Alesia : L’énigme de sa géolocalisation toujours non résolue

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Fondatrice de l'histoire de France, la bataille d'Alesia (52 av JC) est située depuis Napoléon III en Bourgogne à Alise-Sainte-Reine. À quelques mois de l’ouverture officielle du Muséoparc (prévu en mars 2012, après trois ans de travaux et 50 Meuros !), les défenseurs du site “officiel” doivent faire face à une fronde de plus en plus tenace des “opposants” qui localisent la bataille à Chaux-des-Crotenay (Jura). Chaque camp affûte ses arguments et le combat prend de plus en plus l’allure de la lutte entre le pot de fer contre le pot de terre. D’un côté la topographie, la toponymie, le mobilier découvert qui a donné naissance au Musée de Saint-Germain-en-Laye, de nombreux professeurs, chercheurs, docteurs en archéologie, conservateurs, membres du CNRS ou de  l’INRAP, des politiques et des entrepreneurs du lieu, riche en touristes, qui valident la tradition instaurée au XIXe siècle. De l’autre, les fidèles du chercheur sceptique A. Berthier, disparu en 2000, quelques professeurs et historiens, des archéologues amateurs, sa fille, désintéressée et l’appui des médias (Canal+, Tf1) qui popularisent la querelle, aidés par F. Ferrand, solide partisan de la thèse Jurassique. Une belle affiche.

Principal point de désaccord : le site actuellement retenu est trop petit et trop peu de découvertes sont venues confirmer la thèse officielle. En outre,  le lieu n’est pas conforme en quelques points au récit de César et à celui d’autres auteurs. Surtout aucun dossier sérieux de fouille n’a vu le jour dans le Jura, ce qui paraît suspect, alors que le site présente pourtant des indices intéressants, mais jugés dérisoires.

Face à ce doute, la position du ministère de la culture ne pourra rester inaudible très longtemps, car on sait, d’expérience, que ce genre de controverse a plutôt tendance à  croître avec le temps, lorsque la rumeur s’en empare. Surtout aussi si Alise-Sainte-Reine souhaite ses 120.000 visiteurs annuels, son objectif affiché. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, il semble que le site du Jura semble intéresser davantage les médias que les équipes d’archéologues, par manque d’intérêt diront les uns, par obstruction disent les autres. Peut-être jusqu’au jour où un généreux mécène prendra l’affaire en main. En attendant, info ou intox ?

Voir le documentaire de Canal+ qui popularisa la controverse en 2008 (7 parties)

Franck Ferrand en hélico sur le site de Chaux-des-Crotenay (Jura)

La chaîne youtube du museoparc : http://www.youtube.com/user/AlesiaMuseoparc

Thibault Malandrin a suivi les deux pistes. Il est l'invité de Romain Hussenot.

"Paris au temps des impressionnistes" à l'Hôtel de Ville

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"Paris au temps des impressionnistes" à l'Hôtel de Ville : catalogueLa mairie de Paris nous propose une exposition gratuite montée en coopération avec le musée d’Orsay sur le Paris de la fin du XIXe siècle. Paris bouleversé à la suite des travaux d’Haussmann comme en témoigne une première partie, sur la mezzanine, consacrée aux innovations architecturales et au nouveau style des immeubles de rapport. Mais l’ambition va bien au-delà puisque la scénographie prétend couvrir une large période qui va de 1850 à 1914. C’est ambitieux, en une soixantaine d’œuvres seulement. On peut craindre le pire, pourtant cela se passe plutôt bien, si on en juge par son succès, en raison d’une répartition intelligente et de thématiques pertinentes. Il faut noter également le parfait éclairage et les commentaires précieux associés aux tableaux.

