Pierre-Jean Béranger (1780-1857) et le parisien de 1840

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Statue de Béranger dans le square du Temple, par Henri Lagriffoul

Le parisien de 1840 a chassé la monarchie et s’est donné un roi “bourgeois” : Louis-Philippe, roi des français, appelé aussi roi des épiciers et roi des maçons. Il a huit enfants , qui fréquentent le lycée Henri IV pour faire “moderne”, sort avec un parapluie et découpe lui-même le rôti. Il puise les ressources chez son banquier préféré : James de Rothschild et confie à Guizot les  rennes du pays, de l’éducation des jeunes français et des affaires : “enrichissez-vous” : chemin de fer, sucreries, filatures, bitumes de Mac-Adam : tout s’agite , c’est la fièvre. Nîmois et  protestant, « Faites des épargnes plutôt que des enfants » est aussi fréquemment claironné. Le maintien de l’ordre est assuré par la garde nationale. tout imposable ou fils d’imposable y est d’office incorporé de 20 à 60 ans.

Balzac se réfugie à Passy en 1840, dans la maison que l’on peut encore visiter aujourd’hui. Comme les autres, Il a joué aux affaires, il est ruiné et criblé de dettes. De là, il regarde la comédie humaine et sort la nuit par la porte de derrière, officiellement c’est chez “Mme de Breugnol”, on n’entre chez lui qu’en donnant un mot de passe “la saison des prunes est arrivée” ou “J’apporte des dentelles de Belgique”. Il a la  garde nationale et les huissiers aux trousses. Tant de travail , 6 000 personnages, tant de chefs-d’œuvre pour vivre comme une ombre. Rastignac , lui aussi voulait devenir le roi de Paris.

Mais chacun sait que le vrai roi de Paris, c’est l’épicier : il est monté sur les barricades en 1830,   il lit Voltaire et Rousseau, admire la légion d’honneur, pleure aux mélodrames du boulevard du crime, met son argent dans les caisses d’épargne (crées par Guizot) , vote à gauche et critique les perturbateurs de l’ordre public. Il écoute et chante Béranger.

Partition de P-J Béranger : Le vieux drapeau

Chanteur de rues, poète, musicien, pamphlétaire , c’est la voix du peuple : bonapartiste, populaire. A entendre parler une foule de gens, qui prenaient ses gaités à la lettre, Béranger était un ivrogne, un débauché, coureur de mauvais lieux. Mais Béranger n'a fréquenté ni les barrières, ni les cabarets, ni même les goguettes. L'ami des Manuel, des Benjamin Constant, des Dupont (de l'Eure), des Laffitte, des Chateaubriand, se serait trouvé mal à l'aise au milieu de braves gens qui n'ont d'autre prétention que celle de chanter pour chanter. Ecoutons George Sand “Il y avait chez Béranger, comme dans la plupart des grandes individualités, deux hommes l’un dans l’autre, mais souvent en lutte et en contradiction l’un avec l’autre. Il y avait le poète attendri ne se moquant que du mal, le cri vengeur du patriote, de l’historien et puis il y avait l’homme du dehors, l’homme du monde, car il était très homme du monde en dépit de sa vie retirée….Cet homme là était éblouissant d’esprit… et il refusait tout, les honneurs, l’académie, la députation, afin de ne pas perdre la tête, et de garder intacte sa figure de bonhomme honnête, modeste et populaire”

Sources : wikipedia , gallica

Devienne-Béranger , Les Cinq Etages . interprétation : Germaine Montero

Exposition Lutèce, ville antique dans la crypte archéologique de Notre-Dame

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Exposition "Paris antique"L’exposition Lutèce, ville antique, à l’intérieur de la crypte archéologique de Notre-Dame met en relief l’état des connaissances sur le Paris antique. Celles-ci datent principalement des fouilles de 1965-1970. Vous trouverez à l’intérieur des tableaux d’explications remarquablement bien faits sur les monuments de la capitale dont on a trouvé la trace (Forum, Théâtre, Basilique, Palais..) ainsi que ceux qui subsistent (Thermes, Arènes). Profitez-en pour faire une visite car ces éléments seront supprimés en février pour laisser place à une exposition sur le Moyen-âge. Ils semblent provenir du projet Lutece3D. Quelques pièces ont aussi été amenées de Carnavalet pour compléter l’ensemble avec une diffusion intéressante “Des racines et des ailes” consacrée à ce sujet. Vous pouvez aussi consulter l’itinéraire antique qui donne une bonne idée des lieux. A l’intérieur de la crypte , qui est visible toute l’année, l’élément le plus remarquable est la muraille du IIIème siècle qui témoigne de la menace grandissante et de l’insécurité à cette époque. Le quai antiqueVous pouvez même voir un embarcadère donnant sur la seine qui, à l’époque, arrivait à  cet endroit, ainsi que les bases de quelques maisons. Les explications sont précieuses d’autant qu’il est fréquent de les confondre avec des ouvrages ultérieurs. Ce qui rend l’endroit très énigmatique est la construction à l’intérieur de l’enceinte d’une nouvelle ville romaine à l’aide d’éléments prélevés à l’extérieur, sur la montagne sainte Geneviève principalement. Les archéologues n’ont donc pas révélés tous les mystères de l’ile de la cité. Nous ne savons pas ce qui s’est passé mais les restes de la première enceinte de Paris sont encore visibles.
Le site de la visite : http://bit.ly/h8YhZY  
Lutèce, à la différence de Rome, n’a pas connu d’incendie majeur, en tout cas il n’en reste aucun témoignage. le grand incendie de Rome de 64  est au cœur du numéro 8 de Murena : Revanche des cendres. On retrouve les héros de la série : Murena, Néron, Poppée, Tigellin, Massam, Balba et certaines victimes du drame. Les auteurs cassent les mythes des coupables “historiques” : Néron ou les chrétiens : C’est Lucius Murena qui allume l’incendie dans “La vie des feux”. Une critique intéressante à  lire : http://bit.ly/gFNFVg
Murena : Revanches des cendres
Pétrone (17-66) était un ami de Néron. Il est aussi un des personnages importants de la série. L’empereur le surnommait elegantiarum arbiter (l'arbitre des élégances). Accusé de conjuration, il se tranchera les veines et mourra d'une mort lente en 66 au cours d'un dernier festin donné à ses amis. A ce propos, j’ai trouvé cette lecture de son Satyricon, dont nous ne disposons que de quelques chapitres, par René Depasse :
“Un esclave affranchi, héritier d’un maître très fortuné, est devenu un nouveau riche parvenu. Il étale sa suffisance, sa vulgarité et ses richesses dans un festin somptueux avec des plats à surprise…”

