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    Exposition Templiers et Francs-Maçons au musée de la F.M

    Alors qu'une grande exposition "La franc-maçonnerie" est organisée par la Bibliothèque Nationale de France jusqu'au 24 juillet 2016, le Musée de la franc-maçonnerie nous propose une rencontre "Templiers et francs-maçons : de la légende à l'histoire" et une question : Existe-t-il un lien entre l'ordre des chevaliers blancs à croix rouge et ces obédiences maçonniques qui sont entourées de mystères depuis le XVIIIe siècle ?

    Exposition Templiers et Francs-Maçons au musée de la F.M

    L'exposition propose dans une salle unique, ce qui peut paraître peu, mais j'y suis tout de même resté deux heures et demi ! une collection de manuscrits enluminés, blasons, croix templières, épées et bijoux maçonniques, toutes sortes de pièces singulières qui témoignent d'une survivance de l'esprit templier au XVIIIe siècle et XIXe siècle dans certaines loges. Au centre de la pièce, trônent les mannequins en tenue médiévale guerrière grandeur nature qui donnent le ton de l'exposition, couronnée du Gonfanon Baucent, le célèbre étendard de combat de l'ordre du Temple.

    L'ordre, fondé en 1119 par des Français de la région de Troyes et réglé par Saint Bernard de Clairvaux présentait une originalité de taille à l'époque de la foi : celle de faire son salut par les armes au lieu de s'isoler pour prier dans un monastère. Les vœux traditionnels de chasteté, pauvreté et obéissance s'accompagnait d'une véritable théologie de la guerre qui leur permit de s'emparer glorieusement des lieux saints et de les conserver pendant presque deux siècles très animés : les fameuses "croisades". Ces troupes d'élites, riches et très bien organisées, dépendantes exclusivement du pape et qui restaient sur place en Orient dépassaient de loin en efficacité les armées croisées venues d'Occident, courageuses et beaucoup plus nombreuses, mais ne connaissant absolument rien du terrain, ni du jeu des alliances complexes dans la région auxquelles étaient rompues les Templiers. C'est ce premier aspect que reflète beaucoup de pièces présentées dans exposition : la franc-maçonnerie était également, à l'origine, bien organisée et très présente dans l'armée, une vocation militaire donc, c'était le cas de presque tous les maréchaux de l'Empire et peut-être Napoléon lui-même.

    Réception maçonnique et templière en 1775
    Réception maçonnique et templière en 1775
     Autre point commun : le rite d'initiation à l'ordre du Temple reste célèbre depuis qu'il devint la raison essentielle de l'accusation d'hérésie qui tomba sur l'ordre en 1307 et aboutit à sa disparition : Suspects de profanations rituelles, de baisers impurs et d'adorations d'idoles exécutées "de la bouche, mais non du coeur", selon l'expression savoureuse de l'époque. Un rituel secret existe aussi dans l'initiation maçonnique, mais peu trop peu documenté pour conduire à une filiation avérée. Lorsqu'il mourut sur le bûcher le 18 mars 1314, le dernier Grand Maître des Templiers, Jacques de Molay, pensait certainement que s'éteignait avec lui l'ordre des "pauvres chevaliers du Christ". Pourtant, quatre cents ans après, au temps de Voltaire et Rousseau, des loges maçonniques affirmaient que quelques chevaliers avaient échappé à la persécution et s'étaient réfugiés dans la lointaine Écosse. Ils avaient survécu jusqu'au XVIIIe siècle sous le voile de la franc-maçonnerie : ce mythe de la survivance secrète des Templiers était né et l'idée est une création du siècle des lumières (Andrew Michael de Ramsay-1734). Curieux, non ?

    Écu de chevalier maçon templier du rite suédois
    Écu de chevalier maçon templier du rite suédois
     Pour d'autres, l'héritage est avéré et les preuves existent, mais demeurent connus des seuls initiés... la fumisterie procède ici du même stratagème que celui établissant un lien entre la franc-maçonnerie et les bâtisseurs de cathédrales ou les compagnons du devoir. La franc-maçonnerie est une association philosophique, qui utilise des symboles basés sur des métaphores architecturales, des cérémonies codifiées et le langage des maçons de métier pour prodiguer un enseignement ésotérique à ses membres, qui eux, n'ont aucun rapport avec le métier de bâtisseur. On attend toujours les preuves du contraire.

