Top 10 des billets et statistiques 2011

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Les Paris DLDL’année 2011 qui s’achève fut remarquable à plus d’un titre pour ce blog qui fête son deuxième anniversaire. Globalement, je me suis concentré sur la qualité des billets (100 articles au lieu de 185 en 2010) et sur le renforcement du contenu ; de nombreuses innovations techniques ont été testées avec plus ou moins de succès et d’intérêt, ce qui est le premier objectif de cette adresse. Ordinairement, on évalue la perception d’un blog sous trois métriques :

1) Le trafic.

2) La réputation.

3) Le lien social. : voyons un peu…

Exposition Giacomo Casanova à la BnF Mitterrand

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Exposition Giacomo Casanova à la BnF MitterrandAcquis par la BNF en 2010, le manuscrit de “l’histoire de ma vie” donne le prétexte à une remarquable exposition sur la vie de l’homme étonnant que fut le vénitien Giacomo Casanova. Aventurier, joueur, jouisseur et écrivain comme en témoignent les 4000 pages de son autobiographie écrite à partir de 1789. 10 étapes de l’exposition à l’image des visages multiples de celui dont le nom est resté synonyme de séduction : à ne rater sous aucun prétexte.

Tout commence dans la Sérénissime République de Venise au XVIIIe siècle, devenue la capitale européenne du jeu et du tourisme sexuel, où le carnaval dure la moitié de l’année et donne naissance à un jeune bellâtre, fils de comédiens, familier des casinis, ces maisons de débauche vénitienne où les jeunes femmes reçoivent leurs amants, sigisbées, au vu et au su de leurs maris, vieux et complaisants. Giacomo, intellectuellement doué, cherche sa voie : il rejette vite la tonsure ou l’uniforme de l’armée et apprend le violon, la philosophie, les mathématiques, la médecine, toutes sortes de jeux : pharaon, biribi, barcarole, échecs, dames et cherche un patron pour sa vraie vocation : faire fortune en provoquant le hasard. Dandy grand et sombre, avec de longs cheveux poudrés, parfumés et savamment relevés ou recourbés, il plaît, en use et, toujours un jeu de cartes en poche, en abuse par de multiples friponneries et se retrouvera souvent à la porte de la geôle pour gagner cinq-cents sequins. Le Ridotto du palais Dandolo est toujours ouvert, jour et nuit.

Paris Patrimoine : La revue qui vous emmène en promenade à Paris

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Paris Patrimoine (Trimestriel)J’ai découvert ce trimestriel lors du salon Lettre Capitale qui se tenait à la mairie du XIIIe arrondissement. Paris-Patrimoine est une revue créée début 2009, dédiée à la connaissance de Paris sous l’angle de l’architecture, de l’Histoire et de l’Art en général. Vous y trouverez aussi une revue de presse et les actualités du trimestre.  La revue met l’accent sur les points de vue atypiques de la capitale en prenant soin d’approfondir certains sujets et en proposant des pistes de promenades culturelles.

Vous pouvez vous le procurer dans une des librairies dont la liste figure ici et rester informé des nouveautés en vous abonnant à la page Facebook :

http://www.facebook.com/parispatrimoine

ou consulter le site web http://www.apore-editions.com/ 

Souhaitons-leur le meilleur avenir qui soit.

Petite histoire du Louvre

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Emission "Des Racines et des ailes" diffusée sur France 3 le 27 Avril 2011 qui reconstitue le parcours de ce qui fut un château royal avant de devenir l’un des plus grands musée du monde.

La première forteresse est élevée vers 1200 par Philippe-Auguste, hors les murs. Il servait de château fort, d’abri au trésor royal et de prison. Il sera résidence royale de Charles V (1360) puis de François Ier jusqu’à Louis XIV qui le quittera en 1678 pour Versailles. Le musée est inauguré le 10 Aout 1793, anniversaire de la chute de la monarchie.

Les jardins et les collections du musée Albert Kahn

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Les Jardins du musée Albert KahnPeut-être avez-vous la chance de connaître le musée Albert Kahn à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, peut-être non et dans ce cas, vous ne regretterez pas la visite. C’est un endroit qui se distingue d’abord par son calme, mais surtout en raison du charme de ses jardins, très pédagogiques, puisqu’on y trouve une variété étonnante de décors : Japonais, inspiré du taoïsme, à l’Anglaise, avec gazon vallonné et rivière, à la Française, avec roseraie. Seul manque l’Italien mais l’oubli est pardonné par la présence de deux forêts autour d’un marais : une forêt bleue, vraiment bleue qui réunit des arbres d’Afrique et d’Amérique : cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado, ainsi qu’une forêt vosgienne, le pays d’origine d’A.Kahn, particulièrement agréable à la belle saison et superbe l’hiver sous la neige.

