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    Faut-il réécrire le Moyen Âge ?




    Le moyen âge est il réellement cet  âge sombre tant dépeint : le temps des « grandes invasions », celui d’un Clovis enfin chrétien ou  des peurs millénaristes ? Et si l’Histoire que nous connaissons, écrite par Edward Gibbon au XIXe siècle dans son célébrissime Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (1776) était simplement la vision d’un homme des lumières, la traduction des idées de son temps sur Rome et sur le Christianisme ? celles de Locke et de Montesquieu. Le verdict de Gibbon sur le Moyen Âge est contenu dans cette déclaration fameuse : « J'ai décrit le triomphe de la barbarie et de la religion ». Et si l’archéologie nous révélait tout simplement une autre histoire, aujourd’hui à réécrire…

    Vincent Charpentier reçoit Isabelle Cattédu, archéologue à l’Inrap



    Mal connu, le premier Moyen Âge s'étend de la fin de l'Empire romain au Moyen Âge classique. Sur ces sept siècles, du Ve au XIe , les clichés sont légion, des « invasions barbares » avec leurs lots de dévastations jusqu'aux pittoresques « rois fainéants », car nos connaissances n'ont longtemps reposé que sur des textes rares ou partiaux.
    Depuis les années 1990, l'archéologie a renouvelé nos connaissances grâce aux fouilles préventives, qui ont permis d'étudier paysages et habitats sur de vastes surfaces. Il s'en dégage une autre image du premier Moyen Âge. Là où l'on voyait une désertion des campagnes, on trouve un espace rural dynamique et une grande diversité d'habitats. À la place d'un brutal effondrement se dessine l'intégration d'étrangers aspirant à vivre dans l'Empire. Dans ce contexte de fusion d'héritages culturels et d'apports nouveaux, le christianisme suscite une restructuration de l'espace urbain, il bouleverse également les pratiques funéraires.
    Mérovingiens puis Carolingiens voient l'avènement d'un monde nouveau, dont l'archéologie révèle des pans entiers jusque-là ignorés. Émergent ainsi de ces « âges sombres » des maisons en terre et en bois dont l'archéologie retrouve la trace ténue, des habitats privilégiés, une agriculture dynamique dans des paysages ceints d'enclos, l'exploitation de la forêt, des pratiques d'élevage diversifiées, des rivières aménagées, de riches techniques artisanales... À côté de monuments emblématiques du pouvoir et de quelques trésors insignes, on voit apparaître des vaisselles de qualité, des outils, des accessoires vestimentaires, des monnaies, des bateaux, des églises rurales et des villes nouvelles.

    02. Des remparts, des évêques et des rêves... par Cite-architecture


                                       

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