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    Bicentenaire 1812 et la Campagne de Russie. Partie II : La Pologne



    Lorsque L’Empereur adresse une proclamation à son armée le 22 juin 1812 annonçant le commencement de la Seconde Guerre de Pologne, il énonçait plus ou moins clairement un objectif final à atteindre : la reconstitution de la Pologne. Il avait longtemps hésité par le passé à se rallier à une idée qu’il pensait difficilement réalisable. Durant la « Première Guerre de Pologne », dans l’hiver 1806-1807, il avait été frappé des divisions intestines agitant les Polonais et il avait réellement espéré un soulèvement massif qui n’avait pas eu lieu. Où se trouvaient les milliers d’hommes, les dizaines de milliers d’hommes espérés ? C’est en nombre de régiments, que l’Empereur pragmatique évaluait le désir d’indépendance et la force d’une Nation.
    Et en Pologne, il faut bien le dire, l’Empereur fut déçu. Certes, plusieurs milliers de Polonais se rallièrent à l’Empereur et formèrent des régiments d’élites qui devaient le servir avec une extraordinaire fidélité, rappelons-nous les lanciers de la Garde Impériale parmi d’autres exemples ! Certes, les Polonais avaient servi dans les armées de la Révolution, notamment et surtout après 1794 et la défaite de la Pologne, rayée de la carte et dépecée par les Prussiens, les Autrichiens et les Russes. Mais cette élite polonaise ne devait pas faire oublier les dissensions et les faiblesses d’une Nation assujettie. La malheureuse Pologne en 1806, se trouvait écartelée entre diverses fidélités, et beaucoup de Polonais par ailleurs servaient le Tsar Alexandre.
    C’est pourquoi, et au regard d’une paix à faire avec la Russie, l’Empereur n’avait pas recréé une nouvelle Pologne, un Royaume de Pologne, qui avait pourtant était espéré par de nombreux aristocrates polonais.

    Ce désir c’était concrétisé par la fameuse relation de l’Empereur avec son « épouse polonaise », la douce Marie Walewska, épouse du Comte Walewski et qui bien malgré elle s’était retrouvé au cœur d’une histoire politique et amoureuse dont elle fut finalement la victime consentante puis bienheureuse. Un fils fut même le résultat étonnant de cette union passagère qui avait fait espérer aux Polonais la renaissance de leur Patrie. Il fit une brillante carrière diplomatique en France et fut un grand personnage du XIXème siècle et il aimait à jouer de son ascendant, lorsque quelque imprudent courtisan venait lui évoquer, lui suggérer le nom de son illustre père, le Comte Walewski répondait avec malice et fierté : « Oui mon père le… Comte Waleswki ».
    L’Empereur sur le radeau de Tilsitt avait signé la paix avec le Tsar Alexandre et s’était contenté de créer un Grand-duché de Varsovie par ailleurs confié à un prince saxon. Grave erreur ont commenté certains historiens, qui aurait continué d’entretenir un paradoxe dangereux et des dissensions continuelles entre les différents patriotes polonais, les uns croyants à une Pologne libre sous l’égide de Napoléon, les autres se contentant d’une Pologne sous la couronne du Tsar Alexandre. Napoléon avait espéré de tout cœur l’alliance russe, comme une porte de sortie à une guerre interminable contre une Angleterre qu’il ne pouvait déjà plus vaincre, n’ayant plus de flotte de guerre digne de ce nom. Elle avait sombré dans d’héroïques combats comptant autant de défaites, Aboukir, Trafalgar, terribles pertes d’une puissance maritime dominée et vaincue.
    Mais Napoléon n’avait pu dominer et subjuguer son adversaire, le Tsar Alexandre, les offres alléchantes de domination du Monde avaient elles aussi sombrées, le Tsar Alexandre ne s’était pas montré hostile à l’Empire de Napoléon, mais la Russie s’était montrée inquiète et désireuse de sécurité et d’équilibre.

