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    Paris et la photographie de Virginie Chardin

    Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours. Voilà le programme de cet hommage rendu à Paris par cette passionnée de l’histoire de la photographie. Sélection photographique certes, avec des prises de vue célèbres, d’autres moins, certaines étranges, mais surtout assorties d’un récit et d’une scénographie haletante au sujet des héros de l’image. L’auteur y met sa connaissance immense, une photo vaut cent mille mots, c’est tellement mieux quand ils sont à proximité…

    Ce livre se regarde comme une exposition, mais se lit comme  un roman : le roman de la photographie, qui commence à Paris le 7 janvier 1839 lors de l’annonce officielle de l’invention par François Arago à l’Académie des Sciences. Naissance médiatique, en fait, puisque la première photographie date de mai 1816, quand le premier procédé d’impression d’image est inventé par Nicéphore Niepce, un savant autodidacte connaissant peu l’optique, mais très doué pour l’expérimentation. Il s’associe en 1829 avec Louis Daguerre pour perfectionner le dispositif magique et le rendre présentable mais mourut en 1833 avant d’atteindre son but. L’associé perpétua l’héritage et mis au point en 1938 une véritable révolution technique. Le procédé fut associé à son nom et révélé de manière formelle à l’Académie le 19 Août de l’année suivante, acte décisif qui donna à Daguerre une réputation internationale considérable. Quelques jours plus tôt, la chambre avait déclaré “faire don au monde de cette invention extraordinaire dont la France s’honore”.

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    Par cette annonce, le natif de Cormeilles-en-Parisis coupa l’herbe sous le pied à son concurrent anglais William Talbot qui avait, lui aussi, réussi à obtenir des résultats comparables dès 1835. Peu soutenu par son pays, en dépit d’une annonce à la “Royal Society” en janvier 1839, il laissa filer la gloire.  

    Peu de temps après, en octobre 1839, un fonctionnaire du ministère des finances, Hippolyte Bayard, parvint à faire une démonstration devant une Académie des Beaux-Arts enthousiaste d’un procédé de fixation d’images positives directes sur papier, supérieur à tout ce qui avait été produit jusque-là. Mais il était déjà trop tard. Déçu et découragé, il publie une photographie de son corps à demi-nu, la tête et les mains noircies de ce que chacun pensait être son cadavre après un suicide par noyade. Photographie émouvante de la première mise en scène de fiction. Daguerre avait gagné et le Daguerréotype était né.

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    Cette invention provoquera bientôt une effervescence de création dont Paris sera naturellement la bienheureuse marraine, capturée dans tous les sens par de très nombreux admirateurs et qui explique qu’on dispose aujourd’hui d’autant de photos de Paris au XIXe siècle.  Gustave Le Gray, Charles Nègre, Charles Marville, Paul et Felix Nadar, qu’on retrouve avec bonheur dans ce livre jusqu’à aujourd’hui Yann Arthus-Bertrand en passant par Man Ray, Brassaï, Doisneau, Robert Capa etc. Clichés souvent en rapport avec l’actualité du moment, les personnages, les révolutions, les guerres, les changements du visage de cette ville. Après la genèse, c’est la permanence de cette aventure sur près de deux siècles que nous conte avec passion et précision l’auteur de ce livre d’histoires extraordinaires.

    D.L

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