Autant la première partie  est plutôt banale, à l’exception de très belles maquettes, les contrastes de l’époque sont bien mis en relief dans la nef à travers les évocations du Paris bourgeois et mondain (Boldoni, Blanche, Renoir, Béraud) en opposition avec le Paris canaille (Toulouse-Lautrec, Degas, Vallotton, Van Gogh).Mondes qui se croisent sans se voir comme Baudelaire dans son “spleen de Paris”. Le principal étant une belle sélection de toiles des témoins du Paris bouleversé (Jongkind, Monet, De Nittis, Luce, Manet, Pissaro, Vuillard), du Paris qui n’est pas académique (Fantin-Latour) ou du Paris tragique (Stevens, Steinlein). Symbolique : Une série de photo passe en boucle dans la nef avec les témoins de l’époque : incroyable  bouleversement pour la peinture qui perd ainsi une partie de son âme, plus rien ne  sera comme avant. Elle se cherche un nouveau réalisme:  les lieux de spectacles, les salons de la bourgeoisie radicale sont des sujets autant que les drames de la Commune sanglante ou la tragédie de la prostitution. La photo, les chantiers haussmanniens, l'arrivée du chemin de fer, le nouveau Paris propre et éclairé : la Technique devient omniprésente, donc sujet. La politique vit aussi des spasmes douloureux : révolutions, agitations, ruptures, arrivée de la république aussi, en 1871, et pour longtemps.

De là vient la frénésie de plaisir : tous se rejoignent ainsi dans les brasseries, cirques, courses, théâtres. Les cafés-concerts : 326 répertoriés où grouillent les cocotes , les faux-semblants et les demi-mondanités : les Ambassadeurs, le Chat Noir, le Moulin Rouge. “Paris est la guinguette de l’Europe”.

Ce “Paris au temps des impressionnistes” n’est pas le coucher de soleil sur la seine, effet d’hiver ou le dimanche sur l’ile de la Jatte, c’est surtout une ville prise dans les turbulences et les contradictions du progrès. Le fait de rapprocher des périodes comme l’exposition de 1900, où on prend le métro, les douleurs de l’”année terrible” 1870, ou la polka qu’on danse au bal Mabille vers 1850, périodes qui n’ont pas grand-chose en commun, accentue cette vérité et ses variations, ce qui donne une idée assez juste, au final, de l’esprit de l’époque. De l’impressionnisme, en somme.

Du 12 avril au 30 juillet 2011 à l'Hôtel de Ville de Paris
Entrée salle Saint-Jean, 5 rue Lobau 75004
Ouvert tous les jours de 10h à 19h sauf dimanche et fêtes (dernière entrée à 18h15)
Entrée gratuite


Paris au temps des impressionnistes par mairiedeparis

Les vrais dessous de Paris et Googlemaps

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Rue89 nous offre depuis quelque temps, dans sa série “les vrais dessous de Paris”, quelques représentations géographiques annotées assez remarquables sur le Paris “underground”, réalisées avec Googlemaps. Il y a quelques semaines, c’était une carte du Paris souterrain, avec ses héros et ses lieux hantés de la mémoire de romans et de films célèbres qui connurent des scènes  mémorables en sous-sol comme “La grande Vadrouille” ou “Subway”.

Carte des films dont un passage se déroule en sous-sol à Paris

Le journal nous fait maintenant le point sur les recherches archéologiques de la Capitale, avec un dossier très intéressant qui reprend les chantiers passés, en cours, ou à venir. On y retrouve ainsi le chantier du Carreau du Temple, sur lequel un reportage a été diffusé récemment (voir ici). Les trois futurs chantiers seront surement aussi passionnants surtout celui de Charonne où les bouleversements furent moins nombreux dans le passé que ceux des Tuileries et de l’ile de la Cité, déjà éventrés à plusieurs reprises. On peut s’attendre à de belles découvertes.

Carte des recherches archéologiques à Paris

Ces cartes ne sont pas modifiables mais on peut signaler les omissions dans les commentaires. A suivre donc…..

