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    1870 : La république du 4 septembre et le siège de Paris

    « Après l’invasion prussienne, il n’y a plus de malheur possible. Ce fut le fond de l’abîme, le dernier degré de la rage et du désespoir. »   G.Flaubert
    Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1870, dès l'annonce de la défaite, les députés  se réunissent au Palais-Bourbon et sous la pression de la rue, d'agitateurs révolutionnaires, jacobins ou socialistes proclament la république (la Troisième). Il y a là Jules Ferry, Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon, Henri Rochefort, Adolphe Crémieux et Léon Gambetta, Delescluze, Blanqui, Arago, Clémenceau. Hugo n’est pas là (en exil).

    C’est une occasion inespérée pour eux, dans un pays majoritairement Monarchiste ou Bonapartiste, de refaire le “coup” de 1792 ou de 1848. Paris veut résister seul contre les Allemands et désigne un «gouvernement de la Défense nationale»  placé sous la présidence du gouverneur militaire de la place, le général Louis Trochu.
    Victor Hugo de retour à Paris le 17 septembre :
    Que toutes les communes se lèvent! que toutes les campagnes prennent feu! que toutes les forêts s'emplissent de voix tonnantes! Tocsin! tocsin! Que de chaque maison il sorte un soldat; que le faubourg devienne régiment; que la ville se fasse armée. Les prussiens sont huit cent mille, vous êtes quarante millions d'hommes. Dressez-vous, et soufflez sur eux! Lille, Nantes, Tours, Bourges, Orléans, Dijon, Toulouse, Bayonne, ceignez vos reins. En marche! Lyon, prends ton fusil, Bordeaux, prends ta carabine, Rouen, tire ton épée, et toi Marseille, chante ta chanson et viens terrible. Cités, cités, cités, faites des forêts de piques, épaississez vos baïonnettes, attelez vos canons, et toi village, prends ta fourche.

    On n'a pas de poudre, on n'a pas de munitions, on n'a pas d'artillerie? Erreur! on en a. D'ailleurs les paysans suisses n'avaient que des cognées, les paysans polonais n'avaient que des faux, les paysans bretons n'avaient que des bâtons. Et tout s'évanouissait devant eux! Tout est secourable à qui fait bien. Nous sommes chez nous. La saison sera pour nous, la bise sera pour nous, la pluie sera pour nous. Guerre ou Honte! Qui veut peut.

    Un mauvais fusil est excellent quand le cœur est bon; un vieux tronçon de sabre est invincible quand le bras est vaillant. C'est aux paysans d'Espagne que s'est brisé Napoléon. Tout de suite, en hâte, sans perdre un jour, sans perdre une heure, que chacun, riche, pauvre, ouvrier, bourgeois, laboureur, prenne chez lui ou ramasse à terre tout ce qui ressemble à une arme ou à un projectile.

    Roulez des rochers, entassez des pavés, changez les socs en haches, changez les sillons en fosses, combattez avec tout ce qui vous tombe sous la main, prenez les pierres de notre terre sacrée, lapidez les envahisseurs avec les ossements de notre mère la France. O citoyens, dans les cailloux du chemin, ce que vous leur jetez à la face, c'est la patrie.



    Deuxième partie : ici

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