Durant la Révolution, la vie continue à Paris

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source : Anne Prah-Perochon  http://www.france-amerique.com/articles/2011/07/15/durant_la_revolution_la_vie_continue_a_paris.html

Jeux de dames au café Lamblin au Palais-Royal (Louis Léopold Boilly (1761-1845)

Jeux de dames au café Lamblin au Palais-Royal (Louis Léopold Boilly (1761-1845)

La Révolution de 1789, la Terreur de 1793 : des moments à jamais gravés dans l'histoire de la France. Que font les Parisiens dans ce climat d'instabilité ? Peuvent-ils mener une vie à peu près normale ? Que d'évènements entre la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la chute de Robespierre en juillet 1794 (9 Thermidor de l'an II) ! La royauté renversée, la chute de nombreuses factions politiques (Hébertistes, Dantonistes, Girondins), le transfert de la famille royale des Tuileries à la prison du Temple, l'exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et à l'extérieur, une coalition européenne contre la France. Il n'y a pas si longtemps, Paris était encore la ville la plus éclairée d'Europe, symbolisant la liberté d'esprit et l'élégance des manières. « Quiconque n'a pas vécu avant la Révolution, ne connaît pas la douceur de vivre! », déplorait Talleyrand.

Pour l'heure, Paris vit au rythme de la dénonciation et de l'espionnage. C'est devenu une rage. Les députés se dénoncent, le locataire dénonce son propriétaire, l'acheteur le vendeur, le commis son patron. Le redoutable Comité de salut public a ses espions, mais Robespierre possède également son propre réseau qui surveille les dénonciateurs officiels ! Mais plus redoutées encore sont les « Tricoteuses ». Ces femmes d’origine populaire sont l’un des maillons actifs du mouvement révolutionnaire. Elles sont utilisées par la police et payées quarante sols* par jour pour entretenir une agitation populaire permanente, appelant dans la rue à l'insurrection. Elles suivent les séances de la Convention et apostrophent les députés depuis les tribunes. Sous la Terreur, elles s'installent, quelques unes peut-être avec leur tricot, au pied de la guillotine, laissant ainsi dans la mythologie collective l’image de monstres assoiffés de sang.

Les tombes mérovingiennes de Lagny-sur-Marne

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Source : Inrap : Institut national de recherches archéologiques préventives - http://bit.ly/pZdIzs

Visite du site avec Laure Pecqueur, archéologue responsable d'opération Inrap, et Florence Mille, responsable des collections archéologiques, Inrap IDF . Le projet de construction de logements sociaux avenue Grouard à Lagny-sur-Marne a donné l’occasion de fouiller une importante nécropole mérovingienne datée des Ve – VIe siècles. La fouille, qui a duré sept mois entre novembre 2010 et mai 2011, a permis de fouiller 235 sépultures. Ce fut l’occasion, pour les archéologues, d’étudier l’organisation de l’espace funéraire, les modes d’inhumations ainsi que la population inhumée sur un territoire où les exemples de complexes funéraires mérovingiens sont très rares.

Durée : '5’ Réalisateur : Mikaël Lefrançois Montage : Kevin Accart

Pompéi : un Art de vivre au Musée Maillol

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Oenochoé en forme de tête de femme. Bronze incrusté d'argent et d'or.

Il y a beaucoup de monde, rue de Grenelle, pour cette exposition de 200 pièces qui nous sont parvenues de la tragédie du 24 aout 79 et c’est naturel, Pompéi a toujours fasciné depuis trois siècles.
Déjà, lors de la découverte, à l’époque de lumières, le retentissement fut considérable et particulièrement lors des premières fouilles, vers 1749. L’engouement fut tel qu’il donna naissance à une véritable mode à l’Antique pendant les décennies qui suivirent. On présente souvent la Renaissance comme la période de la redécouverte des richesses de l’antiquité, mais ce ne fut rien à côté des révélations exhumées des fouilles et des interprétations des contemporains. L’érudit, ou le simple visiteur, revivait Rome in situ et pas seulement via les interprétations des auteurs latins.

Les maisons romaines (domus), en dehors de celles ensevelies par le Vésuve sont très rares, et c’est ce quotidien qui nous est proposé au musée Maillol par un parcours dans l’évocation d’une maison antique : l’atrium (Entrée), le tablinium (galerie), le triclinium (salle à manger) et la culina (cuisine), le balneum (salle de bain) et le venereum (salle du fascinant).