    La France lui faisait peur, la France par ailleurs était mise en échec en Espagne et l’Europe ne paraissait que figée pour un instant dans la main de Napoléon. Evasive, la Russie soudainement et malgré une longue attente formée d’espoirs et de négociations déçues de part et d’autre apparaît comme une ennemie. C’est ainsi que Napoléon revient à l’option polonaise, d’une manière il faut le dire assez calculatrice.
    Immédiatement, dès la guerre décidée la Diète Polonaise s’enflamme et réclamait de l’Empereur la reconstitution du Royaume de Pologne. Le 25 juin 1812, l’Empereur faisait dissoudre cette assemblée, car il espérait encore par sa modération ou le désir de garder une carte dans sa main, ne pas aller trop vite en besogne. Cette décision fut peut-être lourde de conséquence sur la suite, une déclaration officielle d’une proclamation d’un nouveau Royaume de Pologne aurait-elle pu changer l’histoire ? Personne ne peut le dire, mais il est certain que proclamer une Seconde Guerre de Pologne n’était pas proclamer la résurrection de la Pologne. C’est en suivant les pages du journal d’un autre témoin, Alexandre Bellot de Kergorre, dans son Journal d’un commissaire des guerres pendant le Premier Empire 1806-1821 que nous pouvons nous pencher sur les premiers évènements de la guerre polonaise de Napoléon :
    « Deux ponts de bateaux étaient disposés pour le passage en attendant que celui de Kowno fût rétabli. Nous traversâmes sur un de ces ponts et prenant à gauche, nous gagnâmes cette dernière ville, où l’Empereur s’était rendu le soir du passage. Là se forma le premier entrepôt de l’armée : les subsistances nous arrivaient d’Elbing par mer, y étaient déchargées, et ensuite, plus tard, dirigées sur Wilna où s’établit une commission de navigation sur la Wilia, rivière peu navigable, mais qui nous servit beaucoup […] Après quelques jours, nous gagnâmes Wilna, éloigné de trente lieues. L’orage avait été si affreux que nous avions perdu une énorme quantité de chevaux, quarante mille, disait-on ! Les cadavres de ces malheureuses bêtes couvraient la terre, l’air en était infecté et un général fut chargé de les faire enterrer par mesure sanitaire. La route de Kowno à Wilna passe d’abord par Razumusky, puis par Imory et par le château donné par l’Empereur Alexandre au général Bennigsen, pour prix de ses services, et qui avait été pillé de fond en comble. Peu de jours auparavant, on y avait offert au Czar une très belle fête, le jardin avait été planchéié, et Sa Majesté moscovite y avait beaucoup dansé avec une des plus jolies femmes de Lithuanie […] L’Empereur Napoléon qui avait pris la possession de la ville (de Wilna, aujourd’hui Vilnius) le 28 (juin 1812) y établit un gouvernement, les députés fédérés de Varsovie s’y rendirent et le rétablissement de la Pologne déjà opéré sur le papier fut déclaré à l’assemblée qui eut lieu dans la cathédrale, et où toute l’élite de la noblesse polonaise se trouvait. Le Comte de Pack pour célébrer cet évènement donna le 14 juillet suivant un bal, auquel je fus invité, les premières danses nationales furent exécutées par les plus jolies femmes, le luxe régnait dans cette solennité couronnée par un repas splendide, contrastant avec la difficulté que nous éprouvions de nous procurer des vivres autres que ceux qui provenaient de la boucherie de l’armée».

