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    L’Histoire de France de Jules Michelet

    Jules Michelet, né en 1798 à Paris, est un historien français. Il est d’abord et avant tout un homme de lettres et un enquêteur sur l’histoire du passé. Il appartient à cette école qui pense que l’Histoire doit être un cours d’enseignement philosophique. Elève de Guizot, d’origine protestante comme lui,  il expose une vision de l’histoire comme un long combat de la liberté contre la fatalité, une vision qui sera aussi celle de la Troisième République, philosophique, nationaliste et anticléricale. Il aime les envolées pittoresques et pense qu’une même foi doit être définie et enseignée à l’ensemble des citoyens pour garantir la démocratie. Il recherche davantage l’âme des faits que la recherche des sources et montre un talent inné, volontiers dithyrambique dans la description du passé.
    Il fera une description pessimiste de son siècle marqué par le militarisme, l’industrialisme et rejette le socialisme qu’il considère comme un nouveau cléricalisme. Son “Histoire de France”, achevée en 1867 est l’œuvre de sa vie. Elle couvre en 17 volumes l’Histoire ancienne jusqu’à la Révolution. Une histoire vivante, d’une grande imagination avec de fort préjugés politiques et religieux, mais très personnelle, lyrique, voire onirique. Il enseigna au collège de France et eut un rôle déterminant dans les mythes pittoresques de Jeanne d’Arc, de Clovis, François Ier, Henri IV, Louis XIV, du moyen âge, de la révolution française, de Napoléon et de l’histoire officielle du XIXe siècle où le “peuple” tient une place prépondérante, mais exagérée et néanmoins émouvante. Naîtront de là de multiples controverses, comme  en témoignent ci-dessous, dans un extrait de 1966,  Maurice Clavel, Robert Mandrou et Claude Mettra  et dont nous  avons le souvenir grâce à l’INA.

    Ecoutons Michelet parler de Charlotte Corday conduite à l’échafaud  puis du mariage de Mazarin avec Anne d’Autriche :
    « Au moment où elle monta sur la charrette, où la foule, animée de deux fanatismes contraires, de fureur ou d’admiration, vit sortir de la basse arcade de la Conciergerie la belle et splendide victime dans son manteau rouge, la nature sembla s’associer à la passion humaine, un violent orage éclata sur Paris. Il dura peu, sembla fuir devant elle, quand elle apparut au Pont-Neuf et qu’elle avançait lentement par la rue Saint-Honoré. Le soleil revint haut et fort ; il n’était pas sept heures du soir. »


    “Le mariage secret de la reine avec Mazarin n’est affirmé positivement que par la duchesse d’Orléans, mère du régent. Cependant il me semble à peu près certain. La reine, déjà fort dévote, et de plus en plus, n’aurait pas montré sa passion si elle ne l’eut cru légitime. Elle l’affiche pendant la Fronde avec une assurance extraordinaire. Elle l’avoue dans ses lettres à Mazarin, absent, avec l’effusion toute charnelle d’une épouse entièrement asservie par l’exigence du tempérament. Les Mémoires témoignent que Mazarin se conduisait avec elle, nullement avec les égards d’un amant, mais avec la rudesse d’un mari indélicat et brutal”


    Le 18 mai 1876, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris lors de funérailles officielles, publiques et républicaines. La police estime à plus de 25 000 le nombre de personnes présentes ce jour-là.


    Archives INA -Tribune JT - 23/05/1966 – 20min11s  

    Histoire de France de Jules Michelet sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=FR&q=Histoire+de+France+Jules+Michelet

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