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Paris, sous les pavés, vingt siècles d'histoire

La plupart des promeneurs de Paris ignorent que sous la ville se trouve un réseau de 300 km de galeries, issues de 2000 ans de travaux, en surface, mais aussi sous la ville.
Le sous-sol calcaire de la ville a été depuis les gallo-romains un lieu privilégié pour l’extraction des pierres nécessaires à la construction de la ville. C’est seulement à partir du XVe siècle que les maîtres carriers mirent au point un système pour extraire sélectivement le calcaire (le liais franc), c’est ce qui explique, en partie, le faible nombre d’édifices antérieurs. Un petit nombre de privilégiés connaissent les détours de ce monde souterrain, car la visite privée est strictement interdite depuis 1955 et la visite officielle des catacombes ne couvre que quelques kms de cet immense parcours (entre Denfert-Rochereau et la rue Dumoncel). Une partie se fait au milieu des ossements.

À partir de 1786, on décide de vider les cimetières Parisiens et de transporter les ossements dans les galeries. 6 millions de parisiens y reposent ; s’y trouvent ceux de La Fontaine qui avait choisi la fosse commune des Saints-Innocents, Colbert et Rameau transportés de Saint-Eustache. Au cours de l’histoire, ces lieux furent un refuge pour les malfrats, les proscrits ou les fuyards.
Au cours des révolutions, bien sûr, mais aussi lors de la dernière guerre pour les résistants (Rol-Tanguy) et ceux qui souhaitaient se protéger d’éventuels bombardements. Aujourd’hui, le problème est celui de la consolidation des carrières afin d’éviter l’effondrement des rues et des maisons. Pour s’y rendre mieux vaut être accompagné un bon “cataphile”, spécialiste des lieux et d’une bonne carte.

Outre le rat surmulot et les cafards qui pullulent dans les zones humides, comme les égouts, vous risquez une bonne amende si vous trouvez un agent. En dépit de ces risques, une activité importante a lieu à cet endroit comme en témoigne l’abondance des décorations murales, tags et témoignages ; comme ce fût aussi le cas autrefois : Nadar et ses photographies, L-S. Mercier, A. Dumas, V. Hugo et son Jean Valjean portant Marius, Gaston Leroux et son fantôme de l’opéra, J. Giraudoux et sa folle de Chaillot.

En 1752, le sieur Delafosse proposait aux touristes de rencontrer le diable en personne dans les carrières de Montmartre, un concert fameux y sera même donné en 1897, dans la crypte de la passion, on joua la marche funèbre de Chopin, la danse macabre de Saint-Saëns et la marche funèbre de la symphonie héroïque de Beethoven. Le xylophone reproduisait le bruit des ossements.
Parmi eux se trouvent ceux des communards massacrés dans les galeries entre les 22 et 24 mai 1871 ou encore les victimes d’Août 1792. Bonne chance, donc, mais rassurez-vous cependant, les catacombes sont éclairées à l’électricité depuis 1972 , un luxe ici-bas !

Paris, sous les pavés, vingt siècles d'histoire