Architecture “Art Déco” à Paris

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Architecture "art Déco"Quand on se promène dans les rues de Paris , il est fréquent de rencontrer des façades, des immeubles, des théâtres du début du XXème siècle qui nous interpellent par leurs lignes originales.

On pense souvent art Nouveau, mais il s’agit en fait d’art Déco, et les distinguer nécessite un œil exercé et une bonne connaissance de ce qui changea dans les constructions autour de 1925.

En théorie , Alors que l’art Nouveau magnifiait la ligne courbe, le végétal et les éléments féminins, on trouve dans l’art Déco un retour vers la ligne droite , la symétrie et la nouveauté d’un mobilier qui n’est plus uniquement fonctionnel mais doté de recherche artistique. Dans la pratique , c’est loin d’être aussi simple, de nombreuses erreurs sont courantes tant ces deux styles peuvent quelquefois se mêler et se confondre : C’est ce qui rend aussi le jeu intéressant et la découverte amusante. Le nouveau style annonce déjà une production industrielle par la simplicité des formes et ses thèmes récurrents, voire même l’essence de  l’architecture “totalitaire” qui suivra.  Après sa série “art Nouveau” , Arthur nous propose sur son site  une série de cours sur l’art Déco parisien qui permettent de lever les ambigüités  avec le talent pédagogique qu’on lui connait. profitons-en !

 

1ière partie : L'Architecture "Art Déco" à Paris

2ième partie  : L'Art Déco autour du Palais de Chaillot

3ième partie : L'Art Déco autour du Théâtre des Champs Elysées

4ième partie : L'Art Déco à Montparnasse

5ième partie : L'Art Déco : La Samaritaine

Exposition de 1925

Le Tableau de Paris de Jean-François Parot (Nicolas Le Floch)

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Des études universitaires d'histoire moderne ont conduit Jean-François Parot à dépouiller – pour un mémoire de maîtrise sur les « structures sociales des quartiers de Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine » entre 1780 et 1785 – des archives notariales de la seconde moitié du XVIIIe siècle et à entrer ainsi dans l'intimité des Parisiens de l'époque.

La "rencontre" de l'observateur sans concessions que fut, à la même époque, Louis-Sébastien Mercier, et dont l'œuvre décrit la capitale dans ses moindres détails, l’ont également fortement marqué, au point que Roland Mousnier, son professeur à la Sorbonne, l’avait surnommé " Monsieur Mercier".

Le Paris des Lumières ne pouvait donc que s'imposer d'emblée, sans doute comme cadre de ses romans, mais surtout comme un élément constitutif des intrigues.


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Le site avec les plans et les trajets des énigmes dans Paris :    http://www.nicolaslefloch.fr/index.html

Plans historiques de Paris (1589-1712)

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Plans de la Renaissance jusqu’à Louis XIV

Dates Plan (Cliquer pour agrandir) A Noter
1589 12-Plan_de_Paris_1589-1643 Lîle St Louis – Pont Marie et Tournelles – Place Dauphine – Pont Neuf – Place Royale – Hôpital St Louis – Montmartre – Jardin des plantes – Palais du Luxembourg – La bièvre détournée – La connexion du Louvre et des Tuileries
1609 13-1609_Quesnel1 Les défenses rive-droite – La statue Henri IV – Le gibet de Montfaucon – Montmartre – Le nombre de moulins – Le jardin des tuileries – Le bac – La samaritaine – la tour de l’horloge
1609 14-1609_Vassalieu1 Un dessin exceptionnel pour la même année à comparer avec le plan précédent (ex : Hôtel de Sens)
1615 15-1615_Merian1 idem
1630 17-1630_Sauve l’île St-Louis – Le pont rouge – Charonne et Bagnolet – Le pré aux clercs
1657 22-Plan_de_Paris_en_1657 Mont parnasse – la rue du Bac – rue Mouffetard – les Bernardins – rue de la huchette – Le Palais cardinal (royal) – la rue Richelieu – Les lotissements île st-Louis – le fbg st-Antoine
1705 26-Plan_de_Paris_1705 Plan horizontal – les boulevards – la place Louis-le-Grand – Le père Lachaise – Le cours de la reine – les enfilades du quartier latin – le val de grâce – les Hôtels particuliers
1712 27-1712_Jaillot La fermeture de l’île Louvier – La salpêtrière – La butte de Chaumont – Place des victoires – Marché au chevaux – l’Observatoire – Invalides – les Champs Elysées – l’Institut – Hôtel de Soubise – les Capucines – le pont au change

avant : plan de Lutèce à 1575

suite : plan de 1728 à 1865

suite : plan de 1871 à Aujourd’hui

Plans historiques de Paris ( 1728-1865)

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De Louis XIV aux travaux d’Haussmann.