Paris, sous les pavés, vingt siècles d'histoire

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La plupart des promeneurs de Paris ignorent que sous la ville se trouve un réseau de 300 km de galeries, issues de 2000 ans de travaux, en surface, mais aussi sous la ville. Le sous-sol calcaire de la ville a été depuis les gallo-romains un lieu privilégié pour l’extraction des pierres nécessaires à la construction de la ville. C’est seulement à partir du XVe siècle que les maîtres carriers mirent au point un système pour extraire sélectivement le calcaire (le liais franc), c’est ce qui explique, en partie, le faible nombre d’édifices antérieurs. Un petit nombre de privilégiés connaissent les détours de ce monde souterrain, car la visite privée est strictement interdite depuis 1955 et la visite officielle des catacombes ne couvre que quelques kms de cet immense parcours (entre Denfert-Rochereau et la rue Dumoncel). Une partie se fait au milieu des ossements. À partir de 1786, on décide de vider les cimetières Parisiens et de transporter les ossements dans les galeries. 6 millions de parisiens y reposent ; s’y trouvent ceux de La Fontaine qui avait choisi la fosse commune des Saints-Innocents, Colbert et Rameau transportés de Saint-Eustache. Au cours de l’histoire, ces lieux furent un refuge pour les malfrats, les proscrits ou les fuyards. Au cours des révolutions, bien sûr, mais aussi lors de la dernière guerre pour les résistants (Rol-Tanguy) et ceux qui souhaitaient se protéger d’éventuels bombardements. Aujourd’hui, le problème est celui de la consolidation des carrières afin d’éviter l’effondrement des rues et des maisons. Pour s’y rendre mieux vaut être accompagné un bon “cataphile”, spécialiste des lieux et d’une bonne carte. Outre le rat surmulot et les cafards qui pullulent dans les zones humides, comme les égouts, vous risquez une bonne amende si vous trouvez un agent. En dépit de ces risques, une activité importante a lieu à cet endroit comme en témoigne l’abondance des décorations murales, tags et témoignages ; comme ce fût aussi le cas autrefois : Nadar et ses photographies, L-S. Mercier, A. Dumas, V. Hugo et son Jean Valjean portant Marius, Gaston Leroux et son fantôme de l’opéra, J. Giraudoux et sa folle de Chaillot. En 1752, le sieur Delafosse proposait aux touristes de rencontrer le diable en personne dans les carrières de Montmartre, un concert fameux y sera même donné en 1897, dans la crypte de la passion, on joua la marche funèbre de Chopin, la danse macabre de Saint-Saëns et la marche funèbre de la symphonie héroïque de Beethoven. Le xylophone reproduisait le bruit des ossements. Parmi eux se trouvent ceux des communards massacrés dans les galeries entre les 22 et 24 mai 1871 ou encore les victimes d’Août 1792. Bonne chance, donc, mais rassurez-vous cependant, les catacombes sont éclairées à l’électricité depuis 1972 , un luxe ici-bas !


Paris, sous les pavés, vingt siècles d'histoire

La grotte Chauvet : 30.000 ans avant, c’est pour 2014 !

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Grotte Chauvet-Pont d'ArcLa grotte Chauvet, grotte Chauvet-Pont-d'Arc ou encore grotte de la Combe d'Arc est une grotte ornée paléolithique située en Ardèche (France). Le site comporte 420 représentations d'animaux (peintures, gravures). La grotte a été découverte le 18 décembre 1994 par Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire. Elle est l'une des plus anciennes grottes ornées au monde et date de l'Aurignacien (environ - 35 000 ans). Les peintures de l'époque aurignacienne témoignent de la maîtrise de techniques très diversifiées (préparation des parois, gravures, tracés digités, mains positives, peintures, estompes, recherche de la perspective, etc.). Les thèmes abordés sont essentiellement animaliers, Toutefois, les animaux dits dangereux sont ici exceptionnellement fréquents (lions, rhinocéros, mammouths) par rapport aux autres grottes. Grâce à cette découverte, les historiens et les scientifiques admettent dorénavant que l'art ne doit plus être lu comme un mouvement historique linéaire durant lequel les hommes auraient acquis des connaissances et des techniques de représentations pariétales de plus en plus complexes leur permettant de dessiner des objets de plus en plus complexes mais comme une suite d'apogées et de déclins dont la grotte Chauvet est déjà un sommet de réussite esthétique et technique. Afin d'éviter les erreurs qui ont détérioré les peintures de Lascaux, la grotte Chauvet ne sera jamais ouverte au grand public. Un fac-similé ouvrira en 2014. En outre, une atmosphère fidèle à celle de la grotte (température, humidité et odeurs) sera injectée dans cette reconstitution, qui sera la plus grande au monde (3000m²)

(source : wikipedia)

visite virtuelle de la grotte :

http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/chauvet/fr/

Bibliothèque Médicis (JP.Elkabbach)  Avec :

Jean-Michel GENESTE, préhistorien

Dominique BAFFIER, conservateur de la grotte Chauvet

Xavier FABRE, architecte de l'espace de restitution de la Grotte Chauvet

Jean-Hugues MANOURY, scénographe de l'espace de restitution de la Grotte Chauvet .