Beaucoup firent le voyage pour leur propre compte. Dès 1763, Grimm put écrire qu’à Paris “tout est à la grecque”, entretenant une confusion qui dure encore entre la Grèce et Rome : bals, costumes, comédiens des boulevards, poésies d’André Chénier (dont la mère était grecque), peintures néo-classiques de David, d’Ingres, sans oublier la décoration où, de Louis XVI jusqu’à Napoléon, l’abondance des emprunts sera manifeste. En 1788, l'abbé Jean-Jacques Barthélemy, philologue, publia Les Voyages du jeune  Anacharsis en Grèce  qui eut un grand retentissement et inspira Chateaubriand, Dumas, Stendhal. Le musicien le plus célèbre, Haydn, composera un concerto pour lyre. Goethe visitera Pompéi avec son carnet en 1787. Ils seront tous fortement impressionnés. Jusqu’à celle qui, une fois reine de Naples, fera intervenir l’armée pour accélérer les fouilles : la sœur de Napoléon, Caroline épouse Murat, qui ne pouvait se vêtir autrement qu’avec la tunique blanche et les boucles dans la chevelure. Le prince Napoléon, fils de Jérôme, fit même construire sa “maison pompéienne” au 18 avenue Montaigne, en plein Paris.

Réchaud, bronze , argent , fonte , damasquinageLa première chose qui impressionne est l’abondance et la finesse de l’art du bronze, arrivé à son apogée. Dans le mobilier : lits, tables, baignoires, candélabres, braséros, lampes à huile, coffre, vaisselle, chauffe-eau, poêle. Toujours très décorés et quelquefois couplés avec de l’or ou de l’argent comme cet Œnochoé en forme de tête de femme qui est sur l’affiche. Egalement dans la décoration, statues, grelots, amours, éphèbes, cratères. On trouvera assez peu d’enduits muraux ou de mosaïques à l’exception de celles du triclinium et d’une fontaine.

Un autre point récurrent et bien visible lors de ce parcours est l’omniprésence du culte dionysiaque. Les Romains avaient une conception très différente du culte. Davantage un échange, un contrat : je te donne, tu me donnes. Relation qu’il nous est difficile de concevoir en rapport avec le dieu de la Bible. Le dieu de Nysa était celui de la terre qui donne le vin sur les pentes fertiles du Vésuve, mais aussi celui de l’abondance qui donne l’orgie : Dionysos en fonte et damasquinage, Dionysos floral, Dionysos Trônant, Dionysos avec sa panthère, versant du vin, enfant avec Silène ou apparaissant à Ariane. Une multitude de variations de celui qui, à travers ses errances en Inde ou chez les morts, à travers les mystères de la création, apparaissait comme le plus étonnant des dieux. Liber était un des multiples noms du dieu fascinant. Dionysos-Bacchus “libère” par le vin.

Statue fontaine de Priape, gardien de la germination des jardinsLa première coupe est pour la soif (ad sitim), la deuxième pour la joie (ad hilaritem), la troisième pour la volupté (ad voluptatem) et la quatrième pour la folie (ad insaniam). Il enfle le sexe et hypertrophie le caractère. Liber était le dieu de toute génération, de la semence de la vigne jusqu’à la frénésie des bacchanales. Les jours de fête, le phallos était placé sur un charriot, promené de la campagne à la ville pour le bonheur des semailles et éloigner le mauvais œil. Le mot grec phallos se dit en latin fascinus.

Sa représentation était présente partout à Pompéi : dans les maisons, dans les rues, sur le sol, dans les boutiques, sur le fronton des édifices, avec des ailes ou des grelots ! Porte-bonheur et opposant aux forces maléfiques, il est à la fois la force de la vie primordiale et sa perpétuité. Puis venait l’interrogation, le mystère, puis l’orgie. On imagine l’effet qu’ont pu avoir ces découvertes sur les hommes du XVIIIe siècle qui débattaient du jansénisme ou du grand architecte de l’univers.

L’impudique chez les Romains n’a pas le même sens. Ils ne connaissent pas l’hétérosexualité ou l’homosexualité, qui sont des mots du XIXe siècle, mais une seule sexualité : la dominatio  du dominus ou de la domina sur la nature qui jouit.

N’ont de sens que l’actif et le passif.  L’homme (ou la femme) libre et l’esclave. La virilité est le devoir de l’homme libre et le viol des êtres inférieurs est la norme. L’une des figures les plus représentées à Pompéi est celle du viol d’une ménade par un satyre. Le désir inverse eut été inconcevable et punissable de mort. Ce qui est impudique est l’échange des rôles.