Date Plan (Cliquer pour agrandir) A Noter
1728 28-1728_Delagrive Place Louis XV – Hôtel d’Evreux – les Hôtels particuliers de St Germain et du Marais – St Geneviève – Hôtel de Condé -
1730 29-1730_Roussel l’Etoile – la Savonnerie – Palais-Bourbon – Hôtel de Noailles – Bibliothèque royale – Halle au vin – canal Louvier 
1739 30-1739_Turgot Le fameux plan Turgot (perspective)
1775 37-1775_Jaillot Place du Trône – la Madeleine – Ecole militaire – Rue Royale – St Anne – Berci
1790
39-1790_Verniquet le mur des fermiers généraux – la folie Monceau – les anciens noms sont conservés – le méridien – la Bastille est toujours là.
1843 40-Map_of_Paris_1843_pari0001261 Disparition de la Bastille et de l’île Louvier – 12 Arrondissements et 48 quartiers – l’accroissement du nombre de rues, d’avenues et de ponts
1857 41-1857_Colton_Map_of_Paris_France_-_Geographicus_-_Paris-cbl-1855 Vue de la région et des villages prochainement annexés (1860) – le chemin de fer et les gares – Versailles
1863 42-plan-de-paris-en-1863-par-henriot le nouveau Paris avec 20 arrondissements – les fortifications – les forts – l’arc de Triomphe – l’Opéra – le Panthéon
1864 43-plan-de-paris-en-1864-par-garnier Les travaux d’Haussmann
1865 44-1865_Galignanis_Plan_of_Paris_and_Environs_France_-_Geographicus_-_Paris-galignani-1865 Les travaux d’Haussmann

avant : plans de Lutèce à 1575

avant : plans de 1589 à 1712

suite : plans de 1871 à Aujourd’hui

Plans historiques de Paris ( 1871-XXe ) et divers

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Des travaux d’Haussmann à aujourd’hui.

Date Plan A Noter
1871 45-Paris_und_Umgebung_1871 Plan qui met en évidence le Paris fortifié de 1870. Historique des enceintes avec différentes couleurs.
1882 49-plan-de-paris-en-1882-par-eugene-andriveau-goujon Les 20 arrondissements.
1890 50-plan-de-paris-en-1890-et-de-ses-monuments-par-guilmin Paris monumental
1894 52-plan-de-paris-en-1894-par-hachette Paris “terminé”
Louis XIV 62-Plan_de_la_ville_cite_et_vinversite_et_f._Paris_91081 plan dessin de 1657
Charles VI 61-ParisCharlesV1 plan monumental du moyen-âge
Mérian 63-Plan_de_Merian1 plan monumental de 1615
     
     
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avant : plan de Lutèce à 1575

avant : plan de 1589 à 1712

avant : plan de 1728 à 1865

Cranach et son temps (Musée du Luxembourg)

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Lucas Cranach l'AncienLe musée du Luxembourg de Paris lève le voile sur les œuvres raffinées de Lucas Cranach, nombreux portraits et figures féminines énigmatiques. Une occasion de retrouver le XVIème siècle, l’Allemagne, un endroit précis : Wittenberg, où naissent de profonds bouleversements politiques et religieux : La Réforme.

Au début, Wittenberg n’est qu’un bourg désolé de Saxe. Frédéric III “Le Sage” veut en faire le centre culturel de l’Allemagne. Il crée un château, une église, puis une université qui deviendra fameuse où enseigneront  Martin Luther, père de la Réforme en Allemagne, mais aussi  Philipp Melanchthon (son successeur, doctor magister à 17 ans !). Frédéric a une collection de 17.000 reliques dont quelques brins de paille de la mangeoire de l’étable où est né le Christ, une fiole contenant du lait de Marie, 204 fragments des dépouilles des enfants massacrés par Hérode, des fragments d’os ou des viscères à l’authenticité douteuse. Il  les expose dans son château où un simple regard des fidèles permet d’obtenir des indulgences (rémission des péchés contre argent). Cette collection est une source de revenus considérable tout comme le minerai de fer, de cuivre, d’argent et les forêts dont la Saxe est largement pourvue.