PétroneLe festin de Trimalcion (Satyricon)

Bibliothèque Médicis : Druon de Brévaux, Sartine, Tolstoï, Mme de Staël

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JP.Elkabbach reçoit dans la bibliothèque du Luxembourg :

  • Jean-François Parot, chez JC Lattès, « L'honneur de Sartine » : le 9ème Tome des aventures du commissaire Nicolas Le Floch...dans le Paris du 18ème ... J-F Parot est aussi un expert de Louis-Sébastien Mercier
  • Andréa H. Japp, son époque préférée : un certain Moyen Age (XIVième), elle raconte, chez Flammarion, « Les mystères de Druon de Brévaux »...
  • Michel Aucouturier, publie aux éditions des Syrtes « Léon Tolstoï » et chez Gallimard « Tolstoï : la grande âme russe » Rien, ni une décision, ni un geste, de la vie de Tolstoï qui lui échappe ?...
  • Michel Winock, chez Fayard, « Madame de Staël » : Goncourt de la Biographie 2010. Au sujet de la fille de Necker.
  • Charles Dantzig, chez Grasset, « Pourquoi lire ? » :

source : http://bit.ly/i9tSkA

Des noms et des rues de Paris

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Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/06/HAZAN/19227

Rues de ParisEric Hazan . auteur de L’Invention de Paris. Il n’y a pas de pas perdus, Seuil, Paris, 2004.  Pour la rédaction de cet article ont été utilisés Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, d’Alfred Fierro (Parigramme, 1999), et l’indépassable Dictionnaire historique des rues de Paris, de Jacques Hillairet (2 vol., Editions de Minuit, 1985 [1961]).

 

Pour passer de la place de la République au canal Saint-Martin, à Paris, on a le choix entre la rue Beaurepaire et la rue Léon-Jouhaux. Nicolas Beaurepaire, qui commandait pendant la Révolution le régiment de Maine-et-Loire, dirigeait en septembre 1792 la défense de Verdun, assiégé par les Prussiens. Le conseil municipal ayant décidé de capituler, Beaurepaire se tira une balle dans la tête. La Convention vota le transfert de sa dépouille au Panthéon. Léon Jouhaux, lui, organisa avec l’argent américain la scission du mouvement syndical français au moment des grandes grèves insurrectionnelles de 1947. Il reçut en 1951 le prix Nobel de la paix. Ainsi, au gré des majorités municipales et de l’esprit du temps, la gloire et l’infamie voisinent-elles sur les plaques bleues où sont inscrits les noms des rues de Paris.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Pendant très longtemps, l’appellation des rues n’avait rien de politique. Rue des Lavandières-Sainte-Opportune, rue Gît-le-Cœur, rue du Chat-qui-Pêche, rue des Blancs-Manteaux : ces noms poétiques, qui se lisent dans les quartiers datant du Moyen Age ou de l’Ancien Régime, étaient liés à un caractère, à un détail particulier de la rue. Ils étaient là pour désigner, et non pour honorer qui que ce soit. Les rares exceptions concernaient les membres de la famille royale — comme la place et la rue Dauphine, en l’honneur du dauphin, le futur Louis XIII — ou de grands ministres comme Richelieu, Colbert ou Mazarin ; mais, dans ce cas, le nom de la rue était lié à l’hôtel que ces personnages illustres s’y étaient fait construire.

Souvent, c’était une enseigne qui servait à désigner la rue — du Roi-Doré, de la Lune, de la Colombe, de l’Arbre-Sec. Ailleurs, c’était un propriétaire local — comme Simon-le-Franc, Aubry-le-Boucher ou Bertin-Poirée. Parfois, le nom évoquait le métier qui s’exerçait là : Ferronnerie, Verrerie, Coutellerie ou Grande-Truanderie. Parfois encore, il venait d’une église ou d’un couvent que la rue longeait ou desservait : rues des Nonnains-d’Hyères, des Haudriettes, des Prêtres-Saint-Séverin ; ou la rue Saint-Martin, qui menait au grand prieuré de Saint-Martin-des-Champs, l’actuel Conservatoire national des arts et métiers.

La Révolution abolit les « saints » et débaptisa les rues trop marquées d’Ancien Régime : la rue Notre-Dame-des-Victoires devint ainsi la rue des Victoires-Nationales ; la place Vendôme : la place des Piques ; la rue Royale : la rue de la Révolution et la rue des Francs-Bourgeois les seules personnalités de cette éphémère toponymie révolutionnaire furent les grands martyrs : place Chalier (actuelle place de la Sorbonne), rue Marat (devenue rue de l’Ecole-de-Médecine).