Ce sont ces évidences que l’on devine dans cette exposition sur “l’art de vivre” ; une petite salle rouge (qui rappelle, à dessein, la villa des mystères) rassemble les pièces “obscènes” et présente un avertissement : attention les enfants, danger ! Pourtant, ce fut bien cela qui fut la plus incroyable révélation de ce qui se cachait sous les tonnes de cendres et de scories de la ville enfouie.
Pour tous, le choc fut particulièrement brutal.

Exposition Pompéi, un art de vivre
Musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle (VIIe)
Tél. : 01 42 22 59 58.
Horaire : tlj de 10 h 30 à 19 heures, ven jusqu’à 21 h 30 jusqu’au 12 février
Prix d’entrée : 11 €

http://www.museemaillol.com/informations-pratiques/horaires-et-tarifs/


Vues des salles du musée Maillol from Musée Maillol on Vimeo.

Franck Ferrand sur Europe 1 : Pompéi, Herculanum : victimes du Vésuve

Paris pour les hommes par Thierry Richard

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Extrait :

Paris n’existe pas. Nous avons tous notre géographie sentimentale, notre mémoire de Paris, d’un Paris vécu au jour le jour et rêvé nuit après nuit : autant de Paris que de parisiens. Vivant dans cette ville unique, nous partageons ses lieux, ses humeurs, ses emballements et ses grâces, passés au tamis de notre propre subjectivité. Et découvrir dans ces rues ravinées de nouvelles richesses. C’est ce pas de côté que je vous encourage à faire à ma suite.

Ces pages condensent le Paris que j’aime ; celui qui sait offrir à l’homme qui s’en donne la peine d’innombrables sources de plaisir. Relisez les mémoires de Casanova :

“Cultiver les plaisirs de mes sens fut dans toute ma vie ma principale affaire ; je n’en ai jamais eu de plus importante. Me sentant né pour le sexe différent du mien, je l’ai toujours aimé, et je m’en suis fait aimé autant que j’ai pu. J’ai aussi aimé la bonne table avec transport, et passionnément tous les objets faits pour exciter la curiosité”

Ce n’est pas une philosophie – ou si peu – mais c’est le fil conducteur du présent ouvrage. Peut-être de ma vie. On sait pourtant que l’époque ne joue  pas le jeu, qu’elle souffle en permanence ses vents contraires : consommation, surinformation, distractions, obligations… mais on n’est pas tenus de suivre ses règles. On peut même, assez facilement somme toute, s’en détourner pour emprunter des chemins de traverse. Prendre doucement la tangente et fuguer. Trouver ses plaisir d’homme dans les choses les plus anodines : rêvasser au comptoir le temps du petit noir le matin, contempler les jambes de femmes aux terrasses des cafés, s’enfuir au cinéma un après-midi de semaine, décider de porter une cravate en laine, changer de parfum à chaque saison ou s’arrêter le nez en l’air et contempler longtemps la course des nuages au dessus du jardin des Tuileries.

Un guide ? Non. Un voyage plutôt. Parcourir Paris au gré des plaisirs que la ville offre aux hommes. L’aborder à travers les sentiers d’un hédonisme du pavé, pointer ces petits bonheurs qui font la vie heureuse du Parisien. Fût-ce en contrebande. Donc ici point de catalogue, d’annuaire, de recensement au garde à vous de toutes les adresses de la capitale. Juste l’envie de partager avec vous mes plaisirs et les boutiques, les tables, les lieux qui les abritent.

Alors voilà. Mon Paris est là, dans les pages qui suivent. Et ce Paris des plaisirs masculins, c’est aussi le vôtre.

Thierry Richard.

Présentation par l’éditeur :

Chroniqueur gastronomique pour plusieurs guides parisiens, journaliste littéraire pour le Magazine des Livres, animateur du blog à succès «Chroniques du Plaisir», Thierry Richard nous entraîne à sa suite vers les chemins de traverse de l’hédonisme masculin et livre dans cet ouvrage ses meilleures adresses parisiennes. Lieux, tables, échoppes, ateliers, tout y passe. Où s’attabler pour un dîner entre hommes ? Où se faire confectionner un costume ? Où faire son jogging pour ne jamais rencontrer de voitures ? Où se placer pour regarder passer les jambes des femmes ? Quels sont les cavistes inspirés, les parfumeurs de talent, les pâtisseries les plus gourmandes ? Quel bijou offrir à une femme? Quels sentiers emprunter pour une promenade ? A la fois ouvrage littéraire –les plaisirs masculins y sont décrits avec poésie, drôlerie et insolence – et guide pratique illustré, “Paris pour les hommes” est le recueil moderne et épicurien qui manquait aux hommes, et que les femmes ne pourront s’empêcher de dévorer…
En bonus, découvrez les plaisirs parisiens secrets de David Abiker, Franck Baranger, Frédéric Beigbeder, Nicolas Bedos, Charles Dantzig, David Foenkinos, Francis Kurkdjian, Patrick Roger, Emmanuel Rubin, François Simon et Frédéric Taddei.