Il est candidat à l’Empire contre François Ier et Charles Quint : c’est le candidat du Pape. Curieusement, il restera toujours célibataire mais vivait “dans le péché” avec une concubine, Anna Weller, qui lui donna plusieurs enfants. Avec le temps, il renonça à ses reliques mais pas à elle.

Lucas Cranach est aussi à Wittenberg , il apprit la peinture dans l’atelier de son père. Il disposait d’un atelier et de nombreux assistants qui produisirent une bonne partie des œuvres qui portent aujourd’hui son nom. Il était aussi apothicaire, en ce temps, la préparation des couleurs n’est pas très loin de la préparation des drogues. Pour les Catholiques, il peignait des passages bibliques et des madones. Pour les Protestants, il  fera le portrait de presque toutes les célébrités d’Allemagne qui jouèrent un rôle dans la Réforme.  Une obsession : le pouvoir maléfique de la femme,  omniprésent chez les luthériens.


 Mais son protecteur, c’est Frédéric III de Saxe : Il demande à Cranach de peindre ses châteaux, de créer des monnaies, des médailles, de copier sa collection de reliques, pourquoi ne pas en vendre ? il en fait son ambassadeur, lui donne des armoiries “d’or à une lisse-serpent de sable, aux ailes de chauve-souris de même, couronnée de gueules et tenant dans sa gueule un rubis monté sur un anneau d’or”. La cour de Wittenberg brille d’opulence et Cranach nous en renvoie le portrait. C’est le bourgeois le plus riche de la ville ! Le clergé est riche, très riche même, Une richesse qui passe difficilement pour naturelle et fait des envieux.

C’est là qu’intervient Luther, moine anxieux et violent, troublé par l’apparat d’une église qui s’est éloignée de la simplicité originelle et dont souhaite se servir Fréderic pour affirmer son autorité face au Saint Empire. En 1517 , il placarde sur les portes de l’Eglise de Wittenberg ses 95 thèses condamnant les indulgences, le pape et les conciles. Sévèrement excommunié, il sera mis à l’abri par Frédéric dans son Château de Wartburg. Au moment de son procès à Worms , de nombreux portraits de Luther faits par Cranach inondèrent la ville. Ce dernier était aussi libraire et imprimeur, compétences bien utiles pour diffuser les textes de son ami, qui sera l’auteur de la première Bible en Allemand. Car Cranach était très lié au réformateur.

Il sera son témoin lors du mariage du moine avec Catherine de Bora, une nonne enfuie de son couvent, et sera parrain de son premier fils : Johannes. Ils habitaient d’ailleurs dans la même rue à Wittenberg et la femme de Cranach avait hébergé Catherine dans sa fuite.

Sur sa tombe, l’épitaphe du peintre est  “pictor cellerrimus” : Le plus rapide des peintres. Cette renommée causa sa perte : le succès aidant,  il cède à la facilité et bâcle son travail. Il dessine des vêtements aux lignes recherchées mais ignore les principes d’anatomie : les visages deviennent sans beauté et sont reproduits, sans caractère, à l’infini. S’il fut un des peintres dominants de son siècle, dans une société vouée au décorum et à l’ambition, il le dut largement au patronage de Frédéric et à l’amitié de Luther.

En 1546, Charles Quint, à la tête de son empire catholique, déclare la guerre aux “sujets prétendument réformés” et les écrase à Mühlberg. L’électeur de Saxe est capturé et Cranach le suit dans son exil.  Charles a aussi son “pintor primero” : Titien le vénitien. Les deux hommes se rencontreront et Cranach fera le portrait de Titien, portrait hélas disparu aujourd’hui.

C’est le mérite de cette exposition de nous montrer ce mélange de virtuosité et d’itérations chez ce peintre industrieux (près d’un millier d’œuvres nous sont parvenues). Alors reviennent les personnages et les évènements qui devaient plonger l’Allemagne dans la guerre civile la plus dramatique de son histoire et bouleverser de fond en comble la chrétienté.

