METRO : Ticket pour une expo. Au Musée des arts et métiers.

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METRO... TICKET POUR UNE EXPO

En 1896, on attend beaucoup de monde à Paris pour l’Exposition Universelle qui se tiendra dans quatre ans et les Jeux Olympiques d’Été de 1900. Les moyens de transport ne suffisent déjà plus à endiguer le flot de trois millions de Parisiens, de voitures hippomobiles, omnibus ou automobiles depuis peu. Les images d’époque témoignent de ces “embarras de Paris” contre lesquels aucun projet sérieux n’a vu le jour. Mais cette fois, il y a urgence et l’État soutient maintenant un projet gigantesque qui est confié à un ingénieur de la ville : Fulgence Bienvenüe (1852-1936). Il se livre à une véritable course-contre-la-montre pour terminer dans les délais ce chantier colossal, utilise la dynamite, le détonateur et le perforateur à percussion dans le sol de Paris. Résultat : la ligne Porte Maillot-Porte de Vincennes : 10 km et 16 stations en une demi-heure de trajet.

« Par la foudre ravie à Jupiter, la race de Prométhée est transportée dans les profondeurs »(Fulgence Bienvenüe)

La décoration des Entrées est confiée à un décorateur qui deviendra célèbre : Hector Guimard. Il crée en fonte des enchevêtrements végétaux dans le style d’Alfons Mucha qui deviendra le symbole du Métro. Le 14 Juillet 1900, la première rame démarre. L’inauguration aura lieu le 19. Aragon dira : “Il n’y aura plus de matin sans Métro”.

Images de « Métro... Ticket pour une expo »

Le 7 février 1728, le concerto des Quatre-Saisons d’Antonio Vivaldi est joué pour la première fois à Paris

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Le Palais des Tuileries

En cette belle journée d’hiver, du beau monde se presse vers la grande salle du Palais des Tuileries. Le palais est quasi déserté depuis que le Roi a souhaité partir à Versailles en 1722 et le jeune Louis XV est encore “le bien aimé”. La foule qui se presse contre les grilles est refoulée par les gardes, car le Jardin est réservé au monde élégant. Les Suisses interdisent l’accès “aux soldats, aux gens en livrée, aux servantes, aux écoliers, aux pauvres et aux chiens”. Le populaire n’y a droit que le dimanche, et de plus, bien  habillé. Une fois passé, toutefois, on se pousse et s’étouffe devant une foule de curieux assis sur des chaises, qui évaluent les modes, qui comparent les toilettes, nobles et bourgeoises mélangées. En flânant, on peut toutefois y rencontrer de plaisantes dames, portant des masques qui ne sont pas destinés à faire peur, bien au contraire et laissent derrière elles, un sillage de parfum.

N’ont le droit d’assister au Concert Spirituel que les invités de marque et aujourd’hui, on présente la Confrontation de l'harmonie et de l'invention, ensemble de douze concertos pour violon, dont Le Quattro Stagioni (les Quatre Saisons) d’un italien : Antonio Vivaldi surnommé le prêtre roux. Il est connu pour son talent dans toute l’Europe. Les Italiens ne peuvent se produire à l’Académie royale de musique, réservée à la musique française et à certains opéras, aussi le refuge du salon des cent-suisses aura le privilège d’entendre ce qui deviendra un sommet de la musique baroque. Il est six heures de l’après-midi, la petite aristocratie et la grande bourgeoisie peuvent se montrer, de même que les visiteurs étrangers de passage. Ceux qui le peuvent accèdent aux banquettes, loges et gradins. Le succès sera foudroyant. On y écoute la fraicheur du nouveau Printemps, la chaleur accablante de l’Été, les danses de la récolte en Automne, le gel de l’Hiver. Coucou, tourterelle, pinson, chien qui aboie, bourdon et mille autres inspirations prodigieuses au violon du vénitien car le livret détaille les symboles de la partition :

Sous l’empire accablant du soleil qui écume
Homme et troupeau languissent, et le pin se consume;
Le coucou entonne son chant, et lui font chœur
La tourterelle et le chardonneret moqueur.
Zéphyr souffle tout doucement, mais tout à coup
Survient Borée, son ennemi, qui le secoue;
Le pastoureau gémit et tremble, car il craint
Le choc de la bourrasque, et son propre destin.
Ses membres convulsés l’épuisent, factionnaire
Figé par les éclairs, la fureur du tonnerre,
Les essaims affolés de frelons et de mouches!
Hélas! il ne s’est pas alarmé sans raison :
Le ciel fulmine et, sous l’assaut de ses grêlons,
Les épis sont fauchés et les tiges se couchent. (L’Eté)

L’innovation que représente le principe de l’imitation de la nature ainsi que le rôle donné aux solistes fait merveille. Le 25 Novembre 1730, le Roi demandera une représentation du Printemps à Versailles et y prendra goût. Gloire éphémère puisque, dès 1760, il cessera d’être joué et sera redécouvert en… 1921.