Bio :

Après avoir créé trois entreprises dans le domaine des hautes technologies, Thierry Richard décide de quitter le monde des affaires pour renouer avec ses passions de jeunesse : l’écriture,
la littérature et la gastronomie. Cet amateur de bonne chère lance alors un blog :”les Chroniques du plaisir”, qui mêle critiques gastronomiques et autres billets sur les petits plaisirs de l’existence. Aujourd’hui référence dans la blogosphère et le monde de la gastronomie, ce site lui ouvre les portes des guides Lebey des restaurants et bistrots parisiens, pour qui il devient enquêteur. Mais aussi celles de marques de renom – Dior, Jean-Paul Gaultier, Renault… –, qui font appel à sa plume pour concevoir des campagnes de publicité digitales.
Grand amateur de littérature, Thierry Richard devient parallèlement journaliste littéraire au Magazine des Livres où il occupe une place de choix : outre celle de critique faisant partager ses coups de cœur, il rencontre au cours de longs entretiens les auteurs français contemporains pour décortiquer avec eux les arcanes de la création littéraire, fouillant en leur compagnie les secrets de leurs vies d’écrivains.

Paris pour les hommes par Thierry Richard

                                 

“The Artist” de Michel Hazanavicius

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“The Artist” de Michel HazanaviciusCe film nous fait revivre l’atmosphère d’Hollywood des années vingt, des années folles, des stars et des starlettes, après la Grande guerre (1918) et avant la Grande crise (1929) comme une parenthèse enchantée qui fut, pour beaucoup, une époque bénie. Là-bas, naîtra un nouveau cinéma : le cinéma parlant. Ce film, lui, précisément, reste muet et exceptionnel.

C’est un âge d’or, une période faste, où la musique n’était plus celle de Satie ou de Debussy, mais venait de l’autre côté de l’Atlantique. La première Guerre avait déposé avec ses boys un son nouveau sur la vieille Europe : le jazz puis à partir de là, plusieurs enfants dont le Charleston. L’histoire du film est celle de deux destins croisés, voués au spectacle, mais qui ne se trouvent pas. Le cinéma parlant remplace le cinéma muet et les vedettes changent, meurent, naissent. Si l’Europe avait inventé le Cinéma, c’est bien aux États-Unis qu’il  se perfectionne de plus en plus.  En 1927, naît le premier film parlant : “The Jazz Singer” avec un disque sonore. L’année suivante, le son sera directement enregistré sur le film. C'est aussi au cours de ces années là qu’apparaît la Radio. Ce film muet montre que naît un signal, mais aussi du bruit, de ce nouveau sens artistique. Le chemin de l’Art n’est pas dans la technique mais s’exprime dans le naturel. Nous en avons ici un exemple, dans le noir, dans le blanc.

Car il y a autre chose : un éloge de la simplicité et de l’instinct. Peut-être pour montrer que lorsque la course à l’amour-propre ou à la fatuité se déclenche, elle conduit d’abord à un abîme en soi, puis au bucher des vanités. “Quand orgueil chevauche devant, ruine et misère suivent de près derrière”.  Le sourire blanc de George Valentin et le charme noir de Peppy Miller seront toujours là pour nous rappeler cette leçon. Simplicité d’un petit chien, d’un majordome. Simplicité de la rencontre et du coup de foudre aussi, de l’émotion qui ne se puise que dans l’enfance. Simplicité de la déchéance de l’un et de la gloire de l’autre.

Mais aussi éloge de l’instinct, de l’animal de compagnie qui sauve, de la femme qui comprend, en un éclair de vie qui s’anime au plus profond de l’inconscient. Instinct et monstruosité de l’amour, comme cet instant de la découverte des souvenirs dans le salon fermé, cloîtré, comme l’âme de Peppy, celle qui condamne mais aussi celle qui sauve. George Valentin est cette simplicité et Peppy Miller est cet instinct. C’est beau, un homme qui reste un enfant, c’est beau, une femme qui aime.

Il n’est pas nécessaire de disposer d’effets spéciaux pour faire comprendre cela, ni même du son. Au final, c’est un film muet qui dit beaucoup.

