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    Fashioning Fashion : deux siècles de mode européenne aux Arts Décoratifs




    Les Arts Décoratifs accueillent une prestigieuse collection déjà présentée au Los Angeles County Museum of Art (LACMA) puis au Deutsch Historisches Museum de Berlin. L’exposition chronologique montre, au travers d’une centaine de silhouettes masculines et féminines, l’évolution de la mode et de ces accessoires qui furent joliment portés pendant deux siècles par plusieurs générations. Une occasion discrète et rare de se rapprocher des élégantes et des dandys en dehors des expositions blockbuster…

    Robe à la française, Angleterre, vers 1765 Satin et façonné de soie La scénographie soignée de Frédéric Beauclair permet à chacun de trouver son compte dans l’esthétisme, la beauté des lignes, l’exotisme ou l’objet rare, il nous raconte une histoire. Elle s’écrit dans la technique, avec luxe et suit les évènements. Si la mode passée depuis peu passe pour ridicule, les anciennes modes restent toujours des curiosités.

    L’élégance Française est souveraine au XVIIIe siècle et l’étiquette stricte de la cour s’accompagne toujours de distinction et de mesure. Les tissus sont fabriqués en France mais l’inspiration peut provenir d’ailleurs, souvent d’Orient. La Française du siècle des lumières exerce un pouvoir de séduction qui ne sera jamais égalé et dont le raffinement de la toilette n’a d’égal que celui de son esprit : exquis, vif, gai Gilet pour l’Europe, vers 1740 Textile chinois, faille brodée de soie et trompeur. Dès sa petite enfance, elle porte les paniers, le corsage baleiné et les manches au-dessus du coude qui, sa vie durant, seront toujours plus extraordinaires. L’habit masculin est également paré d’originalités et d’élégances. Il peut être bleu, vert, blanc ou rouge, souvent brodé, boutonné quand celui qui le porte est poudré et chapeauté d’un tricorne. Son rang social, attribut fondamental est visible dans l’accessoire ou dans la couleur.

    Anglomanie : Robe redingote, vers 1790 Soie, coton La tenue, la splendeur et l’élégance qu’imprimait l’Aristocratie française à la mode cessera avec l’Anglomanie. De l’autre côté de la Manche, le fermier arbore des tenues sobres et fonctionnelles qui permettent de monter à cheval et qui sont plus conformes à la discrétion protestante qu’à l’ostentation catholique. L’habit sombre s’imposera désormais dans la garde-robe masculine et, au siècle suivant, rien ne distinguera vraiment le gentilhomme français du gentleman anglais. La ruine qu’apporte la Révolution consacre également la tenue sobre à l’anglaise, gorge fermée et longues manches avec le fichu pour les femmes et le frac grand ouvert sur le gilet pour les hommes. L’heure n’est plus à la parade. Elle n’allait pas tarder à reparaitre. La Révolution terminée,  la merveilleuse et incroyable Teresa Cabarrus arrive chez Barras, à la fin de 1798,
    avec une robe de mousseline très ample, tombant en larges plis autour d'elle, tunique de statue grecque ; les manches rattachées sur le bras par des boutons en camées antiques sur les épaules, à la ceinture, d'autres camées servaient d'attache ;  à l'un des bras, un serpent d'or émaillé dont la tête était une émeraude et beaucoup de bijoux, aux bras, aux doigts, au cou”…  l’Anticomanie triomphe.


    Anticomanie Empire Robe et châle, 1820 Gaze de coton brodé Dès 1804, l’Empire reprend l’étiquette de l’Ancien Régime. Consacré par la belle Créole, qui impose son goût et la mode comme la Pompadour en d’autres temps. Joséphine porte la longue robe blanche à taille haute, décolleté carré et manches en ballon fixe ; la ligne indispensable à la nouvelle noblesse qui aime autant la dorure des uniformes que les atours exotiques rapportés d’Italie avec ses antiques, d’Egypte comme le schall cachemire voire même des pelages de Russie. L’habit d’homme se couvre de la redingote ou du carrick à étages et sa tête du haut-de-forme. La couleur refait son apparition, dans la cravate par exemple, comme le signe de l’opulence recouvrée.

    “L'Impératrice avait, comme la plupart des grandes élégantes de l'Empire, la curieuse préoccupation d'assortir toutes ses toilettes à la couleur du mobilier qui devait lui servir de décor et de repoussoir ; une robe d'un bleu mourant convenait aux salons de brocatelle jaune et une robe de Cour en velours vert myrte s'encadrait seulement dans des tentures de damas de soie ponceau”  Les Modes de Paris 1797-1897, par Octave Uzanne

    L’Empire oublié après Waterloo, la mode consacrera le retour au passé, nostalgies d’un monde qui n’est plus, dans le romantisme puis le dandysme. Veste, Angleterre, et pantalon, Ecosse, 1825-1830 Veste : drap de laine Pantalon : crêpe de soie L’élégance vestimentaire décore une « nouvelle aristocratie non plus de naissance, ou de la guerre, mais de l’esprit ». Soucieux de leur silhouette, les hommes ont pantalon ajusté, taille serrée, allant jusqu’à porter corset, chemise et gilet qui leur donne une allure de guêpe. Les femmes portent la jupe en cloche avec les jupons très ajustés à la taille. L’amplitude des manches leur donne une allure de sablier caractéristique et parfaitement  charmant lorsqu’elles portent le fichu à bride noire.

    Robe, 1855  Mousseline de coton En 1858, les cerceaux métalliques des crinolines Thomson libèrent les jambes des multiples jupons portés auparavant. Ce ne sera pas le seul apport de la révolution industrielle. La production en série, grâce au métier Jacquard ou à la machine à coudre qui est inventée en 1830 par Barthélémy Thimmonier permettront de libérer la production du sur-mesure. De nouveaux colorants artificiels permettent aux femmes d’arborer des tenues aux coloris tapageurs.Robe, France, vers 1885 Taffetas de soie Ce sera le cas du mauve, colorant chimique, imposé à la nouvelle cour impériale par Eugénie de Montijo ou la reine Victoria. Vers 1870, la tournure remplace la crinoline. Cette demi-cage baleinée accentue la cambrure des reins en rejetant l’ampleur de la jupe à l’arrière, c’est le fameux faux-cul.

    Turban, Paul Poiret, porté par Denise Poiret, 1911, porté pour « La mille-et-deuxième nuit »Au tournant du siècle, les influences internationales, particulièrement du Japon ou d’Orient seront décisives dans l’invention de nouvelles formes, à l’image de ce que fut l’Art nouveau en architecture et ses lignes courbes très féminines. Ces nouveautés, particulièrement esthétiques et harmonieuses, ces colliers de perles, ces plumes, seront la source du chic et de la fantaisie de la Belle époque et ouvriront la voie à la haute-couture, en réaction à une industrialisation devenue trop visible. Paul Poiret ouvre sa maison de couture en 1904 comme un nouveau jalon d’une élégance individualisée et d’un luxe désormais signé, soigné et définitivement artistique. Jusqu’au Cataclysme.


    Vidéo enregistrée au LACMA, La scénarisation est bien meilleure aux Arts Décoratifs mais les vidéos moins détaillées.

    Du 13 Décembre au  14 Avril 2013 aux Arts Décoratifs - 107 rue de Rivoli
    http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/mode-et-textile/expositions-70/actuellement-447/fashioning-fashion-deux-siecles-de/presentation-3059

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