 

La grotte  livre une partie de ses secrets avec Jean Clottes, ancien responsable de l’étude scientifique de la grotte Chauvet. (Canal Académie)

Exposition Edouard Manet au Musée d’Orsay

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Il y a beaucoup de monde au Musée d’Orsay pour voir cette exposition dont certains diront, non sans malice, qu’il fallait oser faire une exposition avec 75% d’œuvres qui viennent des collections permanentes.

Je vous conseille donc de choisir votre moment, par exemple la nocturne du jeudi. Edouard Manet, ce n’est pas seulement Olympia, le déjeuner sur l’herbe et le salon des refusés (1863). S’il a montré la voie aux impressionnistes, il est, on s’en rend bien compte, un extraordinaire portraitiste, portrait de Baudelaire, de Mallarmé, de Zola  et aussi un grand peintre d’histoire de l’époque. L’exposition s’ouvre sur l’hommage à Delacroix de Fantin-Latour qui réunit autour de son autoportrait : Baudelaire, Manet, Whistler, Legros, Champfleury. Symbolique, car tout au long du parcours, on est surpris de la variété des thèmes mais, surtout, par la qualité des portraits. Reconnaitre un personnage, une tête connue, regarder et être vu. Clemenceau, encore mince, Rochefort, échevelé, Valtesse de la Bigne, étonnante semi-mondaine, il ne manque que Nana et surtout Berthe Morisot, au balcon ou seule, dans les gris, surprenante, mystérieuse, romantique.

Amoureux de cette dernière dès leur première rencontre au Louvre, amour probable,réciproque, mais jamais démontré, il la persuadera de poser dans différents tableaux. Elle épousera son frère,  Eugène et sera inhumée dans le caveau des Manet, à Passy, avec leurs secrets de famille. Vous pourrez ressentir aussi sa passion hispanique, omniprésente et tous ces sujets dont il parlait surement au 4 rue de Saint Petersburg, au café de la nouvelle Athènes avec Degas, RenoirMonet et Pissarro. Ce parcours surprenant, ce sont  aussi tous ces visages anonymes, qui sont devenus célèbres, ces visages populaires. Le séducteur du déjeuner chez lathuille,  la Suzon du bar des folies bergères, la Victorine et la petite fille du chemin de fer.  Ces visages populaires, à l’image de la République qui vient de renaître, compositions à la fois simples et complexes, mises en scène. Même si les vraies œuvres ne sont pas toutes là, les organisateurs ont tout de même souhaité leur rendre hommage.

Une occasion aussi de se souvenir que Manet  est un parisien qui n’a jamais caché ses convictions républicaines, celles qui triomphent à partir de 1879 avec les radicaux, mais aussi qu’il a participé à la commune de Paris. Mobilisé en tant que garde national (avec Degas et sous les ordres de Meissonier), il partira peu avant la  semaine sanglante, épouvanté. C’est un évènement qui le marquera et qui le liera avec Rochefort, autre communard, emprisonné, évadé de Nouvelle Calédonie (l’évasion de Rochefort) et ami. C’est avec lui que se terminera cet étonnant parcours, bien scénarisé (9 salles), subtil, pour peu qu’on suive le sujet, ce qui est difficile compte tenu des seules explications disponibles sur place.

Je vous conseille donc de prendre, à l’entrée, le petit livret  “Manet, inventeur du moderne”, s’il en reste……


Manet, le balcon - par Stéphane Guégan

Manet, quoi d'autre ? chez Franck Ferrand

Georges Brassens et les dames du temps jadis

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Le parc Georges BrassensSi vous passez par la rue d’Alésia, dans le 14ième Arrondissement, continuez vers Plaisance. Sur la droite, vous trouverez une station-service, une des dernières et là, l’impasse Florimont, avec des maisons colorées. C’est ici, au numéro 9, que Georges Brassens vécut la plus grande partie de sa vie.