    Kergorre fait ici quelques erreurs bien pardonnables, car si le bal eut bien lieu, ce qui fut installé à Wilna fut une Commission administrative de Lituanie chargée d’administrer les territoires libérés ainsi que ceux de la Russie Blanche (l’actuelle Belarus). Au grand regret de beaucoup, la Pologne ne fut pas rétablie par l’Empereur à cet instant, étrange comportement que Napoléon a tenté de justifier à Sainte-Hélène en évoquant son désir de mesurer en Lituanie la volonté d’indépendance des Polonais. Il est plus probable comme nous l’avons déjà dit que l’Empereur ménageait ici la Russie d’Alexandre au moment même où il l’envahissait avec une gigantesque armée… Etranges et tortueux chemins que ceux de l’histoire, la Lituanie devait tromper les espérances de l’Empereur qui ne devait pas avoir le temps de toute façon d’installer un pouvoir pérenne dans ses régions reculées et lointaines.
    La Pologne devait attendre longtemps encore son indépendance et ses soldats devaient mourir encore nombreux pour l’Empereur jusque sur le champ de bataille de Waterloo à l’exemple des lanciers de la Garde. L’un de ces Polonais le Prince Poniatowski, reçut également à titre posthume, ayant eu le malheur de se noyer à la fin de la bataille de Leipzig en 1813, le bâton de Maréchal de FranceComtesse Marie Walewska (1786-1817), maîtresse de Napoléon mais rarement une alliée qui fut aussi fidèle à la France ne fut si mal payée de ses sacrifices. Ils ont pourtant tissés des liens éternels entre les deux pays jusqu’à nos jours. Entre Napoléon et Marie Walewska, entre la France et la Pologne, il y aura toujours une histoire d’amour.

    La Cavalerie
    Les lanciers polonais de la légion de la Vistule furent les premiers à franchir le Niémen et à pénétrer en Russie, ainsi que les premiers à entrer plus tard à Moscou.

    Une des caractéristiques de la Campagne de Russie ce fut l’engagement et le rassemblement d’une gigantesque cavalerie dans les rangs de la Grande Armée. Cette cavalerie extrêmement nombreuse pour l’époque ne doit pas faire oublier que cette armée utilisait également les chevaux dans toutes les autres armes et services. Combien de chevaux furent-ils ainsi utilisés durant la Campagne ? A ce jour, les historiens n’ont toujours pas donné de réponses satisfaisantes, 150 000 ? Beaucoup plus ? Nous serions en peine à l’heure actuelle de répondre. Il faut toutefois s’imaginer l’aspect qu’avaient les colonnes impériales en marche, les centaines de canons avec leurs attelages, les ambulances, les caissons d’artillerie, les caissons de munitions, les voitures des cantinières, des Etats-majors, des services cartographique, de la Poste, mais aussi les forges roulantes, les cuisines roulantes et les nombreuses charrettes et autres voitures ramassées plus ou moins sur la route pour transporter vivres, eau-de-vie, havresacs et combien encore de matériels différents ?

    Car le cheval à cette époque est la seule force motrice utilisée, mis à part les bras de l’homme qui ici ou là donne la main pour le passage difficile des pièces d’artilleries ou des voitures. Il est une des épines dorsales de l’Armée, il sert à porter, à transporter, il sert aux reconnaissances, il sert à briser. A cette époque, la Cavalerie napoléonienne était divisée en trois grandes catégories, la cavalerie légère, la cavalerie de ligne et la grosse cavalerie. La première formée des Hussards et des Chasseurs à Cheval avait la tâche d’éclairer l’armée, mais aussi d’aveugler l’ennemi et de le poursuivre le cas échéant. La seconde formée des Dragons et des Lanciers avait une tâche mixte. La dernière la plus prestigieuse, formée des Cuirassiers, des Carabiniers et des Grenadiers à Cheval avait un rôle de choc, d’écrasement de l’adversaire dans les batailles.
    Cette Cavalerie dont les meilleures unités étaient rassemblées dans la Garde Impériale a fait la légende impériale, et l’a rendu immortelle. Les Chasseurs à Cheval de la Garde portaient le nom « d’immortels » ou « d’invincibles », sobriquets qui leur fut donné par les autres composantes de l’Armée car ils avaient la charge de l’escorte de l’Empereur et ne voyaient de fait que bien rarement le feu… il aurait toutefois mieux valu ne pas avoir à le dire en face de l’un de ces glorieux vétérans ! Les Cuirassiers étaient surnommés « les gros frères », car ils étaient choisis parmi les hommes les plus grands et les mieux battis et se trouvaient juchés sur de gros chevaux capables de les porter, eux et leurs cuirasses étincelantes. Quant, aux Hussards, mauvais garçons par excellence, leur courage et leur propension à tirer le sabre en duel a été mise à l’image dans le magnifique film de Ridley Scott, Les duellistes.