Un seul regret, celui en moi de ne pas connaître avec précision toutes les allusions faites aux personnages réels comme Gene Kelly, Orson Welles, Ginger Rogers, Marlène Dietrich etc. ainsi que les clins d’œil aux œuvres du cinéma muet.  Pour ceux qui ont cette culture là, et une bonne anthologie en tête, le ravissement doit être encore supérieur.

 

100 lieux mythiques de Paris racontés par Frédérick Gersal

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100 lieux mythiques de Paris racontés par Frédérick Gersal

Présentation par l’éditeur : Paris ne s’est pas fait en un jour... Frédérick Gersal vous propose de redécouvrir petites histoires et légendes de 100 lieux parmi les plus célèbres.
De l’époque romaine à nos jours, il retrace par ordre chronologique la construction des monuments, ponts, quartiers, avenues, parcs ou encore théâtres et même cimetières apparus au cours des siècles. Il fait revivre avec des anecdotes les personnages, illustres ou plus modestes, qui ont marqué de leur empreinte la capitale.

Ordres impérieux, coups violents, mais aussi mots d’amour, lettres enflammées… Frédérick Gersal vous dévoile toute l’histoire des lieux. À chaque fois, c’est la passion
de Paris qui emporte tout sur son passage !
La passion, c’est justement ce qui est au rendez-vous de ce livre à parcourir avec plaisir, à conserver précieusement et à emporter avec soi comme un petit génie pour mieux apprécier ce Paris de toujours.

Image : Le petit palais

Biographie :

Grâce à sa verve et son humour, Frédérick Gersal fait partager
sa passion pour l’histoire et le patrimoine de France aux
téléspectateurs, notamment dans l’émission Télématin sur
France 2. Il y anime la rubrique « Mémoires » en évoquant une
expression, un lieu ou un personnage lié à l’actualité de la
semaine. Également chroniqueur sur France Info et France Bleu, il suscite immanquablement la curiosité de ses auditeurs.
Auteur à succès des 1 000 lieux qu’il faut avoir vu en France
(Flammarion, 2010), il a déjà rédigé des ouvrages grand
public présentant l’histoire sous un angle amusant et toujours
captivant : Drôle d’histoire, une autre façon d’aborder l’Histoire
de France et Les Grandes Énigmes de l’histoire (First, 2006).
Cet incomparable conteur écrit aussi pour le jeune public : Ces
enfants qui ont fait l’Histoire et Ces animaux qui ont fait l’Histoire (Hachette Jeunesse).

Mon commentaire : très joli petit guide, pratique, avec une vue d’ensemble des endroits les plus pittoresques de la capitale. Il présente ces lieux mythiques par ordre chronologique à partir du Moyen Âge, ce qui est important à mes yeux et dans un format agréable avec une double page par site. Parfait pour une connaissance historique d’ensemble des monuments ou des lieux les plus significatifs de la ville.

Guide (broché). 223p Paru en 05/2011 12€

                                    

Le Métronome sur France 5 en Mars 2012

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Le Métronome en version télé

Hélène Rochette de Télérama nous révèle quelques informations sur l’adaptation télévisuelle du Métronome. Les quatre épisodes de 52 minutes seront diffusés, en Mars 2012, sur France 5. On sait aussi que le résultat sera celui des réalisations 3D de Fabrice Hourlier et que Lorànt Deutsch y tiendra un rôle important puisqu’il racontera lui-même l’histoire des 21 siècles de Paris, des Parisii jusqu’à nous.

Extraits :  …

Reconstituer vingt siècles d’histoire…
Auteur de passionnants docu-fictions historiques – Trafalgar, Le Destin de Rome (Arte) – et de la pétillante série culturelle D’art d’art (France 2), Fabrice Hourlier se veut respectueux du livre, dont il souligne que la transposition en scénario a pris une année. « Il fallait reconstituer à chaque étape ce que l’on n’a plus sous les yeux aujourd’hui. On part d’un bout de muraille ou d’une pierre gallo-romaine, et l’on poursuit le monument en images de synthèse et maquettes 3D. On a ainsi refait toute l’évolution de la ville sur vingt siècles, depuis la dizaine de maisons gauloises sur l’île de la Cité, qui s’agrandit au fil des séquences : les premières avenues romaines émergent, la rive gauche se développe. Les arènes sont bâties, puis les thermes de Cluny… et ainsi de suite », détaille le maître d’œuvre de cette planification soignée. S’il concède avoir envisagé de tourner en gaulois ou en franc, Fabrice Hourlier précise qu’une telle ambition était irréaliste, vu les délais impartis, et explique avoir privilégié la justesse historique : « On a choisi de faire parler les figurants à partir des XIVe et XVe siècles seulement, donc en latin, que l’on maîtrise plus aisément. Chaque siècle nécessitait d’infinies recherches. Nous avons loué 400 costumes dans toute l’Europe. Pour le siège de Paris par les Vikings, en 885, on a longtemps enquêté. On a porté un grand soin à la véracité des costumes, des coiffes, et bien sûr des us et coutumes. » En réalisant cette dense fresque de 4 x 52 mn, le concepteur du Destin de Rome confie qu’il nourrit un dessein paradoxal : promouvoir « le goût de la balade historique ». Il souligne, amusé : « J’aime que les programmes fassent sortir le téléspectateur de chez lui, même si théoriquement le but serait plutôt de le maintenir devant le poste ! Tout comme D’art d’art doit donner envie d’aller observer l’œuvre dans le musée, avec Métronome, je souhaite donner l’idée aux gens d’aller voir dehors ! »

