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    « Paris Bizarre » de Dominique Lesbros

    Aucune singularité du pavé parisien n’échappe à ce « Catalogue déraisonné de curiosités et d’étrangetés » : rites, lieux magiques, superstitions, mais aussi plaques originales, sculptures qu’il faut absolument connaître ; voyagez parmi ses extravagances ; voici mon top 20...

    « Paris Bizarre » de Dominique Lesbros


    Dominique Lesbros est l’auteure de nombreux ouvrages de flâneries sur Paris comme « Paris - Immeubles insolites » « Paris, promenades au bord de l'eau » et d’autres guides de promenades urbaines dans les anciens villages d'avant 1860 ; beaucoup ont aimé son « Paris Quiz » ou encore les deux volumes légendaires dans le « Paris mystérieux et insolite » jusqu’au récent « ça se bouscule au portillon » consacré à l’origine des expressions populaires.

    Cette fois, elle nous présente son inventaire de curiosités visibles à Paris. Son œil exercé s'est arrêté sur les bizarreries du  langage urbain : croyances, sépultures, décorations, architectures, inscriptions, plaques, bonnes adresses… et mieux que tout, nous rappeler de beaux souvenirs...

    Mon top 20, totalement subjectif, est le suivant :

    mon numéro 20, qui vaut un numéro 1 dans les quelques 300 curiosités du livre, est le pied de Montaigne devant la Sorbonne, quel étudiant  ne l'a pas effleuré, au moins du doigt ?

    mon numéro 19 est le buffet de cochonnailles à l'église Saint Eustache chaque troisième dimanche de novembre. Eustache chassait un cerf qui se mit à parler : « pourquoi me pourchasses-tu ? ». C'est aussi le jour de la célébration du souvenir des anciennes Halles.

    Le bar à grenouilles de la rue Caron est mon numéro 18  : la grenouille de bénitier y est saisie à point.

    « Paris Bizarre » de Dominique Lesbros

    mon numéro 17 est le pied de nez de Napoléon vu par Paul Morand sur l'arc de triomphe place de l'Etoile, on s'amusait follement, rue Marbeuf, près du garage Citroën où il passa son enfance.

    mon numéro 16 est la leçon d'architecture très pédagogique de la rue Chernovitz. Elle qui divise toujours lors de mes visites de Passy, il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent. C'est ma querelle des anciens et des modernes.

    Le petit loup aux grands yeux des Invalides est mon numéro 15, j'ai toujours trouvé très élégante cette astuce lexicale de Louvois, les enfants adorent en général.

    mon numéro 14 est la tombe de Victor Noir au père Lachaise, classique, sauf que l'histoire tragique du journaliste et de sa tombe, bien racontée, est tellement incroyable. Sinon vous pouvez toujours vous rendre sur celle de Blanqui, également de Jules Dalou pour varier sur le même thème historique.

    L’hôtel de Serge Gainsbourg en plein 7e arrondissement est mon numéro 13, vous devinez pourquoi. En plein quartier aristocratique, rue de Verneuil , quel spectacle !

    La carte anagrammatique du métro parisien ne peut se décrire en deux mots. C'est le secret de l'auteure. Nez du romeou !

    Mon numéro 11 est cette péniche en ciment armé du port d’Austerlitz qui manqua mille fois de finir à la poubelle et se retrouve maintenant Monument Historique. Ce n'est pas par hasard qu'on nomme ce courant architectural le « brutalisme »

    « Paris Bizarre » de Dominique Lesbros

    On entre dans ma liste des 10 avec la réintroduction du bouc et de la chèvre dans le jardin des tuileries. Spectacle bucolique à ne pas rater lors des visites guidées de l'été !

    Les plaques qui mentionnent les exécutions tragiques par les Allemands lors de la deuxième guerre mondiale peinent à nommer les occupants. Ils deviennent boches, nazis, hitlériens, fritz. Stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus. C'est mon numéro 9

    mon numéro 8 est cette drôle de plaque du 2 de la rue Titon "Ici s'élevait l'hôtel sur lequel était fixé cette plaque" C'était probablement la folie Titon, mais nul ne sait. La vraie plaque ayant disparue ! terrible rappel à tout le petit patrimoine qui disparaît régulièrement sans laisser de traces.

    Les maisons de Molière sont mon numéro 7. Ses deux maisons de naissance et ses deux maisons de décès. C'est un jeu très habile que celui du vrai et du faux chez lui, de ce qui est avéré et ce qui est de la légende, ce qui est Poquelin et ce qui est Molière. Il faut absolument conserver tout cela, quel dommage qu'une d'entre-elles ait été rasée, une des deux maisons de son décès. C'est la mythologie qui compte.

    L'architecte "déconstructiviste" Edouard François est mon numéro 6 . Il renoue avec la tradition des signatures d'architectes sous forme de visage entre deux baies closes de l'immeuble "grand style" au 46, rue Georges V. Tower flower, Vertical Chameleon, Eden Bio marquent notre Paris contemporain

    Charles Garnier était un grand spécialiste de mon point précédent. De nombreuses signatures sont visibles dans son fameux Opéra. Mais quel style dans cette arabesque "Louis-Charles Garnier", située au plafond de la rotonde des abonnés ! C'est mon numéro 5

    Mon numéro 4 est la fausse statue du père Magloire dans le cimetière de Charonne. Il ressemble si fortement à Jean-Jacques Rousseau que beaucoup sont persuadés qu'il s'agit d'un statue du promeneur solitaire égarée dans une broquante puis rachetée par les amis de Magloire pour décorer sa tombe. Nul ne sait qui en est l'auteur, mais beaucoup pense qu'il s'agit du défunt ! mystère

    Le podium s'ouvre aussi à Charonne pour la troisième place. Dans l'église figure une plaque absolument illisible et qui pourtant est très amusante puisqu'elle offre 40 jours de pardon à tout visiteur. Comment ne pas honorer ce vestige datant de 1460 !!

    A la seconde place se trouve une autre plaque, mais au 38 de la rue Saint Louis en l’île qui est un bijou absolu de flagornerie et de mystère , reste à découvrir ce qu'obtint Gomin de la très haute et très puissante madame Juvenal de Harville des Ursins de Trénel et autres lieux comme on dit ?

    Enfin, la palme revient à la spirale du pont Notre Dame qui a vu disparaître Javert et où les hommes qui tombent ne reparaissent pas. Même si le fleuve est maintenant dompté, l'auteure a su capturer l'instant où le fleuve s'emballe. Pas de doute possible, c'est bien là que Victor Hugo place le charybde tragique du policier rongé par le remord !


    D.L



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