C’est sous l’Empire que pour la première fois les noms de rue furent massivement utilisés à la gloire du régime : les victoires — Lodi, Castiglione, Marengo, Rivoli, Austerlitz, Iéna — et les morts au combat — Desaix (tué à Marengo), Bourdon, Castex, Morland, Valhubert (morts à Austerlitz). Napoléon III suivra l’exemple de son oncle : parmi les nouvelles voies percées par Haussmann, plusieurs portent le nom des victoires en Crimée — l’Alma, Malakoff, Sébastopol — ou sur les Autrichiens en Italie — Magenta, Solferino, Palestro, Turbigo.

Au début de la IIIe République, il fallait trouver de nouveaux intitulés, aussi bien dans les quartiers centraux, où les tracés haussmanniens étaient encore en chantier, qu’à la périphérie, où s’achevait l’annexion des villages de la couronne, d’Auteuil à Montmartre, des Batignolles à Belleville. Dans la liste de ces noms transparaît la lutte entre le conseil municipal, anticlérical, radical et socialiste, et le préfet de la Seine, qui suivait les consignes du ministre de l’intérieur. Il est cependant un point qui semble avoir fait consensus : la glorification de l’épopée coloniale, de l’Algérie (rues de la Smala, de la Mouzaïa, de Constantine) au Tonkin (rue de Sontay), et même à la Chine (rue de Pali-Kao), sans compter les nombreux officiers qui avaient gagné galons et étoiles dans ces campagnes, comme Bugeaud, Lamoricière, Lamy, Marchand, Gouraud, Mangin, Faidherbe, etc.

Anticléricaux et dreyfusards réussirent à donner à la rue des Rosiers, qui montait vers le Sacré-Cœur en cours de construction, le nom du chevalier de La Barre, roué en 1766 pour blasphème et irrespect envers une procession. De même, celui d’Etienne Dolet, imprimeur humaniste brûlé en 1546 pour diffusion de l’athéisme, fut attribué à une petite rue menant à l’église de Ménilmontant. Les élus de gauche parvinrent même à faire célébrer quelques-unes des figures de la Commune, avec les rues Charles-Delescluze, Eugène-Varlin, Jules-Vallès, Jean-Baptiste-Clément ou la place Jules-Joffrin.

Mais l’audace des édiles avait ses limites. S’agissant de la Révolution, ils choisirent d’honorer des dantonistes — Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine, Hérault de Séchelles et Danton lui-même — et des Girondins, comme Vergniaud, Pétion ou Condorcet. On trouve même dans les beaux quartiers des voies qui commémorent des thermidoriens présentables comme Cambon, Carnot ou Boissy d’Anglas. Mais ce n’est pas à Paris, c’est en banlieue, dans l’ex-ceinture rouge, que l’on peut trouver des rues Marat, Robespierre, Varlet ou Babeuf. Il existe bien une rue Saint-Just à Paris, mais elle est difficile à repérer, coincée entre le dos du lycée Honoré-de-Balzac et le boulevard périphérique : personne n’y habite, vu qu’elle longe le mur d’entrée du cimetière des Batignolles.

A la Libération, le conseil municipal socialo-communiste donna à plusieurs voies importantes les noms de morts de la Résistance : Corentin Cariou, Marx Dormoy, Jean-Pierre Timbaud fusillé à Chateaubriant, le colonel Fabien tué sur le front d’Alsace en 1945, Léon-Maurice Nordmann, du réseau du Musée de l’homme. Dans la liste figure même une femme, Danielle Casanova. Et, dans la foulée, le conseil décida en 1946 de donner le nom de place Robespierre à la place du Marché-Saint-Honoré — emplacement du couvent des Jacobins et du célèbre club dont Robespierre fut l’animateur et l’orateur le plus en vue. L’anomalie ne dura que quatre ans : en 1950, le conseil passé à droite supprima de la carte parisienne ce patronyme détesté.

Plus récemment, la construction d’un nouveau quartier autour de la Bibliothèque nationale de France offrait une occasion exceptionnelle d’honorer la littérature moderne. Mais les figures choisies révèlent les goûts littéraires de nos édiles : ni Jean-Paul Sartre, ni Jean Genet, ni Samuel Beckett, ni Michel Foucault — mais François Mauriac, Jean Anouilh, Georges Duhamel et Marguerite Duras.

Aujourd’hui, les voies nouvelles devenant rares, on baptise de simples carrefours : places Hannah-Arendt ou Henri-Krasucki à Belleville, place Michel-Debré à Saint-Germain-des-Prés. Mais on pourrait mieux faire. Pourquoi ne pas débaptiser des voies dont le nom est comme un déshonneur urbain : la place Napoléon-III devant la gare du Nord ; l’avenue Mac-Mahon — général capitulard, président factieux, crétin notoire ; la rue Thiers, dont on pourrait penser qu’elle n’est pas possible à Paris ; la rue Alexis-Carrel, faux savant, eugéniste et vichyste ? Et parmi les soixante et onze généraux dont une rue porte le nom, combien de criminels des guerres coloniales, combien de bourreaux du peuple parisien mériteraient de rentrer dans l’anonymat... On pourrait les remplacer par des femmes, presque absentes des plans de Paris si l’on excepte les saintes et les sœurs. On pourrait y ajouter des personnages romanesques : Lucien de Rubempré ou Charles Swann méritent sans doute plus de figurer sur une plaque que bien des vieilles gloires bourgeoises et académiques.