L’Eté, par Julia Fischer et son Guadagnini de 1742

Parlons de Balzac et d’Eve Hanska , ça fait du bien….

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Ewelina Rzewuska Portrait par Holz Sowgen, vers 1825« Parlons de Balzac, cela fait du bien », écrivait Gérard de Nerval. Auteur, entre autres, d'« Eugénie Grandet », du « Père Goriot » et du merveilleux “Lys dans la Vallée”, Honoré de Balzac crée au total 91 romans et nouvelles de 1829 à 1852 (137 prévus) et plusieurs milliers de personnages répertoriés. 

Évelyne Hanska est une jeune polonaise qui vit en Ukraine avec ses cinq enfants et son mari, de vingt-ans son ainé. Très portée au mysticisme, elle s’ennuie ferme et lit beaucoup de romans français. Elle tombe sur Balzac dont elle devint une fervente admiratrice. À partir de 1832, elle lui transmet chez son éditeur, Léon Gosselin, une lettre signée “l’Étrangère”, perdue depuis, qui attira l’attention du romancier.  Dans sa deuxième lettre, que nous avons, le ton est donné :

« Vous devez aimer et l'être: l'union des anges doit être votre partage ; vos âmes doivent avoir des félicités inconnues ; l'Étrangère vous aime tous les deux et veut être votre amie... Elle aussi sait aimer ; mais c'est tout... Ah! vous me comprendrez ! ».

Elle engagea avec l’auteur une correspondance qui dura dix-sept ans de 414 lettres. Au lieu de jeter ces lettres venues du bout du monde au panier, Balzac enquêta et apprit qu’il s’agissait “d’une grande dame, jeune, belle, comtesse, colossalement riche, mariée à un homme qu'elle n'aimait pas, supérieure par l'intelligence et par le cœur à toutes les autres femmes”. Cette description, on s’en doute, enfiévra le romancier.

Ils se rencontrèrent pour la première fois le 25 septembre 1833 au bord du lac de Neuchâtel. L’écrivain tomba follement amoureux de cette brune potelée et distinguée, mais la comtesse, qui était venue avec sa fille et son mari, le trouvait petit, gros et assez laid. Ils avaient tous deux la trentaine. Le premier grand amour de Balzac, Laure de Berny, approchait les cinquante-six ans et disparut en 1836. Balzac reporta alors toute sa ferveur sur celle qu’il retrouvait dans plusieurs villes d’Europe (Quatre fois seulement en Quinze ans !) mais où, toujours, elle se refusait à son soupirant, jalouse de ses frasques et autres aventures sentimentales. Comme il écrivait quatre livres à la fois, il pouvait bien aimer pareil. A chaque rencontre, il recherche le réconfort, se fait câlin, doux, tendre et amoureux. Intérim délicat entre le travail de forçat de la plume et les jupons de basse-ville. Pour Balzac, obéré de dettes et d’affaires ruineuses, l’épouser devient une obsession, elle lui ouvre sa bourse autant que son cœur. Car elle n’a de cesse de rêver à ce Paris retentissant, romantique, féérique où elle se promènera avec le plus grand romancier de la terre. Du fond de la steppe, Paris n’est que félicité. Elle est veuve depuis 1842.

Elle ne partit jamais, mais lui : oui, qui fait ses bagages pour la Russie, ruiné par la faillite de la compagnie des chemins de fer du Nord en 1848. Et il revint deux ans plus tard, fatigué, malade, mais marié à la belle, pour s’installer au 12 de l’avenue Fortunée (l’avenue porte son nom aujourd’hui). 