L’endroit est magique et reflète à la fois la passion et l’audace de son créateur qui le développa avec ferveur entre 1893 et 1937, date de l’ouverture au public lors de l’exposition internationale. Ces jardins dessinent aussi une symbolique de paix et de réconciliation universelle, celle voulue par son auteur, qui malheureusement s’évanouira peu de temps après, lors du grand cataclysme : Albert Kahn, le philanthrope, disparaîtra en 1940, tout un symbole et le destin lui épargnera la tragédie qui suivra. Juif alsacien, il quitte sa région devenue allemande en 1871 avec ses parents pour devenir banquier à Paris, il change son prénom : Abraham par Albert et fait fortune grâce aux mines d’or et de diamant d'Afrique du sud et la spéculation sur leurs cours produite par les nouvelles toujours plus mirobolantes en provenance de l’exploration de l’Afrique. Il profite de sa fortune rapide pour financer de nombreuses sociétés de voyages d’études et de promotions de la solidarité internationale. La crise de 1929 sera terrible et signera la fin de son mécénat : deux ans plus tard, la banque Kahn est mise en liquidation et ses biens privés serviront à dédommager ses créanciers. Sa maison, les jardins et les collections seront heureusement sauvés par l’administration qui en fera un lieu accessible à tous.

Son réseau de connaissances et ses missions permirent aussi la création d’une collection exceptionnelle d’images noir et blanc de 60 pays (Les Archives de la Planète) dont la France entre 1910 et 1940. Ces photographies sont visibles dans la médiathèque du musée et la numérisation est en cours. On peut déjà voir sur le site un certain nombre de films comme l’incendie du Printemps de 1921 ou la manifestation qui a suivi l’arrestation de Nicola Sacco et Bart Vanzetti en 1927.

En 1928 et 1929, Le caméraman Camille Sauvageot fait des essais de photos en couleurs de Paris avec le procédé Keller-Dorian.

http://albert-kahn.hauts-de-seine.net/

“Cézanne et Paris” au Musée du Luxembourg

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“Cézanne et Paris” au Musée du LuxembourgPaul Cézanne (1839-1906) est en vedette au musée du Luxembourg pour une exposition un peu surprenante par son titre, évocateur, un peu trompeur, de celui qui se donnait pour mission de peindre la nature, de donner du volume par la couleur. “j’en reviens toujours à ceci : le peintre doit se consacrer entièrement à l’étude de la nature”. En réalité vous ne verrez lors de cette exposition qu’un seul tableau-titre, celui, panoramique, des toits de Paris, peut-être des tonneaux de la halle aux vins, la seine à Bercy comme Guillaumin, une rue déserte de Montmartre, mais très peu, trop peu.

LPaul Cézanne, "Les Toits de Paris", 1881-1882a ville ne l’intéresse pas, ce qui l’intéresse, c’est de visiter le Louvre et de s’inspirer des classiques, de Poussin, des baroques italiens, de Rembrandt, Delacroix et de s’en inspirer pour son propre destin, remplacer la ligne par la chromatique, il y passe des heures, des jours, mais sans haine ni rancune. Paris, ce sont de mauvais souvenirs qui reviennent, ceux de l’échec aux beaux-arts en 1861, des souvenirs qui marquent une vie. Il vient aussi retrouver ses amis, son marchand de tableaux, Ambroise Vollard, retrouver Emile Zola aussi, qui fut élève avec lui au collège Bourbon à Aix-en-Provence en 1852.