Laure-Marie Lapouge : Moi, Ghisla, sœur de Charlemagne

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Moi, Ghisla, Soeur de Charlemagne

Interview de Laure-Marie Lapouge qui nous conte une histoire légendaire au sujet de Charlemagne (742?-814). Il aurait eu une relation amoureuse avec sa sœur : Ghisla (Gisèle). De cet amour serait né Roland, celui de Roncevaux. L’auteur reprend cette légende. L’histoire n’est qu’un prétexte pour redécouvrir un monde : celui des carolingiens ainsi que la relation magique et mythologique dans le couple frère-sœur. Qui étaient ils ? 

“J’ai lu à peu près tout ce qui existe sur Charlemagne. Travaux des historiens français et allemands, chansons de geste – y compris une version norvégienne, la « Karlamagnus saga »… J’ai fini par faire des fiches. Chaque détail exigeait une vérification : qui était abbé du monastère d’Echternach en 770 ? Où était Charlemagne pour les fêtes de Pâques 776 ? Que mangeait-on, y avait-il des petits pois, des choux-fleurs ou des prunes au VIIIe siècle ?” (http://bit.ly/h93qPR)

C’est un roman à propos d’une légende particulièrement étonnante. Pourquoi ? l’histoire d’amour aurait lieu entre 757 et 810 , c’était sa sœur et  Charlemagne a eu 6 épouses, au moins 4 concubines  et 14 enfants connus au cours de sa vie, reprenons (source : http://bit.ly/h8uWvU) :

Himiltrude :

En 767, Pépin III le Bref arrange le mariage de  Charles avec Himiltrude. Cette princesse dont on ignore presque tout était peut être la fille d’un comte de Bourgogne. En 768, Himiltrude devient reine de par la mort de Pépin le Bref et de la montée sur le trône de son époux Charles Ier. La reine donna deux enfants à Charlemagne : un fils Pépin le Bossu et une fille Amaudru qui épousa un comte de Paris. En 769, Himiltrude se voit répudiée au profit de Désirée, fille du roi des Lombards. La mère de Charlemagne, Bertrade de Laon (Berthe) a en effet besoin de ce mariage pour sa politique extérieure. Charlemagne envoie donc Himiltrude dans un couvent où elle finira ses jours.

Désirée de Lombardie :

Sitôt Himiltrude répudiée, Charlemagne entreprend les négociations pour conclure son mariage avec la fille du roi des Lombards Didier Ier. Désirée est née vers 747 et épouse Charlemagne le 25 décembre 770. Désirée est une princesse de sang royal et un parti bien plus prestigieux que ne pouvait l’être la pauvre Himiltrude. En 771, le frère de Charlemagne, Carloman meurt laissant tout le royaume à son aîné. C’est à cette date que Charlemagne décide de répudier Désirée qu’il n’a jamais aimé et dont il n’a eu aucun enfant. La reine des Francs est renvoyée dans sa famille. Charlemagne a prétexté de la stérilité de Désirée pour pouvoir la renvoyer. En fait, le roi des francs est tout simplement tombé amoureux d’une jeune fille de 13 ans. Désirée mourut en 776.

Hildegarde de Vintzgau :

Hildegarde a 13 ans lorsque Charlemagne la remarque. Née en 757, elle est la fille de Gérold Ier comte de Vintzgau et d’Emma d’Alémanie. Parmi ses ancêtres, elle compte un roi Mérovingien : Thierry III. En 772, Charlemagne épouse la jolie Hildegarde à Aix-la-Chapelle. Aimée par son époux et très féconde, Hildegarde met au monde 9 enfants dont 2 jumeaux. Epuisée par ses grossesses, surtout par celle des jumeaux Louis et Lothaire suite à laquelle elle a  failli mourir durant l'accouchement, la reine ne se remet pas de son dernier accouchement et décède prématurément à Thionville le 26 avril 783 à l’âge de 26 ans. Charlemagne pleurera sincèrement cette épouse ainsi que le peuple car Hildegarde passe pour être une bonne reine. Elle fut, par ailleurs, la seule à le suivre pendant des campagnes militaires.

Fastrade de Franconie :

Née vers 765, Fastrade, fille de Raoul comte de Franconie, épouse Charlemagne à Worms deux mois après la mort de la reine Hildegarde. Fastrade passe pour être une reine orgueilleuse et cruelle : elle aurait poussé son époux à s’acharner sur les Saxons et exigé la mort du fils de Charlemagne , Pépin le Bossu , qui complotait contre lui ainsi que de sa première épouse Himiltrude –qui elle n’avait rien fait. Charlemagne fit juste exécuter les partisans de son fils et enferma ce dernier dans un monastère. On ne peut affirmer que Fastrade ait vraiment eu un rôle politique ou un poids dans les décisions de Charlemagne. Fastrade dû souffrir des infidélités de son époux mais lui donna quand même deux filles qui deviendront abbesses. Fastrade mourut à Francfort en 794. Elle fut enterrée dans la cathédrale de Mayence.

Liutgarde d’Alémanie :

Née vers 776, Liutgarde est la fille d’Hiltrude de Wormsgaü et de Liutfried II d’Alsace. En 794, elle devient la cinquième épouse de Charlemagne. Contrairement à Fastrade, on la dit belle, vertueuse, raffinée et généreuse. Discrète, la reine n’intervient pas dans la politique de Charlemagne et s’occupe de l’épanouissement culturel d’Aix-la-Chapelle. Liutgarde ne donne pas d’enfants à Charlemagne et meurt en mars 800 à Thionville quelques mois avant le couronnement impérial de Charlemagne.

