où les artistes croisent les poètes et romanciers dont les livres sont traduits et diffusés dans des librairies uniques au monde, où le cinéma expérimental s’invente.... Tous ces lieux sont tenus ou remplis, par des femmes ; elles sont dans toutes les avant-gardes et toutes les formes d’abstraction.

    Mère et son enfant - Tamara de Lempicka 1932. Musée de l'Oise à Beauvais
    Mère et son enfant - Tamara de Lempicka 1932. Musée de l'Oise à Beauvais

    C’est aussi la ville des académies de peinture, des librairies d’avant-garde, des cafés où les artistes croisent les poètes et les romanciers. Sylvia Beach ouvre Shakespeare and Company ; Marie Vassilieff fonde en 1912 l’Académie Vassilieff, en 1912 ; Marie Laurencin enseigne avec Fernand Léger, à partir de 1924, à l’Académie moderne.

     

    Sylvia Beach dans sa librairie Shakespeare and Company, Paris1936 © RMN
    Sylvia Beach dans sa librairie Shakespeare and Company, Paris1936 © RMN

    Natalie Clifford-Barney . Pensées d'une amazone. 1921. Collection particulière
    Natalie Clifford-Barney . Pensées d'une amazone. 1921. Collection particulière

    Ce sont les premières à avoir la possibilité d’être reconnue comme des artistes, de posséder un atelier, une galerie ou une maison d’édition, de diriger des ateliers dans des écoles d’art, de représenter des corps nus, qu’ils soient masculins ou féminins, et d’interroger ces catégories de genre. Les premières femmes à avoir la possibilité de vivre leur sexualité, quelle qu’elle soit, de choisir leur époux, de se marier ou pas et de s’habiller comme elles l’entendent. Leur vie et leur corps, dont elles sont les premières à revendiquer l’entière propriété, sont les outils de leur art, de leur travail, qu’elles réinventent dans tous les matériaux, sur tous les supports. Sonia Delaunay aura sa boutique ainsi que Sarah Lipska. 

     

    Amrita Sher-Gil Autoportrait en tahitienne. 1934. (c) Collection Kiran Nadar New Dehli
    Amrita Sher-Gil Autoportrait en tahitienne. 1934. (c) Collection Kiran Nadar New Dehli

    Les femmes sont présentes dans le sport et Victor Marguerite connaît un succès important avec sa garçonne, publiée chez Flammarion en 1922 (l'affiche de l'exposition montre justement Suzy Solidor peinte par de Lempicka) Des amazones ou des sportives ne dédaignent pas d’endosser des costumes masculins et Marcel Duchamp invente rRose Selavy, prototype transgenre issu du surréalisme (photo de Man Ray dans l'exposition). Ce sont bien des années "folles". Prélude à une autre folie encore plus grande.

     

    Rrose Selavy (Marcel Duchamp) par Man Ray .1921. Centre Pompidou
    Rrose Selavy (Marcel Duchamp) par Man Ray .1921. Centre Pompidou

    La Garçonne. Roman de Victor Marguerite. 1922
    La Garçonne. Roman de Victor Marguerite. 1922

     

    Musée du Luxembourg du 2 mars au 10 juillet 2022.


    Que visiter à Paris ?
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