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    Combo de Cinq chez Parigramme

    Combo de Cinq chez Parigramme
    Voici cinq nouveaux livres thématiques qui arrivent de chez Parigramme. Des évocations variées avec beaucoup de photos : un « Paris Chats » animalier qui surprend, comme ce « Paris qui rit » plein d’humour qu’on peut feuilleter à la table d’un de ces nouveaux restaurants en plein air. Ils sont méthodiquement détaillés dans la mise à jour estivale de « Paris Terrasses » qui pourra bientôt attribuer ses étoiles. D’autres aimeront voir dans les musées « ces objets qui racontent Paris » : bréviaire de reliques qu’on y trouve et qui racontent toujours plein d’anecdotes historiques. Quant au dernier, cerise sur le gâteau, « Paris-couche-toi-là » : il fait le point sur les tentations érotiques de la capitale. De quoi se mettre à jour…

     Paris ChatsCinquante photos noires et blanches pour les amis des animaux, mais pas n’importe lequel. Dernier survivant du bestiaire qui peuplait la ville autrefois, ses compagnons y sont devenus rares, les chats sont les vedettes de cette anthologie en images. Chats des rues ou égarés dans les boutiques, chats devenus célèbres par l’affection de quelque écrivain prestigieux, c’est peut-être cette aisance dont parlait Chateaubriand : passer de la gouttière au salon qui leur permet de rester dans le paysage, pourtant inhospitalier à celui qui n’a pas la chance d’avoir des ailes. Leurs poses en photos inspiraient déjà les noms illustres du Paris de l’après-guerre, les matous tiennent toujours aujourd’hui la vedette sur Facebook, j’y vois la preuve d’une certaine permanence photogénique. Une indépendance légendaire connue depuis les Égyptiens, qui leur permet toujours de suivre les modes avec élégance.

    Paris qui rit Un chat botté de Charles Perrault cherche sa pointure devant une boutique qui porte son nom sur les grands boulevards. C’est dans ce recueil photographique « Paris qui rit ». Suite de clichés inattendus, drôles avec de nombreux clins d’œil qui remplissent cette collection pleine d’humour. Jacques Prévert est sur la couverture et se trouve également sur un cliché du pont des arts enneigé, avec son nu et son modèle en pose. Scène culte de cette compilation de photographies amusantes où reviennent souvent celles de René Maltête, le spécialiste des images insolites et des situations incongrues, avec le don de l’observation. L’ancien assistant de Jacques Tati n’avait pas son pareil pour piéger la scène singulière, l’instant magique, la situation qui prête à rire ou à sourire. La bande de Prévert, Maltête, mais aussi Doisneau et son appareil photo. Rions un peu avec eux.

    Paris TerrassesIls auraient bien du mal à reconnaître la rue de Seine aujourd’hui. Chez Fraysse a disparu, mais La palette est toujours là, à l’angle de la rue Jacques-Callot et s’ouvre sur une terrasse bien fréquentée avec encore quelques étudiants des Beaux-Arts. Mais ce n’est pas ce style de café-restaurant prestigieux qui se présente dans cette mise à jour de « Paris terrasses ». Pas non plus ceux qui longent les boulevards bruyants, ouvrent par opportunisme aux beaux jours et sont bondés en permanence par manque de personnel. Ce sont de préférence des espaces invisibles depuis la rue, nichés au fond d’un jardin ou sur le toit d’un immeuble. Peu de célébrités, mais des restaurants anonymes et bien placés auxquels les auteurs donnent l’occasion de faire parler d’eux. Je note que beaucoup de musées s’y mettent, le musée de la Vie Romantique, le musée Jacquemart-André, les Arts Décoratifs, mais aussi celui du Quai Branly, le Petit et le Grand palais ont le leur, comme la maison de l’Amérique Latine. Classés par arrondissement, détaillés par menu, prix et qualité d’ensemble, le texte est également traduit en anglais pour les touristes. Avec ses nouveaux espaces piétonniers, au musée d’Orsay, à l’Arsenal, à Bercy, au Quai de la Gare ou sur le canal Saint Martin, Paris présente au promeneur un nouveau visage propice à la floraison de nombreux établissements pour faire une pause gourmande au soleil. Très pratique.

    Ces objets qui racontent parisAprès l’étourdissement sans excès sur sa chaise, notre flemmard pourra partir à la découverte d’un des nombreux musées de la capitale, plus d’une centaine ! Il y trouvera probablement un des objets détaillés dans le livre de Catherine Guigon. Objets uniques, ils racontent aussi l’Histoire. Beaucoup sont au musée du Louvre ou à l’hôtel Carnavalet, temples de la mémoire de Paris, comme l’échelle de corde de Latude, la méridienne lascive de Madame Récamier, la superbe couronne d’or avec 65.000 brillants de l’impératrice Eugénie ou les émouvantes pages d’écriture de Louis XVII, mais d’autres siègent à des endroits moins connus comme le musée de la police, où se trouve la dernière guillotine en usage, sa canne de turquoise dans la maison de Balzac ou encore le tablier de Voltaire au musée de la franc-maçonnerie. Pièce rare, les pistolets du tigre sont conservés au trop méconnu musée Clémenceau avec tout le dispositif qui lui fut nécessaire au petit matin du 23 décembre 1892, lorsqu’il rencontra Paul Déroulède sur le champs de courses de Saint-Ouen. Un duel digne du Moyen Age, pour une accusation de corruption dans le scandale de Panama. Trois balles de chaque côté, à vingt-cinq pas, qui se perdront toutes dans la nature.

    paris-couche-toi-làLe musée de l’érotisme et le très discret musée de la mondaine, mieux vaut y être invité, contiennent eux-aussi leur collection d’objets rares : on y trouve des sculptures suggestives, des dispositifs complexes pour le plaisir ou la carte de prostituée de Marthe Richard. Camille Emmanuelle rassemble ses découvertes dans un guide volumineux de spectacles, d’expérimentations et lieux de divers fantasmes. Là encore, les temps ont bien changé, Ils ont muté, L’euphémisme est roi : le club échangiste devient club libertin ; la pornographie : pornésie. C’est la littérature qu’on évoque à Pigalle et le « love-shop » a remplacé le « sex-shop ». Paris, capitale des plaisirs s’est boboïsé, gentrifié et une limonade au musée de la vie romantique devient érotique comme la dégustation de baguettes en forme de phallus à la boulangerie « Legay » dans le Marais. Il s’est beaucoup féminisé aussi, gadgets ad-hoc, boutiques bling-bling, salons d’épilation, lesbianisme rose bonbon. Il y gagne en humour ce qu’il perd en authenticité. Les boutiques de DVD et les cinémas pornos ont disparu, victimes d’Internet. Les maisons closes sont maintenant des objets de fantasmes pour visites guidées. La prostitution est interdite. Finies les radasses, les accrocheuses, les grues, les ribaudes, les garces, disparues les salopes, les greluches, les pouffiasses, les gonzesses. Reste en définitive la question en suspens : s’amuse-t-on autant aujourd’hui qu’autrefois ? Probablement ! À condition d’avoir beaucoup de temps libre et un peu d’argent, ou l’inverse. Ceux-là, celles-là maintenant, trouveront dans ce guide les fameux “bons plans” à tester. Pour les autres, reste la certitude qu’à Paris, sa vie peut changer en une journée.
    D.L


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