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    Poèmes de Paris. Une anthologie à l’usage des flâneurs.

    Poèmes de Paris. Une anthologie à l’usage des flâneurs.
    Promenons-nous à Paris avec des poèmes. Cette anthologie de Jacques Jouet est une ode au fil du temps, au fil de la Seine, à la muse des magiciens des mots, aux rêveurs et aux plaideurs, aussi. Vent agile, nuits inquiétantes, pluies que l’on n’attend pas, ce sont ces complices-là, qui font la fête tout au long du petit livre, mais pas que ! Villon ou Verlaine ont mûri leurs rimes acides dans cette ville et Robert Desnos les fit frire en couplets. Dieu fut souvent invité à faire miracles en ces lieux : une histoire qui en témoigne, celle des rues aux noms étranges mêlant jardins touffus, barycentre de quartiers, mais surtout celle de nombreux poètes de cette cité sauvage qui ont toujours pardonné son injustice, ils s’arrêtent dans ce livre pour nous la raconter. « Sacré-Cœur ! Je te vois ! Ô Biberon ! Avec ta grosse tétine en forme de croix » dit Jacques Roubaud qu’on ne peut pourtant pas taxer d’écervelé…

    Dans ce genre littéraire un peu tombé dans l’oubli au-delà du cours moyen, chantent des voix célèbres. Aragon sur le pont Neuf et Apollinaire sur le Mirabeau. Un écho plane au pied de la tour Saint-Jacques, dernier endroit où l’on vit Gérard de Nerval vivant. Théophile Gautier hallucine place Vendôme à la vue du godemiché d’airain. Quel monument de Paris n’a pas son aède ? 

    À qui la ville n’ouvre-t-elle pas ses bras ? et la Seine… son lit ? Qui pour les étrangers se farde et s’embellit ? C’est une voix puissante qu’on entend, ivre de parti-pris, de démesure et de magie. Rivoli ! Rivoli ! Rivoli ! L’homme qui connaissait toutes les rues de Paris, même celles d’avant Haussmann et prenait les premiers omnibus comme un enfant ses hochets. Des feuillantines à la place Royale, c’est le pas onirique d’un Victor Hugo.

    Il est aussi juste de dire qu’il y a un avant Baudelaire et un après. Dans un âge où la forme d’une ville change plus vite que le cœur des humains, l’enfant surdoué, le dandy hachichien étalonnera la grande fracture de la ville, chamboulée de pics et de pioches, en résonance avec son propre déclin affectif. De là et de sa propre famille naitra l’amertume envers ceux, coupables d’avoir fait du mal à Paris. Le vieux Paris n’est plus et l’Art sombre dans une clinique. Tandis qu’en proie à l'alcool, entre deux voyages, Paul Verlaine tire deux balles de révolver sur Arthur Rimbaud.

    Seul le naïf peut voir dans ces stances d’auteurs l’ivresse lyrique et parfumée, le voyage en Tartarie sur tapis volant, verbes et calligraphies. Le poète a toujours cette raison qui vient de l’air du temps. Là, réside l’énigme qui touche au cœur, pour l’esprit, j’en reviens à Jacques Roubaud, mathématicien du mot, Lewis Carroll diplômé d’une époque où l’algèbre est reine et le mot transparent, virtuel, réel ou inexistant, mais oyez aussi ce poème métropolitain d’Hervé Le Tellier (1999), et priez que l’éditeur me pardonne.
    D.L


    Notre Auber qui êtes Jussieu
    Que Simplon soit Parmentier
    Que ta Volontaire soit Place des fêtes
    Que ton Rennes arrive
    Sur Voltaire comme Courcelles

    Donne-nous Gallieni notre Havre-Caumartin
    Et ne nous soumets pas à la Convention
    Cambronne-nous nos Défense
    Comme nous Odéon à ceux qui nous ont Maraichers
    Délivre-nous des Halles
    Miromesnil







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