Gerswinde de Saxe :

Née vers 782, Gerwsinde est la fille de Wittikind, roi des Saxons. Charlemagne qui combat son peuple l’épouse en 808 après la mort de son père. Le roi des francs a alors 66 ans. Gerwsinde est la seule femme de Charlemagne à être impératrice d’Occident puisque Charlemagne est empereur depuis le 25 décembre 800. Elle donna une fille à son époux, prénommée Adeltrude. La dernière épouse de Charlemagne ne joua aucun rôle politique. A la mort de ce dernier en 814, Gerswinde disparaît du devant de la scène car elle n’est pas la mère du nouveau roi Louis Ier (fils d’Hildegarde) pour mourir vers 829.

En outre, on compte 4 concubines lui ayant donné des bâtards : Maldegarde, Regina, Adeline et une inconnue mais on ne les connait probablement pas toutes. Alors il faut bien un livre pour nous expliquer la place que pouvait tenir sa sœur dans cette histoire et dans le cœur de son frère.

 

Source : http://bit.ly/emIx8i  (La fringale littéraire)

                                  

Le dernier des Templiers de Dominic Sena

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Le dernier des templiers de Dominic SennaDominic Sena nous présente un film qui restera malheureusement comme l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. L’histoire se passe au moyen-âge. Il en profite pour faire un mélange de mythes, idées reçues et contre-vérités  qui font tout de même se demander si le réalisateur s’est penché , ne serait-ce que quelques heures sur le sujet qu’il était en train de tourner ou s’il n’a pas plutôt passé son temps avec les techniciens et les cascadeurs. On est donc pas très loin de Ridley Scott.

l’histoire semble intéressante : Une jeune fille, accusée de sorcellerie pendant la grand peste noire doit être conduite sur le lieu de son procès : bonne idée ! A partir de là, on mélange tout : On invente des croisades au Quatorzième siècle, des batailles qui n’ont jamais eu lieu (ou avec un siècle d’écart avec les dates réelles !) , un livre magique pour exorciste, des templiers déserteurs, alors que l’ordre du Temple n’existait plus depuis le fameux procès de 1312. On se retrouve avec la peste noire (1348) pendant les Croisades alors que c’est l’époque de la guerre de Cent-Ans. C’est dire l’anachronisme. C’est tellement énorme, on peine à y croire.

Les ordres religieux sont, bien-sûr, présentés comme des fanatiques, voire des criminels, qui pendent, torturent et rejettent la responsabilité de la mort noire sur une sorcière qu’il faut exorciser. C’est le règne de la superstition et du diable incarné à la fois dans l’Eglise et dans une femme. Vous avez compris, ce sont les templiers rebelles à leur ordre qui ont le beau rôle.

Le scénario est assez enfantin,  la fin se perd dans l’absurde et le néant d’un combat entre moines diaboliques, templiers et monstres venus  d’ailleurs. Les effets spéciaux sont nombreux mais difficilement crédibles car ils ne sont pas dans le sujet. l’histoire est indigente et les personnages vides de sens, on n’y croit pas une minute. Il y a bien de l’action mais c’est du vu et revu, les trucages flirtent avec le grotesque, comme ces loups à la gueule extensible, façon loup-garou.

La seule partie intéressante sont les décors et la reconstitution des ravages de la peste noire qui fut vraiment une épidémie redoutable (on lui doit le mot croque-mort par exemple). La représentation des “bubons” (qui deviendront “bobos”) est crédible à l’exception des médecins, qui portent le fameux nez en forme de bec de canard qui a été imaginé par Delorme, médecin de Louis XIII ; on y plaçait des plantes aromatiques aux propriétés désinfectantes, notamment de la girofle et du romarin. Un seul problème : c’était 3 siècles plus tard ! Encore une preuve que ce film n’a pas été revu par la moindre personne connaissant un tout petit peu le sujet dont il est question.

Bref, passez votre chemin.

Métronome - Succès sur toute la ligne pour Lorànt Deutsch

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Source : France-Soir - Sébastien Catroux 14/01/11 http://bit.ly/ghdRWW

France Soir Lorant Deutsch Métronome 14-01-2011L’acteur touche-à-tout a vendu près de 1 million d’exemplaires de son essai, Métronome. Retour sur un phénomène littéraire.

L’idée était plutôt simple : éplucher la capitale quartier par quartier, au fil de ses stations de métro. Le résultat est phénoménal : sorti à la fin août 2009, Métronome, l’histoire de France au rythme du métro parisien, de Lorànt Deutsch, s’est vendu depuis à près de 1 million d’exemplaires, toutes éditions confondues. Pas mal du tout, pour un premier livre. Du côté de son éditeur Michel Lafon, on se frotte les mains, d’autant que ce succès n’était absolument pas programmé. « Il y a trois ans, nous l’avions entendu parler de sa passion pour les rues de Paris à la télévision dans une émission de Marc-Olivier Fogiel, se souvient Pierre Féry, le directeur délégué de la maison d’édition. Son côté décalé, curieux, nous a tout de suite emballés. Nous l’avons contacté, il s’est mis au travail. Il a ensuite trouvé le concept, puis le titre. »

Un titre comme un concept qui ont tout d’abord laissé perplexes les libraires. « Nous étions parvenus à en mettre un peu plus de 5.000 exemplaires. Personne n’aimait le titre, on trouvait ça trop parisien, on nous disait que ça n’intéresserait pas grand monde… » Tous ceux-là ont eu tort. Avec Métronome – un livre qui figurait cette année en très bonne place à Noël sous le sapin –, Lorànt Deutsh a prouvé que la grande histoire de France pouvait passionner les foules, pour peu qu’elle soit vivante et expliquée avec des mots simples.