Et voilà, le sujet, le Paris de Cézanne, ce n’est pas le grand chambardement, c’est la campagne : Auvers-sur-Oise où il peint le docteur Gachet, Pontoise où se trouve Pissarro, Melun, les bords de la Marne, Chantilly, Maisons-Alfort, Issy-les-Moulineaux où se trouve Guillaumin, Giverny chez Monet, où il croise Rodin, Henri Geoffroy et Mary Cassatt. Cézanne ce n’est pas le génie de l’instantané, de l’impulsion, c’est l’acharné, le laborieux, le perfectionniste, l’exigeant : il impose 30 séances de pose à sa femme, quelquefois beaucoup plus pour des sujets compliqués, 112 séances pour Ambroise Vollard mais toujours inachevé ! Paris bouge trop, est trop compliqué à peindre et change souvent. Une bourrasque, un orage et tout est à recommencer. La montagne Sainte-Geneviève n’est pas la montagne Sainte-Victoire. La nature est son vrai sujet, la forme pure, il laissera 80 Sainte-Victoire, diabolique. Son impressionnisme ce sont les volumes, pas les couleurs, ce qui peut décevoir chez les amoureux des effets lumineux, c’est ce vert pâle, que vous retrouverez souvent tristement sur des papiers peints de cuisine, ces regards piqués, ces visages pâles, ce bleu-nuit, ce jaune-sombre, ce gris, ces ocres. La couleur ne l’attire que si elle peut se traduire en forme, obsessionnel.

Paul Cézanne La Halle aux vins 1872Une ambition considérable qui lui vaudra d’ailleurs tous les échecs, et qui en feront le génie de la nature morte, de l’insatisfaction chronique, dix ans de réussites, peut-être moins, gloire posthume au travers d’autres. Même Zola, pourtant son meilleur ami, finira par se lasser : « Paul peut avoir le génie d'un grand peintre, il n'aura jamais le génie de le devenir »  un Claude Lantier dans l’Œuvre, un peintre maudit ? Mais précurseur, père spirituel des Matisse, Braque, Picasso, à vous de voir, ou de ne pas voir. Faites votre choix. Son choix à lui était celui d’une recherche obstinée. «Nous allons vers les admirables œuvres que nous ont transmises les âges, où nous trouvons un réconfort, un soutien, comme le fait la planche pour le baigneur» ; Cézanne, c’est compliqué, c’est le doute permanent, mais c’est diablement efficace.


Visite guidée : l'expo "Cézanne et Paris" avec... par telerama

Cézanne et Paris. Musée du Luxembourg. Du 12/10/2011 au 26/02/2012. 12 ou 7,5€. 19 rue, de Vaugirard 75006 Paris  Métro Saint-Sulpice ou Mabillon
www.museeduluxembourg.fr

Les "Paris" de Paul Cézanne, au musée du Luxembourg sur France-Info : http://www.franceinfo.fr/chroniques-sortir-ecouter-voir-2011-10-12-les-paris-de-paul-cezanne-au-musee-du-luxembourg-568030-81-118.html

Exposition “Fichés” à l’Hôtel de Rohan-Soubise (Musée des Archives Nationales)

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Exposition “Fichés” à l’Hôtel de Rohan-Soubise (Musée des Archives Nationales)En 1832, une ordonnance de Louis-Philippe Ier abolit la flétrissure, c’est-à-dire la marque au fer rouge qui permettait de reconnaître les condamnés. Un an plus tard naissait le modeste premier “registre général des condamnations” à base de fiches individuelles.
Un siècle plus tard, le 27 octobre 1940, la “carte d’identité de Français” est rendue obligatoire pour tous.

C’est l’histoire de l’identification systématique (policière au début puis générale) que nous raconte l’exposition des Archives Nationales. Evolution naturellement liée à la photographie puisque, si avant 1853, identifier consistait à établir un signalement écrit accompagné d’un dessin, l’invention de la photographie a permis de s’affranchir de la mémoire visuelle. On nous signale toutefois que les magistrats et les policiers ont continué curieusement à considérer l’image comme un moyen d’identification moins fiable.

L’exposition est très riche puisqu’elle couvre 2 étages et de nombreux thèmes d’investigation, qu’ils soient criminels ou politiques. Parallèlement, c’est l’extension de l’identification à l’aide des mêmes éléments qui ont conduit au fichier central puis à la carte d’identité. On voit très clairement les origines du renforcement du contrôle d’identité : l’augmentation de la criminalité et les bouleversements politiques au XIXe siècle. L’exemple de la commune de Paris est à ce titre révélateur puisque la répression entraîna un fichage systématique des “suspects” sans équivalent dans le passé et la reconstitution des fichiers après l’incendie de la préfecture de  police alors que beaucoup se croyaient à l’abri de vérifications rétrospectives.

