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    Royal Affair de Nikolaj Arcel






    Sorti mercredi en salle, ce film danois explore l’histoire peu connue du souverain Christian VII de Danemark, atteint de ce qu’on pense être la schizophrénie et des luttes de pouvoir dans son entourage proche. D’excellents acteurs aidés d’un scénario crédible, bien construit et sans excès raniment l’époque où la philosophie et les “lumières”  se propageaient dans toute l’Europe. Une histoire d’Amour, également, entre la reine Caroline-Mathilde de Hanovre, épouse de Christian VII, sœur cadette du roi d’Angleterre George III avec le médecin personnel du Roi, le comte Johann Friedrich Von Struensee, tout acquis aux idées de Voltaire et de Rousseau


    L’action se situe à Copenhague entre 1769 et 1772, le médecin allemand gagne l'amitié du jeune roi fou par sa thérapie et l'amour de sa femme par son tempérament “éclairé” de connaissances littéraires. Il s’ensuit un abandon progressif du pouvoir royal entre les mains du nouveau venu qui heurte les intérêts de la classe dirigeante : les anciens conseillers, le clergé et tous ceux qui voient d’un assez mauvais œil le parvenu diriger le pays par son ascendant sur la famille royale et le lit de la reine.

    L’histoire est relatée avec soin et précision, tout en conservant les traits psychologiques supposés des protagonistes. Les actions pour la variolisation, les lois pour la suppression de la torture, de la censure, du servage, des corporations et une gestion sérieuse des dépenses sont inspirées des idées en provenance de Londres ou de Paris et circulaient également à la cour de Sans-Souci, à Petersburg ou à Vienne, et souvent en resteront là.

    Un bémol toutefois dans cette vision de la lutte entre les “anciens” et les “modernes” :  une certaine confusion, souvent entretenue il est vrai, entre l’esprit de la philosophie et celui de justice sociale, ce qui peut paraître simpliste, voire anachronique. Dans l’ensemble, les personnages font plutôt penser à de grands bourgeois qu’à des aristocrates. En voulant gommer l’expression et les attributs de la classe sociale dominante, on se prive de la nuance majeure qui existe entre un changement dynastique visant à développer l’affairisme et une révolution sociale. Il est probable que si cette “royal affair”  avait réussie, on pense à l’exemple du Portugal avec le marquis de Pombal, le résultat aurait plutôt ressemblé à la première qu’à la seconde.
    À voir. Un bon moment, même si le scénario peut paraître convenu.




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