“Le 16 Octobre 1553, Lucas Cranach ferme les yeux, à 81 ans, épuisé, il a fait le tour des choses humaines” J.M.Tasset

Du mercredi 9 février au lundi 23 mai 2011 :
 http://www.museeduluxembourg.fr/fr/expositions/p_exposition-2/

Michel Field reçoit François-René Martin (Cranach - Le pouvoir des images), Aimé Richardt (Luther, Erasme)  et Mireille Huchon (Rabelais).

Tatiana de Rosnay parle de “Rose”

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Paris, sous le Second Empire. Des centaines de maisons sont rasées et des quartiers réduits en cendres. Alors que le vieux Paris s'effondre sous les ambitions du baron Haussmann, de nombreux Parisiens protestent sans parvenir à infléchir les ordres d'expropriation.Dans sa maison de la rue Childebert, à l'ombre de l'église Saint-Germain-des-Prés, Rose Bazelet mène une vie paisible, jusqu'au jour où elle reçoit une lettre de la préfecture, la sentence tombe : le tracé du boulevard St Germain passe par chez elle, rue Childebert.

Rue Childebert sur le tracé du Bld Saint Germain

source : http://bit.ly/eMyp1h

Déterminée à résister jusqu'à son dernier souffle, elle confie à Armand, son amour disparu, son combat quotidien. De lettres en lettres, elle replonge dans son passé et dévoile peu à peu un secret qu'elle a gardé pendant plus de trente ans. Entre introspection et rédemption, ces lettres rendent hommage au combat d'une femme seule contre tous.


Interview : La naissance du roman

    
   
                                           

Interview : "Le roi, l'écureuil et la couleuvre"

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Les 5 et 6 Mars, France 3 nous propose une reconstitution en 2 parties sur le conflit entre Colbert (joué par Thierry Frémont) et Fouquet (Lorant Deutsch), arbitré par Louis XIV (Davy Sardou). Ci-dessous une partie de l’interview que j’ai jugée intéressante à ce sujet car assez précise et fouillée. Le réalisateur est Laurent Heynemann (Vatel).

source : Propos recueillis le 07 février 2011 à Paris. Retranscription : Raphaëlle Raux-Moreau. interview intégrale ici

Thierry Frémont (Colbert) et Lorant Deutsch (Fouquet)

Pour un acteur comme vous, aussi passionné d'Histoire, comme c'était de vous glisser dans la peau d'un personnage comme Fouquet ?

Lorànt Deutsch (Nicolas Fouquet): Un bonheur... Surtout un personnage aussi méconnu que lui, alors qu'on connaît les grands commis de l'Etat de nos Rois. Il y a eu Sully pour Henri IV, des gens comme Jacques Coeur, on connaît le Cardinal Mazarin, Richelieu, on connaît donc Colbert, on connaît l'Abbé Dubois, Vergennes, Necker et on ne connaît pas Fouquet. Alors, que c'est peut-être le plus important d'entre eux, derrière Richelieu...

Au cours des deux épisodes, dès que Colbert apparaît à l'écran, il parle de Fouquet. C'est une véritable obsession...