     Une autre idée très répandue établissant le lien entre les deux organisations concerne les fameux "secrets" et le célèbre "trésor" des Templiers. Les chevaliers du Christ seraient revenus d'Orient avec la révélation de certaines "vérités" mystiques ainsi qu'un "trésor" contenant, entre autres, le chandelier à sept branches du temple de Jérusalem, le Graal et d'autres pièces majeures de l'histoire biblique.

     La veille de son supplice, Jacques de Molay aurait transmis à son neveu les clés du trésor et initié aux mystères bibliques. Celui-ci aurait fui en Écosse avec quelques templiers et maintenu l'ordre vivant avec eux. Il est vrai qu'après son opération de police médiévale, Philippe le Bel ne retrouva rien de la légendaire richesse des Templiers. Où était donc passé tout cet argent accumulé par l'ordre devenu à son apogée une multinationale bancaire de 9000 commanderies ? On le cherche toujours.

    Bernard-Raymond Fabré-Palaprat
    Bernard-Raymond Fabré-Palaprat

    L'exposition détaille les fouilles effectuées à Gisors par la gendarmerie en 1962, à la demande d'André Malraux. Là encore, les scientifiques buttèrent sur de fausses preuves, des témoignages suspects et des pistes inventées. On aimerait tant pouvoir découvrir en France un trésor historique comparable à celui de Touthankhamon... hélas ! ce n'était qu'un canular. L'exposition détaille aussi l'aventure de Bernard Fabré-Palaprat, faussaire célèbre, auteur d'une généalogie documentée "la Carta Transmissionis" remontant à Jacques de Molay, accréditant l'idée de transmission des savoirs antiques et du trésor jusqu'en 1808 avec les noms et l'autographe des maîtres successifs du nouveau Temple (jusqu'à Fabré-Palaprat, lui-même, bien sûr).

    Jacques de Molay, grand maître du Temple, brûlé vif pour hérésie
    Jacques de Molay, grand maître du Temple, brûlé vif pour hérésie
     Enfin, dernier élément avancé pour accréditer l'idée de filiation entre les deux ordres, templier et maçonnique : celui de la vengeance multiséculaire contre les coupables de l'extinction de l'ordre du Temple : la Monarchie française et l'Eglise catholique. Ceci, par l'intermédiaire de leurs "successeurs" avides de vengeance : les francs-maçons. Jacques de Molay aurait maudit trois fois le pape Clément V et le roi Philippe le Bel ainsi que sa descendance jusqu'à la treizième génération, ce qui correspondrait à peu près à la mort de Louis XVI. De nombreux révolutionnaires de 1789 étant notoirement des "frères trois points" et l'hystérie anticléricale des sans-culottes attesterait ... l'idée d'un règlement de comptes historique funeste contre les successeurs du roi de France et ceux du pape. Ainsi, l'anticléricalisme maçonnique, source de la laïcité républicaine, conduirait à revisiter l'histoire de France à partir de la lumière du bûcher de l'île aux juifs. Là encore, on reste stupéfait de constater que cet échafaudage intellectuel ne repose sur aucun témoignage d'époque ou pièce écrite relatant les propos exacts du grand maître du Temple, ce jour-là (A comparer par exemple à l'abondance de témoignages dans le procès Jeanne d'Arc). Ses sommations donnent seulement la preuve évidente du grand talent littéraire de Mr Maurice Druon. Des protestations constatées et avérées : Oui, malédiction : Non.


    Aujourd'hui, ressurgissent régulièrement des avatars lucratifs du mythe : films ( le dernier des templiers) livres ( le temple noir, le Baphomet, le testament des Templiers , La fille du templier,etc.). Dans son énorme succès littéraire : "Da Vinci Code", Dan Brown affirme que l'Ordre templier aurait découvert le Saint-Graal sous le Temple de Salomon en Palestine ainsi que des documents prouvant que le Christ a eu un enfant avec Marie Madeleine, la prostituée. Le pape Clément V aurait lui-même ordonné l'arrestation et le massacre des Templiers, en 1307, en vue de mettre la main sur le Graal, avec son complice affamé d'argent : Philippe le Bel, mais surtout pour éviter la révélation honteuse de la paternité du Christ.

    Quelque chose me dit que nous n'en avons pas encore fini avec cette histoire à dormir debout et c'est tant mieux si cela fait rêver. Cela dit, à votre tour de vous faire une idée...sur ce qui reste néanmoins un mystère... peut-être à bout de souffle ?

    D.L

    Exposition du 12 avril au 23 octobre 2016
    Musée de la franc-maçonnerie
    16 rue Cadet 75009 PARIS 

     


    Templiers & francs-maçons, De la légende à l... par grandorientdefrance

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