Une suite est en préparation

Un succès construit pas à pas, charpenté par la personnalité de son auteur Lorànt Deutsch, aussi brillant pour « vendre » son livre sur les plateaux de télévision que face aux élèves des écoles primaires qu’il a visitées. « Il prend son statut de phénomène littéraire avec calme, précise Pierre Féry. Avant tout, il est constant. Et intelligent. » De fait, Lorànt Deutsch est un garçon étonnant, imprévisible, rarement là où l’attend. Un acteur de 35 ans, né à Alençon d’un père hongrois et d’une mère française, qui s’est fait connaître en jouant à la perfection dans des comédies populaires le titi parisien (3-0, de Fabien Onteniente, Le ciel, les oiseaux et… ta mère, de Djamel Bensallah…). Pour, ensuite, se glisser, sur écran comme au théâtre, dans la peau de personnages historiques, de Sartre à Mozart en passant par Jean de La Fontaine et Fouquet.

Sans oublier le football, son premier amour. A 12 ans, Lorànt Deutsch faisait en effet partie du sport études du FC Nantes, pour ensuite s’orienter vers le théâtre. « Tout d’abord, Lorànt est un acteur, explique Pierre Féry. Ensuite, ses passions sont le ballon rond et l’histoire de France. » On ne change pas une équipe qui gagne et une suite à Métronome est déjà en préparation. Il s’agira d’un livre qui évoquera encore une fois l’histoire de France, mais cette fois à travers ses routes et ses fleuves. L’occasion pour Lorànt Deutsch d’emprunter à nouveau ces chemins de traverses qu’il semble tant affectionner.


Un best-seller, combien ça rapporte ?

Grâce à ses deux éditions de son Métronome, Lorànt Deutsch fait désormais partie des poids lourds de l’édition. La première version, sortie en août 2009, s’est vendue à ce jour à 780.000 exemplaires au prix de 18 €. Quant à la seconde, sortie en octobre 2010 et illustrée de photos de l’auteur, elle s’est écoulée à 200.000 pièces (25 €). En moyenne, à partir d’un certain niveau de ventes, il est d’usage qu’un auteur touche environ 15 % du prix du livre. Avec ses deux Métronome, Lorànt Deutsch pourrait donc avoir touché plus de 2 millions d’euros. Il rejoint ainsi le club des Marc Lévy, Stéphane Hessel et autre Katherine Pancol, d’autres cadors du secteur.

Caroline, La muse des romantiques (1798-1870)

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Marie Caroline de Bourbon-Siciles, Duchesse de Berry

Italienne, fille du roi de Naples et de Marie-clémentine d’Autriche, elle nait en 1798. L’année suivante, Naples, envahie par les Français, devient une “république sœur” éphémère et la famille fuit Bonaparte en s’établissant à Palerme. Pour la petite Caroline, ça commence mal.

Peu de temps après, à 4 ans , sa mère meure en couche, elle est placée sous l’autorité d’aïeux à la santé mentale douteuse. A 17 ans , elle épouse Charles, Duc de Berry, 2ème fils du roi Charles X, de 20  ans son ainé. Le palais de l’Elysée  est réaménagé pour eux. Du haut de son mètre-cinquante, elle parle difficilement le français et à peine l’italien. Pour la monarchie, c’est le seul espoir de postérité puisque le duc d’Angoulême, fils ainé de Charles X ne peut avoir d’enfant. La charge est énorme et elle en prend la mesure. Le duc est léger mais très amoureux de sa femme, dont le goût et les toilettes font des merveilles à la cour.

C’est le rayon de soleil de cet entourage royal déprimé des Tuileries, encore traumatisé par la révolution. Autour des deux frères : Louis XVIII, impotent et Charles X, dévot aigri, se trouvent le duc d’Angoulême, le fils restant, probablement impuissant , la duchesse d’Angoulême, survivante du Temple, tout le portrait de son père, Louis XVI, mais sans la grâce de sa mère, Marie-Antoinette. Ce beau monde est toujours flanqué de Louis-Philippe, le fils  du conventionnel régicide Egalité, auquel on ne se prive pas de rappeler de sombres souvenirs. Le mari de Caroline est populaire, bon vivant et souvent comparé à son ancêtre Henri IV. Il est le seul à pouvoir sauver la monarchie du naufrage, ce que comprend fort bien Louvel lorsqu’il le frappe d’un coup mortel à  la sortie de l’ancien Opéra, rue Rameau, le 13 février 1820. Pour épancher sa “haine des bourbons” , ce “petit homme à la figure sale et chafouine, un roquet à l’air hargneux et solitaire” comme dira Chateaubriand, préparait son coup depuis 6 ans.

