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    Exposition Edouard Manet au Musée d’Orsay

     

    Il y a beaucoup de monde au Musée d’Orsay pour voir cette exposition dont certains diront, non sans malice, qu’il fallait oser faire une exposition avec 75% d’œuvres qui viennent des collections permanentes.

    Je vous conseille donc de choisir votre moment, par exemple la nocturne du jeudi. Edouard Manet, ce n’est pas seulement Olympia, le déjeuner sur l’herbe et le salon des refusés (1863). S’il a montré la voie aux impressionnistes, il est, on s’en rend bien compte, un extraordinaire portraitiste, portrait de Baudelaire, de Mallarmé, de Zola  et aussi un grand peintre d’histoire de l’époque. L’exposition s’ouvre sur l’hommage à Delacroix de Fantin-Latour qui réunit autour de son autoportrait : Baudelaire, Manet, Whistler, Legros, Champfleury. Symbolique, car tout au long du parcours, on est surpris de la variété des thèmes mais, surtout, par la qualité des portraits. Reconnaitre un personnage, une tête connue, regarder et être vu. Clemenceau, encore mince, Rochefort, échevelé, Valtesse de la Bigne, étonnante semi-mondaine, il ne manque que Nana et surtout Berthe Morisot, au balcon ou seule, dans les gris, surprenante, mystérieuse, romantique.

    Amoureux de cette dernière dès leur première rencontre au Louvre, amour probable,réciproque, mais jamais démontré, il la persuadera de poser dans différents tableaux. Elle épousera son frère,  Eugène et sera inhumée dans le caveau des Manet, à Passy, avec leurs secrets de famille. Vous pourrez ressentir aussi sa passion hispanique, omniprésente et tous ces sujets dont il parlait surement au 4 rue de Saint Petersburg, au café de la nouvelle Athènes avec Degas, RenoirMonet et Pissarro. Ce parcours surprenant, ce sont  aussi tous ces visages anonymes, qui sont devenus célèbres, ces visages populaires. Le séducteur du déjeuner chez lathuille,  la Suzon du bar des folies bergères, la Victorine et la petite fille du chemin de fer.  Ces visages populaires, à l’image de la République qui vient de renaître, compositions à la fois simples et complexes, mises en scène. Même si les vraies œuvres ne sont pas toutes là, les organisateurs ont tout de même souhaité leur rendre hommage.

    Une occasion aussi de se souvenir que Manet  est un parisien qui n’a jamais caché ses convictions républicaines, celles qui triomphent à partir de 1879 avec les radicaux, mais aussi qu’il a participé à la commune de Paris. Mobilisé en tant que garde national (avec Degas et sous les ordres de Meissonier), il partira peu avant la  semaine sanglante, épouvanté. C’est un évènement qui le marquera et qui le liera avec Rochefort, autre communard, emprisonné, évadé de Nouvelle Calédonie (l’évasion de Rochefort) et ami. C’est avec lui que se terminera cet étonnant parcours, bien scénarisé (9 salles), subtil, pour peu qu’on suive le sujet, ce qui est difficile compte tenu des seules explications disponibles sur place.

    Je vous conseille donc de prendre, à l’entrée, le petit livret  “Manet, inventeur du moderne”, s’il en reste……


    Manet, le balcon - par Stéphane Guégan

    Manet, quoi d'autre ? chez Franck Ferrand


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