Balzac sera emporté en six mois par la maladie, par ce “cercle de fer qui enserre sa poitrine” Même si le cerveau, lui, demeurait intact. La nouvelle Mme de Balzac, qui n’avait connu que des malheurs depuis son arrivée, courait la ville, suivie des créanciers, nerveuse, chez les parents polonais, les amis russes. La désillusion était immense. Les espoirs s’étaient envolés et la sombre réalité de la vie parisienne de l’écrivain donnait des nausées à l’épousée romanesque. « dix-huit ans d'amour, seize ans d'attente, deux ans de bonheur et six mois de mariage » dira Gonzague St Bris. Pour son réconfort, elle se jette dans les bras du peintre Jean Gigoux, qui souhaitait faire son portrait. Il est beau, musclé, joyeux et a de longues moustaches de guerrier Gaulois. Victor Hugo fera une description atroce de la mort de Balzac, abandonné de tous, mais rien ne surpassa l’affront, présenté par Octave Mirbeau, de l’aveu du peintre chéri, qui affirmait batifoler dans une chambre voisine avec Évelyne Hanska dans ces instants terribles de l’agonie. Ces révélations, faites en 1907, firent un scandale énorme et les extraits durent être retirés à la demande d’Anna, la fille de Mme Hanska.

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Franck Ferrand et Gonzague St Bris nous parlent d’Eve Hanska et d’Honoré de Balzac (Europe1.fr - Au cœur de l'histoire - Balzac - http://bit.ly/kQgM8U)

Auguste Rodin : la Porte de l'Enfer - l'histoire d'une œuvre maudite

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La Porte de l'Enfer est-elle un échec ?
Cette vidéo en deux parties de Canal Éducatif mène l'enquête pour comprendre pourquoi Auguste Rodin s'est obstiné à travailler dessus pendant toute sa vie, seul, œuvre tellement féconde qu’il n'arrivera jamais à la terminer. Pourquoi il s'agit d'une œuvre décisive pour l'histoire de la sculpture ?

En 1880, A. Rodin (1840-1917) reçoit une commande officielle du gouvernement : une porte d'entrée pour le musée des arts décoratifs qui doit être construit à Paris. Celle-ci, baptisée La Porte de l’Enfer doit être ornée de bas-reliefs s'inspirant de la Divine Comédie de Dante. La version connue aujourd’hui restera inachevée « cette œuvre dont on parle chaque jour mais qu'on ne voit jamais », les épreuves ayant été fondues après la mort de l'artiste. Une de ces versions se trouve au musée d'Orsay à Paris.

parties I et II par le Canal Educatif

Le sujet choisi par l’artiste est L’Enfer de Dante. Il est encadré par d’exquises moulures dont le style appartient à cette époque indécise et charmante qui va du gothique à la Renaissance, époque gardant le mysticisme de l’un et l’élégance païenne de l’autre. Octave Mirbeau en donne une première description complète dans La France le 18 février 1885 :

“C’est parmi les cercles effrayants tracés par le poète florentin dans les flammes qui ne s’éteignent jamais et les laves qui bouillonnent toujours qu’il a laissé errer librement son imagination. Outre des groupes importants, cette vaste composition lyrique comporte plus de trois cents figures, toutes différentes d’attitude et de sentiment, exprimant chacune, synthétiquement, une forme de la passion, de la douleur et de la malédiction humaines. En examinant ces bouches tordues, ces poings convulsés, ces pointures haletantes, ces masques éperdus le long desquels coulent des larmes sans fin, il semble qu’on entend retenir les cris de la Désolation éternelle.

Au-dessous du Chapiteau de la porte, dans un panneau légèrement creusé en voûte, figure Dante très en saillie et se détachant complètement sur le fond, revêtu de bas-reliefs qui représentent l’arrivée aux enfers. Sa pose rappelle un peu celle du Penseur de Michel-ange. Le Dante est assis, le torse penché en avant, le bras droit reposant sur la jambe gauche, et qui donne au corps un inexprimable mouvement tragique. Son visage, terrible comme celui d’un dieu vengeur, s’appuie lourdement sur la main qui s’enfonce dans la chair vers le coin des lèvres refoulées ; et ses yeux sombres plongent dans l’abîme d’où montent des vapeurs sulfureuses avec la plainte des damnés.

Les battants de la porte sont divisés en deux panneaux séparés chacun par un groupe, formant en quelque sorte marteau. Sur le battant de droite, Ugolin et ses fils ; sur celui de gauche, Paolo et Francesca. Rien de plus effrayant que le groupe d’Ugolin. Maigre, décharné, les côtes saillant sous la peau que trouent les apophyses, la bouche vide et la lèvre molle, d’où semble tomber, au contact de la chair, une bave de fauve affamé, il rampe, ainsi qu’une hyène qui a déterré des charognes, sur les corps renversés de ses fils dont les bras et les jambes inertes pendent ça et là dans l’abîme.