…………………………….

l’article complet : http://bit.ly/rpotzR

On sait aussi qu’ils ne sont pas seuls à travailler sur l’histoire de Paris puisque La chaîne Planète+, diffusera, à l'automne 2012, une fiction de 90 minutes et un documentaire en quatre épisodes de 52 minutes, intitulés Paris, la ville à remonter le temps. Les reconstitutions 3D seront de Dassault Systèmes. La fiction sera réalisée par Xavier Lefebvre, auteur de “Vu du ciel”, avec Yann Arthus-Bertrand, sur France 2. Des personnages en ballon survoleront Paris et son histoire, reconstitués en réalité augmentée…
Qui a dit que l’histoire donnait le vertige ?

"Matisse, Cézanne, Picasso... L’aventure des Stein" au Grand Palais

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Exposition "Matisse, Cézanne, Picasso... L’aventure des Stein" au Grand PalaisSous cette exposition au titre un peu pointu se cache une véritable surprise. Je ne connaissais Gertrude Stein que depuis sa mise en scène dans “Minuit à Paris” et cette soudaine popularité m’intriguait. Je ne regrette pas d’être allé plus loin.

 

Les Stein sont une famille de collectionneurs mécènes américains installés à Paris où ils sont venus dénicher les étoiles montantes de la peinture moderne. Entendez, à cette époque 1900, les héritiers de Cézanne. Ce sont deux couples, l’un : le frère et la sœur, Léo et Gertrude, vivant au 27 rue de Fleurus  ; l’autre : un frère Stein, Michael et son épouse Sarah au 58 rue Madame. Dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, cela va de soi. Dans cette famille d’esthètes fortunés, Léo est expert d’Art, auteur d’un “ABC de l’esthétique” alors que la préférence de Gertrude va à l’écriture, dans un style itératif, peut-être un peu rébarbatif, les exemples sonores sont précieux mais édifiants, genre : “Rose is a rose is a rose is a rose”. Mais ils n’ont pas leur pareil pour dénicher les artistes en devenir. Picasso est le plus symbolique, qu’ils rencontrent en 1905. La salle cubiste des Picasso est vraiment remarquable et le portrait de Gertrude saisissant (1906). Ils animent chez eux des soirées d’artistes, d’écrivains américains, Joyce, Fitzgerald, Hemingway, le samedi soir, à 18h chez les uns, à 21h chez les autres. Rue Madame, chez Sarah, la préférence va à Matisse, chef de file de la révolution coloriste avec Derain, Manguin, Vlaminck. “le fauve des fauves” exhibe une débauche de couleur qui marque l’époque et tranche dans la grisaille environnante. La salle qui lui est consacrée est vraiment exceptionnelle.

La femme au chapeau, Henri Matisse, 1905 (MoMA San Francisco)C’est un instant magique pour celui qui voit pour la première fois la femme au chapeau (1907), j’ai eu du mal à décrocher. Que Matisse ait fait scandale, c’est surement anecdotique ; que ce soit un immense artiste, c’est une évidence qui est clairement perceptible au Grand Palais.

Une partie très intéressante détaille aussi son “Académie de Matisse”, qui était située au 27, rue Oudinot. Les Stein et d’autres y prenaient des cours et on peut voir les notes prises par Gertrude.