Au tout début de l’impasse, une plaque rappelle que son ami et contrebassiste Pierre Nicolas, habitait aussi ici. Mais Georges, lui, vivait chez Jeanne, au bout de l’impasse, dans la maison à l’entrée de laquelle repose un chat. Bien avant, en 1943, il est réquisitionné pour le STO et part pour l’Allemagne. En mars 1944, il bénéficie d’une permission de 15 jours. Il n’y retournera pas. Pour sa clandestinité, il trouvera refuge Impasse Florimont chez Jeanne et son mari Marcel Planche. On s’y lave à l’eau froide, il n’y a ni gaz, ni électricité, ni radio, ni le tout-à-l’égout. Dans la petite cour, une vraie ménagerie : chiens, chats, canaris, tortues, buse… et la fameuse cane qu'il célèbrera dans une chanson. Il est loin de se douter qu’il y restera 22 ans. Dans ce cocon, il se lève à cinq heures du matin et se couche avec le soleil, rythme qu'il gardera d’ailleurs toute sa vie. Il passe son temps entre la bibliothèque et les copains anarchistes, écrit son roman et compose avec un banjo et un piano d’héritage de sa tante. Pour ne pas attiser la jalousie de Jeanne, Georges vit des amourettes clandestines.

Il devra attendre 1953 pour connaître le succès, grâce à Patachou puis aux trois-baudets. En 1955, Brassens fait l’acquisition de la maison des Planche et de celle qui lui est mitoyenne pour l’agrandir. L’eau et l’électricité installées, il la leur offre. La vie continue comme avant, il est interdit de la radio d’Etat, seul Europe 1 le diffuse. Mais la maison de Jeanne, impasse Florimont, devient trop petite pour recevoir les copains. Pour vivre comme il l'entend, il jette son dévolu, en 1958, sur le moulin de La Bonde, au bord du Ru de Gally, à Crespières, dans les Yvelines. Il y restera jusqu'en 1971. Il y recevait Marcel Amont, Guy Béart, Georges Moustaki, Jacques Brel,  Boby Lapointe, Lino Ventura, Raymond Devos, Chabrol, Bourvil, Fred Mella. Il chantera avec Trenet une seule fois, en 1966. Jeanne , elle, refusait de s’y rendre. Pour rompre sa solitude, elle se remarie à 75 ans, en 1966, avec un jeune homme de 37 ans. Contrarié par ce mariage, Brassens quitte l'impasse Florimont pour emménager dans un duplex près de la place Denfert-Rochereau, où Jacques Brel est son voisin. Certains disent que ce serait-elle qui l’aurait mis dehors suite à une dispute. Elle mourra à 77 ans, Georges était à son chevet avec René Fallet.

Si vous continuez, toujours dans la rue d’Alésia qui devient rue de Vouillé, vous trouverez sa dernière résidence parisienne, au 42 rue Santos-Dumont, dans l’ancien village de Vaugirard, devenu 15ième Arrondissement. En chemin, vous pourrez aussi voir son buste, par André Greck, dans le parc qui porte son nom et qui a remplacé les anciens abattoirs aux chevaux de Vaugirard en 1985. Une idée et un décor dont on fait les chansons, ce qui ne lui aurait certainement pas déplu. S’il repose à Sète, face à la mer, c’était son vœu, “Supplique pour être enterré sur la plage de Sète”, la poésie de Brassens est bien toujours en ces lieux, entre le marché du livre ancien et d’occasion et les objets trouvés. Il y a beaucoup de monde, des balançoires, des enfants, des touristes, des joggeurs, mais pas de Vénus de barrières, de  Manon, de Suzy. Mon prince, on a les dames du temps jadis qu’on peut.

Exposition "L'Epée. Usages, mythes et symboles" au Musée de Cluny

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Exposition L'Epée - Musée de Cluny