A gauche Francesca, enlacée au corps de Paolo, fait le plus suave et le plus tendre contraste à ce groupe qui synthétise les horreurs de la faim.  Au-dessus des groupes, Rodin a composé des bas-reliefs sur lesquels se détachent des figures en ronde-bosse, des scènes en demi-bosse, ce qui donne à son œuvre une perspective extraordinaire. Chaque battant est couronné par des masques tragiques, des têtes de furies, des allégories terribles ou gracieuses des passions coupables. Au-dessous des groupes, des bas-reliefs encore, sur lesquels saillent des masques de la douleur. Le long du fleuve de boue, des centaures galopent, emportant des corps de femmes qui se débattent, se roulent et se tordent sur les croupes cabrées ; d’autres centaures tirent des flèches sur les malheureux qui veulent s’échapper, et l’on voit des femmes, des prostituées, emportées dans des chutes rapides, se précipiter et tomber, la tête dans la fange enflammée.”

 

Auguste Rodin vu par Sacha Guitry

La nouvelle politique de l’Etat met-elle en péril le patrimoine ?

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Public Sénat revient sur un évènement ou une loi qui a changé la vie d’une région, d’une institution, d’un secteur économique etc. L’équipe va sur le terrain, à la rencontre des acteurs pour comprendre ce qui s’est passé, quelles mesures ont été prises et ce qu’il reste à faire. Entre bilan et perspectives, l’émission donne la parole aux personnes concernées ainsi qu’aux personnalités politiques (29 minutes).

Un reportage de Caroline Delage et Saveria Rojek

 

source : http://bit.ly/mXLI6s

Germaine Emilie Krebs, dite « Alix », puis Madame Grès, au musée Bourdelle.

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Boris Lipnitzki (1887-1971), 1936 Madame Grès créant une robe du soir pour Macy’s, Paris.

Elle a fait la mode au XXème siècle, a traversé tous les courants, dans un style unique et indémodable. Des années 30 aux années 80, 50 ans de maîtrise artistique et technique, mise au service de l’élégance et de la beauté. Un sujet : la femme éternelle, classique, belle dans la simplicité. Le musée Bourdelle rend hommage à celle qui orna les plus élégantes de son temps du célèbre plissé jersey de soie, drapé à l’antique :  Marlène Dietrich, Maria Casarès, Greta Garbo, Grace Kelly, Edith Piaf, la bégum.

Cette association de circonstance, entre le sculpteur et l’ancienne modiste du Bon-Marché, marie adroitement les colosses de pierre et les tenues de soirée. Germaine voulait devenir sculpteur, Alix sera couturière et Mme Grès idéalisera les corps. Trois noms vers une seule passion. Aux statues colossales d’Héraclès ou de Chiron, répondent les robes unies, avec un simple lacet, sans accessoires, orfèvreries, ni bijoux dorés de son double aux ciseaux. Rien de trop. Ni dans la pierre, ni dans le tissu. Le corps nu contemple le moulé au corps.

« Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre »

L’apparente simplicité cache une terrible complexité. Marier la pureté des lignes et la magie des plis. Tailler l’étoffe en une couleur unique, souvent ivoire, gris perle ou noire, avec des exceptions chromatiques, très bien mises en valeur dans certaines pièces de l’exposition.

Antoine Bourdelle (1861-1929)  et Germaine Krebs (1903-1993) ne se sont jamais connus.  L’épouse du sculpteur, sa muse, son modèle, callipyge, s’appelait Cléopâtre. L’idéal artistique épuré de Mme grès était Pénélope, en drapé Parthénon, qui faisait et défaisait cent fois son ouvrage, éternellement, mais jamais tout à fait le même. Les 80 robes de Galliera sont là pour le prouver. Parisienne, née dans le XVIIème arrondissement, très secrète et particulièrement discrète, vous ne verrez que deux ou trois photos d’elle. C’est bien dommage. Ce n’était pas un as du markéting ou de la com’. Aussi, après sa mort, quand Bernard Tapie rachètera Grès, on ne put jamais mieux dire qu’en parlant de mariage entre la carpe et le lapin. Vous pouvez deviner la suite.