Ce qui fait le charme de cette exposition, c’est aussi l’abondance de photos et de films d’époque qui montrent les protagonistes en situation. Particulièrement l’intérieur des appartements avec les toiles et les photos de famille. Cela permet de s’offrir une parenthèse conviviale et moins abstraite que l’unique perception des œuvres. Au fil de ces photos, on voit Léo, Sarah, Matisse, Picasso et Alice Toklas,  la compagne de Gertrude. Cuisinière, secrétaire, confidente, amante, muse, éditrice et critique, effacée et timide, toujours en retrait ; Gertrude ira jusqu’à écrire elle-même l’autobiographie de sa muse, ce qui lui apportera enfin la gloire littéraire. Quand Alice est apparue, Léo a quitté la rue de Fleurus et la collection fut divisée (1913) ; mais les deux femmes continuèrent à servir l’art et la littérature dans leur salon, des années vingt jusqu’à la fin, jusqu’à l’exil dans le Bugey pendant l’occupation. On regrettera seulement l’absence de documentation sur ce sujet controversé. À voir absolument.

L'aventure des Stein au Grand Palais de Télérama sur Vimeo. (note : Le Grand Palais n’exporte pas ses vidéos mais je vous conseille celle de Cécile Debray : http://www.rmn.fr/stein )

L’exposition vue par Canal Académie :

5 octobre 2011 - 16 janvier 2012

Ouverture tous les jours y compris le mardi du vendredi au lundi de 9h à 22h, le mardi de 9h à 14h, le mercredi de 10h à 22h et le jeudi de 10h à 20h.
Pendant les vacances scolaires ouverture tous les jours de 9h à 23h, y compris le mardi.
Fermeture exceptionnelle à 18h les 24 et 31 décembre. Fermé le 25 décembre.
Tarifs : 12 € - Tarif réduit : 8 € (13-25 ans, demandeur d’emploi, famille nombreuse) – Audio guide 5 €
Gratuité pour les moins de 13 ans, bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse.

http://www.rmn.fr/francais/les-musees-et-leurs-expositions/grand-palais-galeries-nationales-9/expositions/matisse-cezanne-picasso-l-aventure

Le Guide de Paris en métro aux éditions du chêne

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Le Guide de Paris en métro aux éditions du chêne

Ce guide inédit propose d’utiliser le tracé du Métro pour découvrir Paris autrement.

Le métro parisien c’est 14 lignes, 214 kilomètres, 300 stations, 4 millions de voyageurs par jour. C’est le moyen le plus universel de circuler à Paris pour découvrir chaque quartier de la capitale.  Ce guide original dévoile au fil des lignes de métro, station par station tout ce qu’il est important de connaître à cet endroit. À chaque sortie de station vous saurez tout ce qu’il faut visiter : monuments, musées, balades architecturales, historiques, lieux insolites, etc.

Très pratique, il propose un plan du métro au début et des plans de quartier dessinés pour chaque station. Des photos animent une histoire du métro racontée au travers des archives historiques de la RATP. Chaque station a son histoire.

Le Guide de Paris en métro : la station Pont-Marie
Vous découvrirez le bistrot où vous pourrez donner rendez-vous. Vous saurez également où il  faut aller grâce au carnet d’adresses essentiel pour boire un verre, déjeuner, dîner, sortir, faire ses courses etc. L’ensemble est simple, agréable à manipuler et tient facilement dans un sac. Cette première édition est très réussie et très probablement destinée à devenir une référence à ce sujet. Belles balades ! les auteurs vous invitent à leur faire part de vos trouvailles.

Le Guide de Paris en métro : la station Pont-Marie

130x180 . 384p. Brochée à rabats 14.90 Euros

Editions du Chêne - 43 Quai de Grenelle - 75015 Paris

                             

Le Voyage de Charles IV à Paris en 1378

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Banquet donné lors de la venue de l'empereur. À gauche Charles IV, au centre Charles V, et à droite Wenceslas le roi de Rome.Le voyage de Charles IV en France a commencé en novembre 1377. L’Empereur germanique est gravement malade et souhaite se rendre sur des lieux pieux, à la basilique Saint-Denis et à la Sainte-Chapelle. Souffrant de la goutte, il espère trouver une guérison dans l'abbaye de Saint-Maure-des-Fossés, réputée pour ses méthodes de traitement. Il  vient rendre visite au roi Charles V de France, son neveu et lui apporter son soutien. Celui-ci est toujours en guerre contre l’Angleterre, depuis l’enfance, depuis que son père Jean II le Bon s’est fait capturé à Poitiers en 1356. Le vieil empereur romain a toujours soutenu son neveu dans cette guerre. Et le roi de France, l’intellectuel à la main difforme, est en passe de la remporter.