En septembre de la même année, Caroline accouche devant 6 témoins ( dont un maréchal de France, un épicier, un pharmacien, et bien sûr Louis XVIII ) d’un garçon : Henri V : l’enfant du Miracle. Pour Hugo, Lamartine et tous les royalistes, la joie est délirante : il sera baptisé avec de l’eau du Jourdain ramenée de Palestine par Chateaubriand. L’espoir d’être reine s’est envolé, celui de voir son fils sur le trône durera 10 ans. Elle se fait mécène de nombreux artistes, lit Walter Scott, parraine son théâtre (Le Gymnase) et devient la muse des romantiques tout en suivant sa passion pour la botanique et les jardins (Château de Rosny)

En 1830, suite aux “trois-glorieuses”, Charles X, apeuré, est en fuite : Saint Cloud, Trianon, Rambouillet. Caroline, habillée en homme et pistolets à la ceinture, tente de le persuader de rejoindre la Vendée et de lever une armée. Le roi s’en amuse mais ne veut pas finir dans une charrette comme son frère, jadis, et préfère nommer (comme en avait décidé l’assemblée à Paris) son cousin Louis-Philippe d’Orléans lieutenant-général du royaume. Le duc d’Angoulême devient Louis XIX quelques minutes et abdique dans la foulée en faveur du petit Henri V qui joue dans la pièce avec des chaises en simulant un carrosse. L’enfant règnera 5 jours. Tout le monde rejoindra Cherbourg et s’embarquera pour l’Angleterre. Charles X réussit sa troisième fuite en quarante ans. “Caroline était en calèche, ses gestes pleins de son expression toute méridionale, son visage mouillé de larmes, tout parlait. Ce spectacle était déchirant” dira un garde.

Refusant la félonie du duc d’Orléans ayant privé son fils de son héritage, elle organise un “débarquement” en Provence puis gagne la Vendée pour soulever les partisans à sa cause. Mais la Vendée de 1832 n’est plus celle de 1793, ceux-ci sont rapidement écrasés et, trahie par un de ses proches alors qu’elle se cachait derrière une cheminée, se retrouve enfermée à Blaye par la police de Thiers. Là, elle avoue être enceinte suite à un mariage secret. Le scandale est énorme et personne n’y croit , pensant plutôt à un lieutenant chouan, voire à un inconnu (22 février 1833). En fait, le père est un noble sicilien, qu’elle n’a pourtant pas vu depuis deux ans, admirateur passionné, de 8 ans son cadet : Hector Lucchesi-Palli. Les moqueries vont bon train. Reniée, même par Charles X qui lui retire la garde d’Henri V, elle est exilée par Louis-Philippe en Sicile ou elle vivra avec son mari dont elle aura 5 autres enfants. Chateaubriand, lui, restera fidèle et Dumas fera un roman de l’épopée vendéenne.

N’ayant rien oublié, elle s’exclamera lors de la chute de Louis-Philippe Ier en 1848  :

“Aujourd’hui, je m’habille en rose et je fais la fête”

Si l’histoire politique de Caroline s’achève en vaudeville, celle de son fils continue d’entretenir la foi des royalistes légitimistes jusqu’en 1871. A la mort du Second Empire, suite aux traumatismes de la défaite de Napoléon III et aux épreuves de la Commune,  il se voit proposer la couronne mais la refuse car il aurait fallu conserver le drapeau tricolore et il refusait d’abandonner le drapeau blanc. Caroline, décédée l’année précédente en Autriche, ou elle s’était installée, n’a pas pu assister à cet ultime rebondissement.

A lire : La Duchesse de Berry : l’oiseau rebelle des Bourbons de Laure Hillerin chez Flammarion : http://www.duchessedeberry.fr/

Exposition “La garde impériale russe au service des tsars” aux Invalides

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Alexandre Dumas en Bechmet  cosaqueLes costumes de la garde impériale russe ont toujours eu grand succès à Paris. Ils firent un tel effet sur  Napoléon qu’il créa sur ce modèle ses propres corps d’élite et donna naissance à la fameuse “garde impériale” qui reste encore comme un modèle d’efficacité et de dévouement. Le 31 mars 1814, après la déroute , le tsar Alexandre Ier et sa garde paradaient sur les Grands Boulevards. Pour mieux voir la revue des troupes, la belle comtesse E.de Périgord, plus tard duchesse de Duino, monte en croupe derrière un cosaque.On croisait sous les arcades du Palais-Royal beaucoup de parisiennes peu farouches  fières d’exhiber un hussard  à leur bras. En fait, La plupart des officiers ont été élevés par des gouverneurs français, parlent particulièrement bien notre langue et adorent Paris. Le régiment Preobrajensky bivouaque devant le palais des Tuileries. “Cela ressemble tant à une fête que c’est dommage que ce soit une conquête” dit Mme de Coigny. Dumas se fera photographier en cosaque.

Les régiments ont forgé leur légende à Poltavat (1709), face au roi de Suède Charles XII , considéré alors comme invincible, et permirent Pierre Ier  ce jour là de sauver son pays alors que l’armée de ligne s’était enfuie. Mais c’est surtout pendant les guerres Napoléoniennes qu’ils se couvrirent de gloire : Seminovsky (Austerlitz 1805) , Pavlovsky (Friedland 1807) , Moskovsky (Leipzig 1813) , Preobrajensky  (Kulm 1813)

les étendards de ces régiments sont dans le grand couloir (levez les yeux !)

L’affaire se joue Le 7 septembre 1812, à Borodino. On nous montre le Tableau de Von Hess, et on pense forcément à Tolstoï, à Pierre Bézhoukov, à André Volkonsky ,à Anatole Kouraguine . Le régiment de la Garde Finlandsky reçut l'ordre de prendre position à Semionovskoï sur l'aile gauche de l'Armée impériale. Sous une pluie de mitrailles et de boulets, les fantassins se dirigèrent vers le ravin où il furent attaqués par la cavalerie française. Puis, à la baïonnette, les grenadiers et les chasseurs du régiment combattirent les Westphaliens. Bagration y laissera la vie.  Le régiment s'illustra un nouvelle fois par sa bravoure en Novembre, près du village de Krasnoïe. Les chasseurs vainquirent les troupes françaises, capturèrent un grand nombre de prisonniers et, symboliquement, du bâton de maréchal de Louis Nicolas Davout. On voit, sur le Tableau de Koustodiev , Nicolas II présenter son fils à ce régiment en 1906  dans cette ville de Krasnoïe Selo. C’était aussi sa résidence préférée.Exposition : Au service des tsars (Invalides)

Sont présentées des pièces exceptionnelles comme la vareuse d’été du tsarevitch Alexis ainsi que la robe de velours aux couleurs d’airelles, satin, broderies et dentelles de Maria Fedorovna (Epouse d’ Alexandre III).