Lorànt Deutsch : Si [son obsession] était à ce point comme ça, on ne le saura jamais. On ne saura jamais par quel engrenage, par quel mécanisme, Colbert a particulièrement entraîné et participé à la chute de Fouquet. Ce qui est sûr, c'est que très vite, très tôt, Colbert - qui était d'une extraction bourgeoise et qui avait donc besoin d'acquérir ses lettres de noblesse - s'est totalement livré corps et âme à Louis XIV et a essayé de développer un réseau qui a commencé à frictionner avec le réseau de Fouquet. A l'époque, vous savez, on est vraiment dans des clientélismes, dans des réseaux. C'est les bons amis, c'est vraiment des espèces de traditions qu'on doit au Moyen-Age avec des corporations et des Compagnons. Et la politique, c'est pétri de ça. La politique, c'est des services rendus. C'est comme ça qu'on gère le pouvoir. C'est pas en massacrant quelqu'un, au contraire, c'est de la faiblesse. On le voit d'ailleurs avec les évènements qu'il y a eu en Tunisie ou en Egypte. A partir du moment où l'on utilise la force, c'est fini, vous avez perdu ou alors il faut raser tout le monde. On le voit aussi avec l'échec de l'Irak... Dès que vous utilisez la force c'est perdu, ou alors il faut détruire tout le monde. Il y a une phrase de je ne sais plus quel chef de guerre qui dit : "pour nettoyer l'eau d'un aquarium, il faut vider l'aquarium". Il faut dégager tout le monde ou ne pas utiliser la force. Donc, la force c'est une manifestation de la faiblesse, donc la politique ce n'est pas la force. La politique, c'est le fait de favoriser, de déplacer, de bouger des pions, donc de rendre des services. Et donc, Colbert, pour monter, il a besoin de rendre des services à ses clients. Or, ses clients sont de plus en plus gênés par les clients de Fouquet. Il y a donc deux mecs qui manipulent, deux parrains en quelque sorte. Ils parrainent et pour pouvoir continuer à parrainer et avoir de l'influence, il faut qu'ils écartent celui qui a trop de présence à côté. Donc effectivement Colbert, plus il est monté, plus lui et tous ses réseaux sont entrés en opposition avec ceux de Fouquet. Il fallait donc qu'un réseau disparaisse...

Pourtant, plusieurs personnes essaient de l'avertir...

Lorànt Deutsch : De tous les biographes que j'ai lu sur Fouquet, il n'y en a pas un qui n'emploie le mot "naïf" [à son égard]. Il avait tellement d'affection, de fidélité, de loyauté pour son Roi qu'il était persuadé qu'il n'allait rien lui arriver, même s'il avait comme ça, à côté, une vie un peu exaltée, magnifique, presque munificente, plus royaliste que le Roi en quelque sorte. Non seulement, il avait ses réseaux puissants qui le garantissaient d'une mauvaise surprise et surtout il était persuadé que le Roi ne pouvait pas se passer de lui puisque le Roi ne pouvait compter sur personne au niveau de l'argent. Personne ne prêtait au Roi, il ne remboursait jamais ! Donc, il n'y avait plus un créancier. Les Lombards, les Italiens.. Dès qu'ils voyaient que Louis XIV voulait des sous, pfiou... ils se sauvaient, ils rentraient chez eux. C'était un très mauvais créancier. Donc, il lui fallait un homme de paille au Roi, il lui fallait une caution. La caution, c'était Fouquet. Le Roi a besoin de 250 000 euros, il va demander à un créancier qui va lui dire qu'il n'a plus rien. Le Roi sait qu'il n'aura rien, donc il va voir Fouquet et lui dit qu'il a besoin de 500 000 euros. Fouquet lui dit : "ok, je m'en occupe" et il va voir un créancier. Grâce à ses réseaux, il a des positions, des postes, des services et des rentes... Parce que Fouquet n'a pas des coffres d'argent. Il n'a jamais eu de sous et Louis XIV non plus. Le Trésor, le budget, c'est très faible. Mais ce sont les Impôts, les taxes et on va dire le crédit à venir... C'est comme ça qu'on payait à l'époque et Louis XIV payait aussi comme ça. Il essayait de récupérer des terres à des anciens féodaux, à d'anciens Seigneurs, à d'anciens Barons... Et puis, il y a aussi des territoires qu'il arrivait un petit peu à grignoter même si Louis XIV, contrairement à ce que l'on croit, n'était pas un Roi de guerre, n'était pas un conquérant. J'ai lu des erreurs incroyables sur lui. Quand il va à la guerre, il est contraint. Il n'a jamais déclaré la guerre. Il a surtout voulu une chose, qui est la principale caractéristique de son règne et, hélas, de ses défaites, c'est qu'il voulait garantir les frontières naturelles de la France. Gérer ces frontières, cela a été l'épine dorsale du royaume de France. Les Ardennes, la ligne Maginot c'est pas nouveau, ça a toujours été ça. Et à partir du moment où les Pays-Bas, les Prussiens ou les protestants ont commencé à s'agiter et à pénétrer par l'Est et le Nord, ça a été l'obligation pour Louis XIV de contrer, de faire des guerres...

La suite de l’interview : ici

Babette, Torche, Coche, Graille, Chiffe….. : Les 8 filles de Louis XV

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Les jumelles Elizabeth et HenrietteLouis XV se marie à 15 ans avec Marie Leszczinska qui lui donnera 10 enfants dont 8 filles à la destinée très originale.