Le système de l’identité judiciaire sera normalisé par Bertillon, en utilisant simultanément la photographie face/profil et l’anthropométrie (mesures). Nous sommes en 1879. En 1881, sa méthode “scientifique” aura un premier succès en permettant d’identifier un délinquant récidiviste. Un atelier de pose est reconstitué à l’exposition, similaire à ceux installés dans les préfectures et qui permettaient de s’affranchir de photographes professionnels.

Dès lors, il devient possible pour l’historien de reconstituer les grands groupes de délinquants qui peuplaient les tribunaux au tournant du XXe siècle : les anarchistes comme Ravachol, les criminels comme Landru, beaucoup de voleurs, de femmes soumises (en maison close) ou de prostituées “libres” ou clandestines, de trafiquants en tout genre comme cette femme surprenante représentée sur l’affiche, arrêtée pour trafic de stupéfiants, mais aussi les politiques, les Dreyfus, Zola, syndicalistes, monarchistes, bonapartistes identifiés sur des photos personnelles ou découpés sur des photos de groupe.

Petit à petit, le périmètre s’élargit.

Jules BonnotClémenceau perfectionnera encore le système pour ses “brigades du tigre” dont on peut voir un extrait de l’adaptation télé. Autres reliques saisissantes, celles de la bande à jules-joseph Bonnot. Mécanicien doué, excellent conducteur, fréquentant les milieux anarchistes, il est inconnu à Paris, mais les fiches de recherches transmises faciliteront son identification sur tout le territoire en 1912.

La grande guerre marque un tournant majeur de l’identification qui est étendue à la sphère civile : invalides, mutilés, pensionnés, veuves de guerre, mais aussi personnels des services publics, associations sportives ont des fichiers au même titre que les prisonniers, les déserteurs, les étrangers, surtout russes (voir Trotski), espagnols (voir Picasso)  ou allemands (voir Hitler), les nomades, les forains, les poètes, tous considérés comme espions potentiels (voir Mata-Hari). Le fichier central contient 7 millions de fiches en 1939 et le décret du 24 octobre 1940 l’étend à tous les Français puisque la carte d’identité a obligatoirement un double, secret, dans les préfectures ou au niveau central. Ces informations seront, bien sûr, utilisées par Vichy dans sa politique de collaboration avec l’Allemagne et par le régime Républicain à la fin de la guerre pour traquer ces mêmes collaborateurs en fuite.fiche Adolf Hitler annotée "le Mussolini allemand"

Suite aux drames, les dispositifs “d’encartement” feront débat et ce n’est qu’en 1955 que reparaîtra la carte d’identité (facultative) et l’apparition de l’informatique dans les années 1970 modifieront en profondeur les modalités d’identification des individus par une puissance de traitement jusqu’ici inconnue à tel point qu’une loi “Informatique et Libertés” verra le jour en 1978 devant la menace (droit de consultation des données).

L’exposition s’achève sur ces éléments. Outre le caractère historique de cette reconstitution passionnante, il est intéressant d’observer comment, commencée par la lutte contre la délinquance récidiviste, son extension est progressive à toutes les catégories de la population, avec comme moteur principal l’insécurité grandissante des deux derniers siècles.

Cependant, on ne peut s’empêcher de penser que l’histoire n’est pas terminée car, aujourd’hui, l’ensemble de la population peut tenir sur une clé USB et je serais curieux de savoir quelles informations sont capturées par les services de renseignements sur l’Internet ou les réseaux sociaux. Par ces leçons de l’Histoire, on ne peut qu’être rappelé à la vigilance et à la prudence sur les données échangées et trop librement  divulguées (exemple). Cette exposition a le mérite de nous concerner directement alors que s’amorce le virage de l’authentification fiable dont nous sommes très proches, technologiquement parlant, sur l’Internet. Jeanne B., la jeune trafiquante de drogue de l’affiche qui vendait de l’opium dans les tranchées en 1914, ne pensait sûrement pas, quand son portrait a été capturé, que cela lui vaudrait de devenir célèbre un jour. A voir absolument.

Jeanne B., opiomane 1912

Podcast de l’exposition “Fichés” sur France-Culture : http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-identites-de-papiers-34-2011-09-28.html

Jusqu'au 26 décembre. Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 17 h 30. Le samedi et dimanche de 14 heures à 17 h 30. Site de l’exposition :

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/musee/musee-exposition-fiches-identification.html

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