Catherine II était particulièrement friande des officiers de la garde, elle aimait aussi en revêtir l’uniforme. On peut voir une de ses robes, verte aux couleurs du régiment Izmailovsky ainsi que  la tenue masculine du régiment Semenovsky qu’elle portait lors du coup d’état de 1762.

En 1917 , après la lutte contre les révolutionnaires, les souvenirs de cette époque se sont enfuis avec leurs possesseurs dans toute l’Europe, particulièrement en France, ou subsiste encore une communauté russe qui a permis la constitution de cette exposition  à l’aide de pièces (drapeaux, souvenirs, uniformes, armes, archives, vaisselles ) provenant du musée de l’Ermitage et des musées français (musée des cosaques à Courbevoie, Invalides). On ne pouvait mieux terminer cette année de l’amitié franco-russe. C’est la mémoire de l’émigration russe qui va retourner en Russie maintenant que la parenthèse est fermée et rendez-vous en Avril (?) lorsque la fameuse exposition de Bonn consacrée à Napoléon prendra la route de Paris.

Vidéo de présentation de l’exposition “Au service des tsars”

Le site de l’exposition (jusqu’au 23 Janvier 2011)

Souvenirs et anecdotes de la ligne 2 du Métro

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Barrière d'octroi de C.N.Ledoux (Saint Martin)Le mur des Fermiers généraux, érigé juste avant la Révolution, en 1785-1788, fut l'une des enceintes successives de Paris. Contrairement aux précédentes, il n'était pas destiné à assurer la défense de la capitale mais à forcer le paiement de l'octroi sur les marchandises y entrant ; on avait besoin de sous à la veille de la révolution. C’est le “mur murant Paris qui rend Paris murmurant” de Beaumarchais, c’est la rumeur qui enfle. Calonne  le met en œuvre sur l’idée de Lavoisier (le grand chimiste, fermier général et futur guillotiné).

C’est un mur de 5m de haut, de 28 kms, parsemé de 22 bâtiments construits par Claude Nicolas Ledoux (Il en reste 4 aujourd’hui : Monceau, Denfert, St Martin et Nation). Ce mur provoque la grogne des parisiens car il coûte fort cher (800 emplois) et l’architecte voulut faire des ouvrages d’art majestueux en pleine période de disette ! Par ailleurs, il ne supprime pas la fraude. Dans son Tableau de Paris (1788), Louis-Sébastien Mercier stigmatise « les antres du fisc métamorphosés en palais à colonnes », mais la nuit tombée, profitant d'inévitables défauts de surveillance, le mur est pris d'assaut. A l'aide d'échelles et de cordes, les barils de vin, les viandes, les eaux-de-vie pénètrent sans droits à  l'intérieur de Paris. On utilise des galeries souterraines, au besoin on les creuse sous le mur d'enceinte.

La loi d'annexion de 1859, relative au Grand Paris voulu par Haussmann, porte le coup fatal au mur. L'intégration des onze nouvelles communes situées entre la barrière des Fermiers généraux et les fortifications de 1840 entraîne la démolition de la muraille. Les bâtiments faillirent disparaitre, en 1900, lors de la construction de la partie aérienne d'une ligne de métro. R.Macia : Je vous emmène au bout de la ligneHeureusement pour les admirateurs de l'œuvre de Claude Nicolas Ledoux, il n'en fut rien.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’octroi, plus de barils de vin, plus de contrebandiers, mais le métro des lignes 2 et 6 suit le parcours de l’ancien mur, ce qui donne des lignes aériennes bien sympathiques. Ceux qui prennent le métro le savent, mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il se passe toujours autant de choses étonnantes sur ce tracé.

En novembre dernier est sorti le témoignage d'un conducteur de métro parisien intitulé "Je vous emmène au bout de la ligne-Tribulations et secrets d'un conducteur de métro". Le conducteur en question s'appelle Rodolphe Macia, il est parisien, il a à son actif 16 ans de conduite et officie sur la ligne 2 (Etoile-Nation par le nord).

Tous les sujets qui font le métro parisien y sont abordés : organisation du travail sur le réseau, grèves et syndicats, accidents et suicides, histoires anecdotiques autour des 5 millions d'individus qui prennent chaque jour le métro à Paris...Il restitue avec soin les anecdotes et les petits incidents qui constituent la société agitée du métro : la foule, les tagueurs, les désespérés…dans la chaleur, le bruit, l’encombrement des lignes et des passagers, et pourtant, ça fonctionne plutôt bien.

L'œil de Rodolphe donne également un éclairage nouveau à des évènements connus de tous - la victoire de la France à la Coupe du monde de football en juin 1998, les grèves de 1995, le marathon de Paris... La construction originale du récit (par station et par thématique) met en rythme ses diverses péripéties….

Quel dommage que Paris ait loupé les jeux olympiques doit il se dire secrètement…

le site du livre : http://www.auboutdelaligne.fr/

                                 
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