A la différence de leur mère, froide et distante, leur père se montrait affectueux et attachant. Il aimait leur donner des surnoms lorsqu’elles montaient le voir le matin. Elles vivaient à Versailles et  leur nombre les rendaient incontournables à la cour. Elles ne savaient manifestement pas à quoi occuper leur temps et constituaient un parti “dévot” avec le Dauphin ( père de Louis XVI) ; elles surveillaient de près les agissements des maitresses “éclairées” de leur père, particulièrement de la marquise de Pompadour. Une seule se mariera : l’ainée Elisabeth.

La reine met d’abord au monde deux jumelles, Elisabeth (Babette) et Henriette qui resteront très liées toute leur vie. Louise-Marie, Madame troisième, mourra à 4 ans et demi d’un rhume mal soigné par les saignées d’un charlatan. Suivent Adélaïde (Torche), Victoire (Coche) , Sophie (Graille) , Félicité et Louise (Chiffe). En 1738, Le cardinal Fleury trouve que les petites princesses coutent trop cher à la cour : Les trois ainées restent à Versailles (Adélaïde est sauvée in-extrémis car elle sut attendrir le roi) alors que 4 prennent le chemin de l’abbaye de Fontevrault. Elisabeth épousera l’infant d’Espagne Don Philippe (son oncle) et quittera Versailles en 1739, les adieux avec sa sœur jumelle, dont elle était inséparable, seront déchirants car elles pensaient ne plus se revoir. Henriette avait toutes les qualités du monde et était la fille préférée de Louis XV, elle s’entendait relativement bien avec Mme de Pompadour (dont le roi n’aura jamais d’enfants) mais l’appelait “maman putain” en privé. Elle s’éteindra de la variole en 1752.

 Félicité partit à Fontevrault à 2 ans et y mourut à 8 ans sans avoir revu ses parents.

Les jeunes princesses revinrent à la cour en 1748. Victoire était la plus belle, Adelaïde la plus autoritaire. . Adélaïde et Victoire se rendaient fréquemment au château de La Bove dans l'Aisne. Le château appartenait à Françoise de Châlus, ancienne dame d'honneur d'Adélaïde. La légende affirme que pour faciliter le voyage on fit empierrer le chemin qui prit le nom charmant de Chemin des Dames. C’est à cet endroit qu’aura lieu un des affrontements les plus dramatiques de la première guerre mondiale. En 1759 , elles ont Caron de Beaumarchais comme professeur de Harpe.

Sophie était la moins connue, très timide et effacée, elle était dominée par Adélaïde. Réputée laide, sans esprit, toujours dans sa bergère capitonnée et terrorisée par les orages, son portrait guère flatteur sera cependant nuancé par des témoignages contradictoires de sa lectrice, Madame Campan. Elle restera toujours un fidèle soutien de ses sœurs dans les conflits avec les favorites Pompadour et Du Barry. A l’avènement de Louis XVI, Adélaïde caressa un temps le rêve de jouer un rôle politique et de restaurer une certaine rigueur morale à la cour ; espoir déçu par le roi qui l’écarta bien vite. Adélaïde, Sophie et Victoire se retireront au Château de Bellevue jusqu’à la révolution. elles resteront les seules survivantes de la famille à la révolution (Sophie mourut peu avant) et prendront le chemin de l’exil vers l’Italie (aidées par Mirabeau) puis vers Trieste lors de l’arrivée de Bonaparte. Elles eurent de peu la vie sauve.

Louise fut la dernière des filles de Louis et de Marie Leszczinska. Très marquée par son séjour à Fontevrault, elle était très orgueilleuse et fuyait le monde. Son père voulut la marier,  elle  répondit : "N'ai-je pas sujet d'être bien inquiète puisqu'on me destine un époux, moi qui n'en veux d'autre que Jésus-Christ ?" . Elle prononça ses vœux dans un des carmels les plus  rudes de France où elle s’épanouit jusqu’à sa mort en 1787. ses derniers mots furent : "Au paradis ! Vite ! Au grand galop !"

Portraits :  http://bit.ly/gLx27p

Les enfants de Louis XV : 8 filles et 1 fils
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