    Durant les guerres de la Révolution et de l’Empire, la Cavalerie française avait connu une évolution constante. Aux débuts de ces guerres, elle avait une réputation d’infériorité par rapport à ses homologues prussienne, russe et surtout autrichienne, mais au fil du temps et des combats, elle était devenue la meilleure de toute l’Europe. Le Duc de Wellington lui-même, après la guerre, avait déclaré que la Cavalerie française était la plus mal montée mais la meilleure cavalerie du Monde tout en affirmant qu’il n’aura pas aimé voir s’affronter un escadron français et un escadron anglais, sachant d’avance le résultat ! Lorsque ce grand général anglais parlait des montures de la Cavalerie française, il faudrait dire que celle-ci était passée par le désastre de la Campagne de Russie.
    En effet, si les hommes eurent à souffrir atrocement dans cette campagne, les chevaux furent des victimes encore plus fragiles… décimés dans la marche allée par les fatigues, l’ingestion de blés verts et la désastreuse conduite du Maréchal Murat, jamais économe des hommes comme des chevaux, les chevaux furent ensuite décimés dans les batailles, éreintés dans la retraite, mangés enfin… dernière ressource des survivants. La perte des chevaux fut une catastrophe pour l’Empire de Napoléon. Ils avaient été réquisitionnés dans toutes les parties de l’Empire, les zones rurales et les centres de Remonte, comme celui de Versailles avaient fourni le maximum, car les besoins en chevaux de la Grande Armée étaient colossaux. Malgré les efforts, leur nombre n’était pas suffisant lors de l’entrée en campagne et les Français durent faire main basse sur toutes les montures des contrées russes qu’ils traversèrent.
    La perte subie en chevaux, laissa après la campagne, l’Armée française démunie avec une cavalerie squelettique. Sa qualité était toujours exceptionnelle en 1813 et 1814, mais jamais l’Empereur ne put à nouveau réunir 50 000 ou 60 000 cavaliers comme ce fut le cas en 1812. Et sans cavalerie, sans l’art de l’association des trois armes que sont l’infanterie, l’artillerie et la cavalerie, il est impossible de vaincre de manière nette et définitive. Finie les poursuites légendaires d’un ennemi aux abois ! Terminée les géniales manœuvres permises par l’omniscience d’une cavalerie légère paralysant l’ennemi et l’empêchant de se renseigner. En partie aveugle, l’Empereur dans les années 1813 et 1814, va se trouver en mauvaise posture non pas par le défaut de soldats, mais bien par le défaut de Cavalerie. Ces chevaux en effet avaient été perdus en Russie, engloutis dans le cataclysme de cette malheureuse campagne.

