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De l'impression au rêve. Paysages de Henner

De l'impression au rve. Paysages de Henner
Du 1er février au 2 juillet 2012, le Musée national Jean-Jacques Henner présente
l'exposition « De l'impression au rêve. Paysages de Henner ». Construite à partir de plus quatre-vingt-dix peintures et dessins sortis de ses réserves et restaurés, elle propose au
visiteur de découvrir dans cette authentique maison-atelier d'artiste, comment Jean-
Jacques Henner (1829-1905) invente, au fil des années, sa peinture de paysage et son langage pictural.

Alors qu'une partie des artistes de la deuxième moitié du XIX° siècle s'efforcent de témoigner de leur temps en empruntant leurs sujets dans la vie quotidienne et en utilisant des techniques novatrices, dites impressionnistes, Henner suit d'autres voies. Il construit
un univers qui lui est propre où la réalité observée se transforme en vision onirique. Dès 1864, après cinq années passées comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, il abandonne la peinture « d'après nature ». Inspiré par les maîtres anciens, poètes ou
peintres, il invente, en atelier, un paysage idéal. Nus bucoliques, nus idylliques, nymphes et autres naïades peuplent un paysage rêvé, celui de son Alsace perdue.
L’Alsace observée, l’Alsace rêvée : Jean-Jacques Henner puise ses premiers sujets dans son environnement immédiat (la
route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix). Il porte d’abord son attention sur le rendu réaliste des détails qui caractérisent certaines scènes puis abandonne cette démarche. Les buissons, les arbres et les étangs observés dans la campagne alsacienne
deviennent dès lors des formes colorées. Il s'attache plus volontiers à restituer des effets atmosphériques (Vallée de Munster, crépuscule après l'orage).

La Fascination de l'Italie : En 1858, Jean-Jacques Henner obtient le Grand prix de Rome de peinture et passe cinq années comme pensionnaire à la Villa Médicis. L'Italie est, pour lui, une véritable
révélation. Influencé par Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) et Camille Corot (1786-1875), il s’exerce à restituer la réalité des toits, des maisons et des ruelles, des arbres et des rochers, des torrents, des montagnes et des volcans, de la mer sous des lumières différentes (Baie de Naples). S’imprégnant des jeux de lumière et des ombres portées, étudiant formes et volumes, il se constitue un véritable répertoire.
L'Alsace perdue, l'Alsace sublimée : A partir des années 1870 et jusqu'à la fin de sa vie, Henner peint de rares tableaux de
paysage. Vue de Cernay, Alsace, dit de Troppmann Kinck illustre parfaitement son traitement personnel de ce genre pictural. L'évocation est réduite à quelques motifs, un
buisson, un étang, une prairie et quelques couleurs, brun, bleu, vert. Il confère à ce paysage pur, symbole de l'Alsace perdue et dont il rêve, un caractère immuable et intemporel. Il le peuple de nus féminins, nymphe ou naïade, qui empruntent des poses inspirées par Titien. Intitulés Idylle ou Églogue, ces tableaux sont empreints d'une poésie
qui a marqué les visiteurs des Salons comme Sarah Bernhardt : « Quand je m'arrête devant l'Églogue de M. Henner, je me repose devant ce calme, j'écoute cette musique et je m'enveloppe de poésie ».
La Recherche d'un idéal : Dans les années 1880, tout en répondant aux demandes nombreuses des amateurs et marchands en peignant des variantes des tableaux appréciés au Salon, Henner poursuit
ses recherches autour des compositions avec un seul nu féminin. Qu'ils s'intitulent Fontaine ou Source, ces tableaux semblent plus être des déclinaisons d'un seul et même sujet, une figure, debout ou assise, de profil, de face ou de dos réduite à une forme nacrée
se détachant dans un ciel bleu. Il ne s'intéresse pas au sujet de ses tableaux: « Que m’importe le sujet dans un tableau ? Voyez telle oeuvre. Qu’y a-t-il ? Deux taches blanches qui sont des femmes, sur une tache verte et une tache bleue, qui forment un fond d’arbres et un ciel. Où est le sujet ? ».

Henner résume ainsi sa démarche créatrice : « Je rêve quelque chose et je n'arrive pas à réaliser mon rêve; il faut trouver la forme et la couleur appropriée ».



Jean-Jacques Henner  (Autoportrait)
Communiqué du Musée national Jean-Jacques Henner - 43 avenue de Villiers 75017 Paris - www.musee-henner.fr / www.henner-intime.fr (blog) – Exposition d
u 1er février au 2 juillet 2012.

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