Les épées du “MUMA”, MUsée du Moyen-Âge, j’aime l’appeler ainsi depuis qu’il pratique le Branding, sont présentées sous un éclairage moderne. Trinité objective, mythique et symbolique  de pièces impressionnantes. Objet : lame, garde, fusée, pommeau, c’est 1.5 kg d’équilibre à essayer à travers une vitre en verre. Pas si lourde que ça, Hauteclaire, Arondie, Ascalon,  mais souple et alerte, Courtoise, Sauvagine. Surtout dangereuse Chrysaor, taille acérée, estoc pointu, Damoclès. Mais surtout droite, faite pour briser les os. À l'opposé des sabres ou cimeterres, faits pour couper, symbole ? Équilibrée, en forme de croix latine, de là son ambigüité, son ambivalence, On en reparlera. Individualiste, elle peint celui qui la porte, porte un nom et l’adoube. Vous pourrez voir les plus célèbres, Durandal de Roland, ou dite-de, de Jeanne d’Arc, ou dite-de, qui fut aussi celle de Charles Martel, déterrée, dit-on, à Fierboix , de Philippe le Beau… Seulement cinq sont attestées royales, dont Joyeuse, de Charlemagne, qui fut portée lors du sacre depuis Philippe Auguste et d’autres, dont Louis XIV et ce, jusqu’à Charles X. Arme de défense, on ne prend pas une forteresse avec une épée, elle devient symbole. Depuis le roman de la Rose, elle est au service de la justice, compagne du chevalier, depuis la geste d’Arthur, Excalibur est mythique. L’épée magique du fond du lac, nul ne peut s’en saisir. L’épée du Cid est là aussi . À Cluny, les Bourguignons sont venus en nombre, Jean-sans-Peur, Charles le Téméraire : épée en pal (sur l’épaule). Comment faire sans eux ? Qui vit par l’épée meurt par l’épée. Au moment de l’arrestation du  Christ, quand les soldats vinrent l’arrêter, Pierre sortit son épée. Près de lui, l’homme à l’oreille coupée. Car son ambivalence est dans l’Église depuis les origines. Saint-Pierre, mais aussi Saint-Paul, militaire, qui finira décapité à l’épée. Saint-Martin, militaire aussi, qui coupera son manteau en deux avec, devinez quoi ? Épée de Saint-Maurice, de Saint-Georges, si Pierre a les clés du paradis, il a bel et bien l’épée sur le côté. J’ai été surpris de ne pas voir le blason de l’ordre de Cluny : de gueules, à deux clefs d'or en sautoir, traversées d'une épée en pal, à lame d'argent, la poignée d'or en pointe. Le comble en ce lieu. Alors,  on peut prendre un peu de temps pour s’attarder sur celle de Childéric, le père de Clovis (~500) ou celle de la bataille de Castillon (1453). Le souvenir de ces deux découvertes mérite à lui seul le détour. De très bonnes idées donc, beaucoup de travail et géographie concentrée, qui permet de revenir sur ses pas, ludique même. Agile, le MUMA, comme l’épée qui brise nos idées reçues. Occimaure  ?

Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge   - 6 place Paul Painlevé - 75005 Paris – du 28 Avril au 26 Septembre - http://bit.ly/mCflIt

Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après

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31 Tankas St germain des près livre nicolas grenier 2011

Nicolas Grenier  publie en juin un livre intitulé "Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d'après", préfacé par Jean Orizet aux éditions du Tanka Francophone, éditeur québécois.
C'est un livre qui parle de Saint-Germain-des-Prés dans la forme du tanka, courte et délicieuse forme de poésie japonaise.

Le tanka est au Japon une forme de poésie médiévale qui se compose de cinq vers pour un volume de trente et une syllabes. Après mai 68, Jacques Roubaud l’a remis au goût du jour dans « Mono No Aware, le sentiment des choses ». Aujourd’hui, la culture japonaise populaire, à travers le manga et le sushi, devient un repère significatif auprès de toute une jeunesse en Europe. Côté littérature, le tanka, grand frère du haïku, prend une place de plus en plus prépondérante dans la culture occidentale. Entre Sèvres-Babylone et Odéon, Saint-Germain-des-Prés, c’est l’histoire de chacun et la géographie de tous. Autant de clins d’œil adressés aux passants, du lundi au dimanche, à l’image de la photographie signée par Oskar Landi. A chaque coin de rue, un souvenir. Face à l’hôtel, la figure d’une jeune femme. Dans une cour, le temps aboli. Au total, le recueil se compose de trente et un tanka, auquel l’auteur a ajouté une jonction et deux intersections pour une architecture de soixante tanka.

Loin de l’herbe folle
Au crépuscule doré
Sur la chaussée brute
Entre les automobiles
Mon scooter bleu se faufile

Auteur : Nicolas Grenier Editeur : Éditions du Tanka francophone ISBN :
978-2-923829-00-5 Source : http://bit.ly/llwvwm

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