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    Exposition Sarah Bernhardt au musée Maxim’s


    En 1905, Sarah Bernhardt joue Floria Tosca au théâtre lyrique de Rio de Janeiro. Elle s’apprête à mourir pour la millième fois, elle se prépare pour sauter d’un château Saint-Ange en carton pâte, scène finale de la tragédie et regarde insensiblement la fosse : elle voit qu’ils ont oublié le matelas. La grande tragédienne décide alors de sauter « Quand même »Étoile et se fracasse une jambe. De cautérisations ratées en tuberculose, on finira par lui couper la jambe. Cela ne l’empêchera pas de poursuivre jusqu’à la fin, en 1923, une carrière extraordinaire commencée soixante ans plus tôt !

    Elle sera la seule à avoir droit à une journée nationale en son honneur de son vivant (09/12/1896), un privilège que même Victor Hugo, un de ses admirateurs, n’a pas eu. Première femme aussi à figurer sur un timbre poste, elle laissera pourtant des liasses de dettes et tous ses biens seront vendus et dispersés. Il restera le souvenir de la Belle Epoque, de son talent et une montagne de témoignages élogieux. C’est bien cette atmosphère que le musée Maxim’s et particulièrement Pierre-André Hélène font revivre au milieu des collections exceptionnelles Art Nouveau de Pierre Cardin. De l’étrange au sublime, au milieu des lampes extraordinaires en pâte de verre de Tiffany, où les courbes magiques du mobilier et les miroirs d’argent embellissent un appartement d’une courtisane de cette époque qui, pourtant, ne dura qu’une quinzaine d’années. lampe Art NouveauVous verrez, entres autres, le merveilleux miroir aux fantasmagories dans lequel la Diva s’observa pendant quinze ans. Des œuvres signées Gallé, Majorelle, Gaillard, Massier ou même Sarah Bernhardt. Un décor à couper le souffle…

    Maxim’s doit sa fortune au génie de Maxime Gaillard et d’Eugène Cornuché qui surent faire de leur restaurant un endroit célèbre autour des années 1900. Ils poussaient des courtisanes tranquilles à “faire la devanture” afin que les beaux messieurs qui passaient rue Royale puissent les admirer jusqu’à entrer dans le restaurant, accompagnés, ou pas,  de leurs propres conquêtes. C’est l’époque de la belle Liane de Pougy et de Caroline Otéro. Sarah, elle-même, est fille de courtisane et née de père inconnu, mais recommandée par Morny, amant de sa mère. Une soirée au restaurant durant la Belle EpoqueLa jeune artiste sera le porte-bonheur du restaurant. Courtisane elle-même, mais surdouée des planches, elle parviendra à surpasser l’insurpassable, Adrienne Lecouvreur, Réjane, Rachel, dans des rôles souvent mythiques : Phèdre, Cléopâtre, Hamlet, L’Aiglon, Jeanne d’Arc. Magnifique dans un jeu lyrique et emphatique qui fît merveille  autant que ses affiches dessinées par Alfons Mucha. Lorsqu’elle mourait sur scène, ses yeux révulsaient et ne laissaient qu’apparaître uniquement le blanc ce qui provoquait une impression terrible dans l’assistance. Sarah adorait mourir. Elle fut Cordelia mourante dans les bras du Roi Lear, imaginez la scène...


    “Dès les premières répliques de cette voix vivante et adorable, il m’a semblé que je la connaissais depuis toujours. Cette façon d’enjôler, d’implorer, d’étreindre ; incroyables, les attitudes qu’elle prend, la manière dont elle se serre contre quelqu’un, sa façon de mouvoir ses membres et la moindre de ses articulations. Curieuse créature…”  Sigmund Freud après avoir vu “Théodora” à la porte Saint-Martin.

    Sculpture de François Sicard, place du Gal Catroux - Crédit photo: Sacha Lenormand
    A la fois divine et scandaleuse, elle aura un fils, Maurice et de nombreux amants, mais surtout une amitié profonde avec celle qui fit d’elle certains portraits que vous pouvez voir à l’exposition : Louise Abbema. Amie d’avant, de maintenant et de demain dans l’au-delà comme elle disait. Sarah vivait au 56 boulevard Pereire, au milieu d’une cohorte d’animaux exotiques comme le fameux crocodile aligaga qu’elle abattît elle-même d’un coup de révolver après qu’il eût dévoré son fox-terrier. Exotique, au point de vouloir se faire greffer une queue de tigre au bas des reins … elle mettait en scène sa vie comme personne ne le fît avant elle. Ce qui lui valut une publicité internationale jusque dans les plaines de l’ouest américain où elle joue Phèdre devant des indiens, ou au tréfonds de la forêt amazonienne, à Manaüs, quand on construit un opéra pour elle.

    Sarah Bernhardt dans le rôle de Doña Maria dans Ruy Blas. Tableau de Georges Clairin (1897).Beaucoup de rumeurs circulaient aussi autour de son excentricité : On disait  qu’elle jouait avec une jambe de bois suite à son accident, ce qui était faux, elle jouait assise. Qu’elle prenait des drogues et surtout qu’elle dormait dans un cercueil. La chambre reconstituée au musée Maxim’s est pourtant splendide. Sarah Bernhardt, la première star, tenait à son image et la ville de Paris pourrait avoir la bonne idée de redonner son nom à son théâtre (de la ville aujourd’hui). Et si vous vous demandez à quoi pouvait bien ressembler le vrai visage de Sarah : regardez Françoise Sagan, c’est fou ce qu’elle lui ressemble.

    Étoile“Quand même” : une devise choisie à neuf ans, après une chute : “Si, si, je recommencerai, quand même, si on me défie encore ! Et je ferai toute ma vie ce que je veux faire !”

    A lire au sujet des pièces présentées dans cette exposition : Sarah Bernhardt, invitée privilégiée du musée Maxim’s (Auror' Art and Soul)

                  
                     CultureBox : présentation de l’exposition.

    Marianne Durand-Lacaze reçoit Pierre-André Hélène sur Canal Académie.
                  


    6 Novembre 2011 - 15 mars 2012 Du mercredi au dimanche inclus . Fermé lundi et mardi. Visites commentées à 11h, 14h, 15h15 et 16h30 : 15€. Musée Maxim’s. 3 rue Royale 75008 Paris. 0142653047

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