Avec ses amis, Du Guesclin, Clisson, Mauny, Jean de Vienne, Boucicaut, d’Orgemont, il a effacé Crécy et Poitiers. C’est de nouveau un pays riche et puissant, purgé des Anglais, qui s’offre à ses visiteurs. Pour Charles le sage, c’est la consécration.

L’Empereur vient aussi voir Paris, un Paris transformé en citadelle par son neveu Étoile. Une nouvelle muraille rive-droite double celle de Philippe-Auguste. Un fossé de 29 m de large sur 4m de profondeur l’entoure. Elle comprend 6 portes : St Honoré (où sera blessée Jeanne d’Arc), Montmartre, St-Denis, St-Martin, Temple et surtout St-Antoine, où est érigé une bastille redoutable. Cette Bastille en construction est destinée à protéger l’hôtel Saint-Pol, une nouvelle résidence hors-les-murs, dans le Marais, où le roi a fait installer une ménagerie avec une dizaine de lions, un jardin avec une pièce d’eau où nagent des saumons et des appartements plus agréables qu’au Louvre ou au Palais de la Cité, confié à un concierge. Sur la route de Paris, l’empereur s’est arrêté en janvier 1378 à Vincennes et à Beauté , deux endroits transformés par son hôte, l’un pour la guerre et sa défense, l’autre pour la paix et le raffinement. Les deux visages de Charles, car s’il est sage et retors, il maitrise aussi les sept arts libéraux.

« À beauté fu l'Empereur plusieurs jours et le Roy chascun jour l'aloit visiter et en secret parloient longuement » écrit Christine de Pisan

 Christine de Pisan “Petite clochette qui grand bruit sonne”, éblouie par Charles, avait treize ans quand l’Empereur arriva à Paris sur son cheval noir caparaçonné et ses trois cents cavaliers précédés de trompettes et de gonfanons multicolores. Les embarras de Paris rendaient impossible la circulation du convoi, aussi fut-il embarqué sur la Seine pour se rendre au Louvre, en passant devant Notre-Dame et le Palais de la Cité.

La Bastille et l'hotel Saint-Pol

Une fois débarqué, il se rendit au nouveau Louvre. Là, il put admirer un escalier en vis extérieur qui n’avait pas d’équivalent à l’époque mais dans la somptueuse résidence construite par le maître maçon Raymond du Temple se trouvait toujours une épicerie, une fauconnerie, une fruiterie et des écuries pour tenir un siège et chacune des tours était bien gardée. Le roi y a fait aménager une bibliothèque sur trois étages dans la tour de la fauconnerie qui contenait  843 ouvrages dont un bon tiers traitait d’astrologie ou de géomancie, mais son auteur préféré restait Aristote. Le Roi lui fit aussi admirer son trésor : bijoux et rubis, perles et saphirs ainsi que les coupes d’or où avaient bu Dagobert, Charlemagne et Saint-Louis, des pierres magiques supposées calmer la douleur ainsi que mille merveilles. Il y avait déjà presque un musée au Louvre. L’entourage royal n’était pas en reste et si les hommes portaient pourpoint et chausses collantes, le poète Eustache Deschamps décrivit :

“Les robes de nouvelle forge, par quoi les tettins et la gorge, par la façon des entrepans, puissent être plus apparents”

Le point culminant fut le banquet. Le vieil homme dût affronter 60 plats avant d’attaquer la corbeille de fruits. Les cuisines du roi comprenaient 150 personnes et le premier queux de Charles V était Taillevent, dont la spécialité était le cygne et le paon reconstitué. Il servait aussi d’autres chefs-d’œuvre comme le fameux lièvre à la broche, truffé de lard, cuit dans du bouillon de bœuf et du vin avec des croûtons, accompagné de gingembre, de cannelle, de clous de girofle et du poivre. En entremet, des baladins jouent les Croisades, prêche de Pierre l’Ermite, expédition de Godefroi de Bouillon, prise de Jérusalem.

L’Empereur apprécia ce voyage extraordinaire, mais fatiguant et assez peu diététique. Les reliques ne suffirent pas et la goutte l’emporta. Il mourut peu après, en novembre 1378.  Charles V s’éteindra en 1380 dans son cher château de Beauté sur Marne. Son épitaphe à Saint-Denis sera : « Cy gist le roy Charles le Quint, sage et éloquent... »

 

Le voyage de Charles IV en France par Frantisek Smahel à Radio Prague

http://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/le-voyage-de-charles-iv-en-france-1

Étoile Voir cette carte de Paris en 1450 (pdf)

http://paris-atlas-historique.fr/resources/paris1450.pdf

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