Madame Grès - La couture à l'œuvre par paris_musees

Jusqu’au 28 Aout 2011

Musée Bourdelle
16 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris 
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h sauf jours fériés.
Tarifs d’entrée
Plein tarif : 7 €  http://www.parismusees.com/madame-gres/

visites : http://www.lesvisitesdelaluciole.com/

Les Loups d’Albert Vidalie

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Les Loups (Abadie,Bessieres) chanté par Reggiani

Cette chanson, de 1967, tout le monde la connaît, Serge Reggiani la chantait à la fin de ses spectacles avec de grands gestes francs et en roulant les yeux. Une musique haletante de Louis Bessieres, devenue une chanson mythique. Ce qu’on sait moins, c’est que les paroles sont d’un grand poète, romancier, scénariste, nouvelliste, expert de la langue française, parolier de génie qui composa aussi pour S.Reggiani l’étonnante “Dame de bordeaux” que l’amour danse des gavottes dans les verts du parc Montsouris. Il faisait aussi danser les mots, avec ses potes René Fallet et Antoine Blondin dans les rades de la rive gauche, du côté de la rue de Buci et souvent les trouvait sur le zinc. Albert Vidalie aimait autant la poésie fantaisiste que la culture classique ou l’argot du bistrot de Robert Giraud. À ceux qui cherchent qui sont ses loups, qui les voient en versaillais de la commune, en nazis de 1940 paradant sur les Champs ou dans les cris “Sauvageon” des soixante-huitards , il faudrait dire que le campagnard né à Châtillon et amoureux de sa capitale en avait vu d’autres encore. Il avait lu toutes les trouvailles des brocantes, bien au-delà de la rue Daguerre et du lion de Denfert, où il vivait. C’était là son académie Goncourt. Respect.

"Parmi l'obscur champ de bataille
Rôdant sans bruit sous le ciel noir
Les loups obliques font ripaille ...”
Verlaine "Jadis et Naguère"

Pépin le bref en 732, Charles le Téméraire en 1477 auraient subi ce sort : être dévorés par les loups après leur mort sur un champ de bataille. Par quatre fois au moins entre 1423 et 1439, des loups affamés entrent dans Paris, dévorant une trentaine de personnes. En novembre 1438, ils pénètrent jusqu'au cœur de la cité, dévorent des chiens et, dans le quartier des Halles, la nuit, un enfant “de nuit en la place aux Chats derrière les Innocents”. En l'an 1439, nous lisons dans "Le Journal d'un bourgeois de Paris" : "Item, en celui temps, espécialement tant comme le roi fut à Paris, furent les loups si enragés de manger chair d'homme, de femme ou d'enfant, qu'en la dernière semaine de septembre étranglèrent et mangèrent 14 personnes, tant grands que petits, entre Montmartre et la porte Saint-Antoine, tant dedans les vignes que dedans les marais; et s'ils trouvaient un troupeau de bêtes, ils assaillaient le berger et laissaient les bêtes et souvent passaient la rivière de Seine et plusieurs autres à la nage; et aux cimetières qui étaient aux champs, aussitôt qu'on avait enterré les corps, ils venaient par nuit et les déterraient et les mangeaient”

On peut lire dans le « Bestiaire de Pierre de Beauvais » daté du XIIIème siècle, une condamnation du loup sans appel car au Moyen Âge,, le loup était le bouc émissaire du Malin. Capturé vivant, il était quelquefois jugé et condamné au bûcher. Car le loup est le pire ennemi de l’agneau christ. Le Diable se transforme en loup plus volontiers qu'en tout autre animal : “Le loup représente le Diable, car celui-ci éprouve constamment de la haine pour l’espèce humaine” , d’où sa présence auprès des sorcières qui les chevauchaient pour se rendre au sabbat. “Les yeux du loup qui brillent dans la nuit, ce sont les œuvres du Diable, qui paraissent belles et agréables aux hommes dépourvus de raison, et à ceux qui sont aveugles des yeux de leur cœur

Trop peu de temps après, en juin 1971, Antoine Blondin écrit :
"...Ici, le printemps et les fleurs peuvent aller se faire foutre : Vidalie est mort, l'autre nuit, dans son sommeil d'un arrêt du coeur."

Les Loups (Vidalie/Bessieres) par Serge Réggiani (1967)

Lorànt Deutsch sur les lieux où a vécu de Céline

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Dans un film documentaire qui sera diffusé l'automne prochain sur la chaîne Histoire, L.D proposera une visite inédite des lieux de la capitale ayant compté dans la vie et l'œuvre de l'écrivain disparu il y a cinquante ans. Avant Meudon, le passage Choiseul, près des Grands Boulevards, le dispensaire de Clichy et ses alentours, la rue Lepic sur la butte Montmartre….”Le Paris qu’a connu Céline, entre ses 5 ans et 1944, c’est le Paris des odeurs, des arrière-cours, des prolos, des cocos, des chansons, des enfants” dit Patrick Buisson.

 

Le Figaro Magazine a assisté au tournage. Voir ici le reportage au format pdf.

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