    A plusieurs reprises, notamment et surtout en 1813, à Bautzen en particulier où les russes et les prussiens étaient sur le point d’être totalement écrasés, l’Empereur ne put achever ses victoires, l’ennemi pouvant se protéger dans sa retraite par une abondante cavalerie, les Français étant empêchés de les poursuivre et de les anéantir. C’est dans cette immense perte en chevaux, en particulier, que l’Armée impériale doit pour une grande part sa défaite finale. Certes, cette cavalerie glorieuse allait continuer d’en imposer dans toutes les batailles qui suivirent après la campagne de Russie, mais jamais elle ne put retrouver sa force initiale. Elle devait mourir sur les pentes de Waterloo glorieusement, dans la « Morne plaine » de Victor Hugo.
    Durant la campagne, les Français gaspillèrent, nous l’avons dit beaucoup par les imprudences du Maréchal Murat, la vie des chevaux. Ils purent compenser en partie sur le terrain et par des prises en s’emparant de petits chevaux russes, très robustes mais aussi impropres à mouvoir correctement des charges aussi lourdes que les charrois de l’artillerie. Le destin de ces animaux fut cruel et pathétique. Leur perte fut irréparable, et s’aggrava considérablement dans la poursuite de la guerre en 1813 et 1814. Les témoins de l’époque furent particulièrement marqués par l’hécatombe de chevaux. Le Comte de Ségur dans ses mémoires indique que dans la marche sur Vilna à la fin de juin, environ 10 000 d’entre eux laissèrent déjà leurs os sur les routes de Russie :
    Alexandre Bellot de Kergorre dans ses mémoires notamment écrivait :

    « Par des chaleurs accablantes, la privation d’eau était affreuse, les villages sont très éloignés les uns des autres, nous arrivions en grand nombre, les premiers épuisaient les puits, les derniers mourraient de soif. Les mares étaient pleines de chevaux morts et nous étions obligés d’en boire l’eau puante et épaisse. J’ai souvent fait la soupe avec un liquide vert et sirupeux, avant d’y jeter ma viande, j’y faisais bouillir du charbon, je l’écumais et l’eau devenait un peu plus limpide, avec cette précaution le potage n’était pas nuisible à la santé. Comme vin, nos cantiniers nous vendaient fort cher une espèce de décoction de bois de teinture à laquelle de la bonne eau fraîche eût-été, certes, bien préférable »

    Et le Général Griois dans ses mémoires commentées par le célèbre historien militaire A. Chuquet écrivait de son côté :

    « Notre corps resta je crois, quatre jours pour aller de Kovno à Wilna. Le deuxième jour, la pluie commença et nous bivaquâmes à Novo-Troki, où nous ne trouvâmes aucune ressource. Une très grande abbaye, entourée de hautes murailles, est bâtie sur une hauteur qui domine le village et un petit lac. La température se refroidit tout à coup et une pluie froide qui ne cessa pas jusqu’à Vilna rompit bientôt les chemins. Les chevaux, mouillés pendant le jour et dépourvus d’abri pendant la nuit, n’avaient d’autre nourriture que du seigle vert et mouillé. Ils succombèrent en grand nombre, la route était couverte de leurs cadavres, et pendant ces trois jours l’armée perdit au moins le quart de ses chevaux d’artillerie et un grand nombre de ses chevaux de cavalerie, quoique en moindre proportion à cause de la différence de fatigue qu’ils avaient à essuyer ».

    Lorsque Griois écrit ses lignes, il raconte les évènements qui se passèrent à la fin du mois de juin et le tout début du mois de juillet 1812… La route jusqu’à Moscou et le retour jusqu’au Niémen allait décidément être très longue. Les chiffres que nous connaissons sur le retour de la Campagne de Russie au-delà du Niémen en janvier 1813 sont également imprécis. 2 000 ? C’est un nombre qui est certainement proche de la vérité, la race chevaline elle aussi avait durement contribuée aux gloires impériales. Il restait si peu de cavaliers montés sur la fin de campagne, qu’il fut même formé un escadron de légende avec tous les hommes possédant un cheval encore apte à le porter : L’escadron sacré. Hommes et chevaux connurent ici comme dans d’autres moments de l’histoire un destin commun, un tragique destin, l’homme fut-il tant que cela l’ami du Cheval ?
    Source : Laurent Brayard http://french.ruvr.ru/2012_06_24/Campagne-de-Russie-1812-histoire/ La Voix de la Russie Голос России



    Extrait de la charge de cavalerie d’Eylau du colonel Chabert par Y.Angelo(1994) sur la musique de F.Schubert.


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