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    Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 au musée d'Orsay

    Pour célébrer ses 30 ans à l'automne 2016, le musée d'Orsay réveille le Second Empire, ses spectacles, ses fêtes et son incroyable activité en si peu d'années. Sur le parcours thématique, se côtoient peintures, sculptures, photographies, dessins d'architecture, objets d'art et bijoux. L'exposition brosse le portrait de cette époque foisonnante, brillante et riche en polémiques...


    Régime décrié en son temps par les républicains et honni après sa chute par V.Hugo et E.Zola, le Second Empire fut longtemps marqué par l'image superficielle de la "fête impériale". Sur fond de bouleversements technologiques, ce fut pourtant une période de fastes et d'euphorie économique. Une période écartelée entre les usages anciens et la frénésie affairiste, un règne "bling-bling" dirait-on aujourd'hui.

    Jean-Léon GérômeRéception des ambassadeurs siamois par l'empereur au palais de Fontainebleau
    Jean-Léon Gérôme : Réception des ambassadeurs siamois par l'empereur au palais de Fontainebleau © RMN-Grand Palais

    Au sommet de sa gloire, l'empereur éblouit l'Europe en ressuscitant les fastes de Versailles et cimente l'adhésion d'une cour à son régime par de multiples fêtes. L'empire français, qui a retrouvé sa place sur la scène internationale grâce à une politique étrangère offensive, jubile lors des Expositions Universelles en 1855 et 1867.  Avec elles,  s'expriment l'industrie française, le luxe et le talent de ses créateurs. En réponse à la merveilleuse exposition anglaise de Crystal Palace en 1851, Napoléon III ordonne dès mars 1852 la construction d'un "Palais de l'Industrie" sur les Champs-Elysées pour y accueillir les futures éditions françaises. C'est le triomphe de l'architecture en fer et en verre sur une façade de plus de 200 m de long. C'est un style qui arrive à maturité avec l’impressionnante galerie des machines.


    Le Palais de l'Industrie, sur les Champs Élysées, qui précéda le petit et le Grand Palais (1860)

    Quelques jours après son coup d’État de 1851, qu'on ne lui pardonnera jamais, Louis-Napoléon Bonaparte quitte son palais présidentiel de l’Élysée pour s'installer aux Tuileries, ancienne demeure des Rois de France. L'impératrice Eugénie de Montijo veille à y apporter le confort moderne et s'attache à y conserver le souvenir de la reine Marie-Antoinette, qui la fascine. Le palais sera le cœur de la fête impériale.

    Eugénie, impératrice des Français
    Franz-Xaver Winterhalter
    © RMN-Grand Palais

    La société du Second Empire théâtralise son cadre de vie. La villa pompéienne du prince Napoléon-Jérôme, cousin de l'empereur, dit "plon-plon", en est la plus parfaite illustration. Œuvre d'art totale, la villa est édifiée au 18 de l'avenue Montaigne par l'architecte Alfred Normand pour le prince et sa maîtresse, la tragédienne Rachel, sa folie voisinait avec la maison mauresque du diplomate Jules de Lesseps sise au 22 et au palais néogothique de l'architecte Jean-Baptiste Lassus, au 20 de la même voie. La princesse Mathilde, cousine de l'empereur, reçoit au 10 rue de Courcelles dans un hôtel somptueux; Morny, demi-frère de l'empereur, organise ses fameux bals masqués dans l'hôtel de Lassay. La princesse Pauline de Metternich anime le faubourg Saint Germain et Virginie de Castiglione, la place Vendôme. Un peu plus loin de Paris, le grand banquier James de Rothschild n'est pas en reste quand il reçoit dans son château de Ferrière, en Seine-et-Marne. 


    Fête officielle au palais des Tuileries pendant l'Exposition Universelle de 1867
    Henri Baron
    Fête officielle au palais des Tuileries pendant l'Exposition Universelle de 1867 © RMN-Grand Palais

    50 ans après Waterloo, non seulement la France a rattrapé sa vieille voisine l'Angleterre, mais la dépasse largement dans la compétition de l'art de vivre. Paris est la capitale mondiale des divertissements. Au Louvre, le comte de Nieuwerkerke improvise des tableaux vivants et ouvre des bals costumés restés fameux. Le théâtre évolue et connait une vogue  considérable, théâtre classique, mais aussi théâtre lyrique, vaudeville, opéra-comique, opérette, tandis que naissent les premiers cafés-concerts. Le décret de libéralisation des théâtres de 1864 permet la floraison de nouvelles scènes, comme place du Châtelet et l'émergence de personnalités avec un nom qui reste pour toujours attaché à cette période : Jacques Offenbach. La Vie parisienne (1866) est l'apothéose du style de l'époque, l'exposition passe en boucle l'air célèbre du brésilien dans une des salles.


    Offenbach par Nadar (1878)
    Offenbach par Nadar (1878)
    Les lumières s'éteignent brusquement en 1870 au cours d'une guerre aux motivations obscures, disparue des livres d'Histoire et qui débouchera sur une autre guerre, civile celle-là, dans la commune de Paris. Napoléon III, atterré, vaincu et malade, retournera d'où il venait : cette Angleterre qui avait su l'accueillir et lui offrir un nouveau départ, quand il n'était encore que le maçon "Badinguet", avant de devenir notre premier président de la République. Mais vingt ans plus tard,  la chance, celle qui lui avait tellement souri dans son parcours, l'avait abandonné, la comédie s'était teinte en tragédie.

    D.L







    Faut-il réhabiliter le Second Empire ? Débat J.tulard et J.N.Jeannenet Auditorium du musée d’Orsay, le 3 novembre 2016.

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